LA FONTAINE IMITATEUR
L'Orient* — Pilpay.
La Fontaine puisa à la source commune où puisent tant d'éfudils modernes, source éternellement épanchée de l'imagination humaine, toujours la même, avec des degrés différents de transparence ou de profondeur, suivant le génie des peuples qui s'y sont abreuvés. Il n'est donc pas toujours facile de déterminer ^[origine exacte d'une fable de la FonLaine, car on re- Irouve les mêmes données dans les pays les plus éloignés. Toutefois on peut dire que les Fables procèdent d'une triple inspiration : inspiration orientale, inspiration classique, grecque et latine, inspiration du moyen âge. Il sembTédonc qu'il n'êiJl'^ii'a choisir et que sa séîiTë~ônginalité doive être dans le choix. Quand on y regarde de plus près, on s'aperçoit que son originahté consiste moins dans le choix des sujets, assez indiffér"ênf aTi'Toiid7 que dans la manière de les comprendre et de les traiter. Les fabulTsTes de Tîmle sont ditïus : il a su tout a"bréger,~ tout aviver, tout éclaircir; les fabulistes grecs et latins, au contraire, ont exagéré la brièveté : il leur a prêté de l'ampleur et de la richesse; les fabulistes du moyen âge étaient moins des moralistes que des satiriques : il a restreint le champ et atténué le ton de la satire.
Une diiférence essentielle sépare la fable française de la fable indienne : l'une^a l'unité, la mesure, l'harmonie d'ensemble que l'autre n'aTpas. Cë"'qui manque le plus, en effet, aux fabulistes plus ou moins impersonnels de l'Inde, c'est la discrétion; ils ne savent pas s'arrêter; ils ne savent pas, ou plutôt ne veulent pas composer un tout. Leur fantaisie s'épand à l'a-