‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 4)Chapitre 102 sur 134 · Traduction Sommer, chez Hachette · texte numérisé non relu

Traduction Sommer, chez Hachette

(le la cachette mystérieuse. Molière n'a pas dédaigné, non plus, de mêler à la peinture de l'avarice naturelle les préoccupations momentanées de l'homme qui a enterré un trésor. Il a imité de fort près la scène où Euclion fouille Strobile, mais il a plus respecté la vraisemblance, et son avare, lorsque la Flèche lui montre ses deux mains vides, ne demande pas à voir « la troisième ». De même le monologue de l'avare volé et le quiproquo de la cassette et de la fille sont des souvenirs directs de Plante. Peut-être Euclion a-t-il plus de raisons encore qu'Harpagon de se désespérer, car il perd tout d'un seul coup et va retomber dans son indigence d'autrefois.

En revanche, Molière se garde d'imiter le dénouement inattendu où l'on voit Euclion, rentré en possession de la bienheureuse marmite, en faire présenta son gendre. Ce dénouement ne serait admissible que si l'avarice d'Euclion n'était qu'un accès soudain, et s'il en avait trop souffert pour n'être pas heureux d'en être délivré. Mais il est en contradiction avec les passages où Euclion nous est montré sous les traits d'un ladre vert. On sait, d'ailleurs, que ce reproche ne tombe pas sur Plante, dont le dénouement s'est perdu, mais sur un certain Urceus Codrus, professeur de littérature à Bologne au xv"= siècle \ qui a achevé la comédie incomplète. A ce savant bolonais Plante doit d'avoir été sévèrement repris par la Harpe et d'autres; mais Molière lui doit le nom d'Harpagon.

Il semble bien, en somme, si l'on ne tient pas compte de ce dénouement postiche, que VAululaire ne ressemble pas si fort qu'on le dit ordinairement à l'histoire de Vulteius Menas, si joliment contée par Horace, et à la fable de la Fontaine le Savetier" et le Financier^. Vulteius Menas et le savetier sont deux insouciants, qui vivent au jour le jour, q 'li n'ont rien et ne s'en trouvent pas malheureux. L'or dont le> enrichissent l'avocat Philippe et le financier, tous deux jaloux de leur gaieté placide, trouble leur sommeil, éteint leur rire, désole leur vie, et c'est de grand cœur qu'ils y renoncent pour retrouver la paix d'autrefois. Mais Euclion n'a jamais connu ce bonheur et ne le connaîtra jamais : avant la découverte du trésor, il vivait chichement et tristement, sans rien de généreux ni de cordial dans l'âme ; tel il redeviendrait après le vol ou l'abandon du trésor, nullement corrigé ni soulagé, plus misérable au contraire,

1. La pièce, ainsi complétée, est publiée dans l'édition de 1500.

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