Ducis, Épttret, le* Sottoetifrs
JC
ment de tous les autres. Il y a une Providence, doat les desseins sont suivis, mais connus d'elle seule. Toute la philosophie de la Fontaine nous paraît se réduire à ce principe essentiel. Saint-Marc Girardin en distingue deux : ne pas chercher à pénétrer l'avenir; ne pas critiquer la Providence.
Concluons que la Providence
Sait ce qu'il nous faut mieux que nou» *.
Dieu fait bien ce ,qu'il fait 2.
Dieu fit bien ce qu'il fit, et je n'en sais pas plut *.
Il n'en sait pas, il n'en veut pas savoir davantage, et il conseille aux autres de n'être pas plus curieux. Mais qui ne voit que ces deux principes n'en font qu'un seul? Pourquoi ne doit-on pas chercher à pénétrer l'avenir? C'est parce que cet avenir est réglé d'avance par une Providence consciente et bonne. Pourquoi est-il puéril de critiquer la Providence? C'est que nous ne pouvons ni comprendre entièrement, ni, en tout cas, changer l'ordre de choses établi par elle dans ce présent qui nous échappe, dans cet avenir plus insaisissable encore. Que faire donc? Accepter avec sérénité la destinée, non pas en hommes qui se courbent passivement sous le joug d'une fatalité inexorable, mais en hommes qui obéissent librement à une loi supérieure.
Il en faut revenir toujours à son destin. C'est-à-dire à la loi par le Ciel établie.
Il faut savoir vivre et il faut savoir mourir. Savoir vivre, chose difficile , car pour savoir vivre il faut se connaître soimême, et combien se connaissent? Se connaître, c'est apprendre à se mouvoir dans les limites de sa destinée, sans ambition d'en sortir. Et combien peu s'y sentent à l'aise ! Heureux encore ceux qui, comme le savetier enrichi, comme le sage berger qu'a égaré un « petit grain d'ambition », peuvent revenir sur leurs pas et rentrer dans le bonheur perdu! Mais aussi, quand on sait bien vivre on sait bien mourir, car on est toujours « prêt à partir », à sortir de la vie « ainsi que d"un banquet », en convive rassasié qui remercie son hôte de lui