‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 4)Chapitre 25 sur 134 · M. Faguct, la Fontaine; Lecène et Oudin · texte numérisé non relu

M. Faguct, la Fontaine; Lecène et Oudin

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plus que les autres, doivent travailler et prendre de la peine? Ils ont besoin que le Ciel les aide, et les aidera-t-il s'ils ne commencent par s'aider eux-mêmes? Plus que d'autres aussi, ils ont besoin d'être unis : sans l'union, « toute puissance est faible »; avec l'union, la faiblesse même est forte, et rend son alliance désirable aux plus orgueilleux :

On a souvent besoin d'un plus petit que soi.

Tout cela est vrai, tout cela est touchant; mais prenons garde au lieu commun qui de la vérité devenue banale, et poussée à l'excès, ferait vile une erreur. N'attendrissons pas trop la Fontaine ; d'autres viendraient qui nous le peindraient sous les traits d'un philanthrope humanitaire. Qu'il reste le poète de la raison tempérée par la bonté, le moraliste et comme le législateur de la sociabilité. Son école de morale familière et pratique formera peu de héros qui sachent mourir pour un sentiment ou pour une idée, comme les héros cornéliens, mais beaucoup d'hommes qui 'sauront vivre et se rendre utiles aux autres hommes, en supportant leurs travers, en servant leurs intérêts, en les secourant dans leurs malheurs, en les aimant quand ils sont dignes d'être aimés. C'est dans cette juste mesure que s'est maintenu Lamennais lorsqu'il a loué la Fontaine moraliste ^ « Le poète nous montre l'homme sous toutes ses faces, avec ses vices et ses vertus, ses touchantes sympathies, ses ridicules et ses instincts de bonté douce et compatissante. Qui a peint comme lui l'amitié, la tendresse naïve, la pitié secourable, le mouvement naturel d'un cœur qui se penche vers un autre cœur? »

Pourquoi cette morale a pu sembler parfois immorale. La vie telle qu'elle est. — La lutte pour Texistence.

C'est pour n'avoir voulu voir que la morale négative et passive delà Fontaine, et pour avoir méconnu sa morale active, que ses détracteurs ont lancé contre lui le gros reproche d'immoralité. C'est à la réalité elle-même, c'est à la vie telle qu'elle i>st que ce reproche s'applique, et non pas au poète qui a borné son ambition à nous tracer un tableau vrai de la vie réelle.

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