XLV
Le lion, la cour du lion et la monarchie des animaux dan» les Fables de la Fontaine. (Douai. — Baccalauréat.)
Molière a dit à propos de la Fontaine : « Nos beaux esprits ont beau se trémousser, ils n'effaceront pas le bonhomme. » La postérité a confirmé ce jugement; pourquoi?
(Douai. — Baccalauréat, juillet 1885.)
Réfutez les erreurs du célèbre critique allemand Lessing au sujet de la fable, et faites l'éloge de la Fontaine et de la fable poétique, que vous opposerez à la fable philosophique.
(Douai. — Baccalauréat.)
La Rochefoucauld a dit : « Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d'autrui. ,y Macrobe disait de Salluste : Sallustius gravissimus aliense luxurix objurgator et censor. Enfin vous avez lu dans la Fontaine : « Lynx envers nos pareils et taupes envers nous. » Quel est le sens de ces mots ? Expriment-ils une vérité générale ? Sur quoi repose l'illusion qui nous trompe ainsi ?
(Douai. — Baccalauréat, juillet 1884.)
Au livre II de son Emile, J.-J. Rousseau déclare qu'il se gardera bien de faire apprendre à son élève les fables de la Fontaine : « On fait apprendre, dit-il, les fables de la Fontaine à tous les enfants, et : 1° il n'y en a pas un qui les entende; 2° quand ils les entendraient, ce serait encore pis, car la morale en est tellement mêlée et si disproportionnée à leur âge, qu'elle les porterait plus au vice qu'à la vertu. »
Vous ferez la critique de cette thèse de Jean-Jacques. En raisonnant sur des exemples et en consultant vos propres impressions, vous en montrerez la justesse ou la fausseté.
(Nancy. — Baccalauréat.)
Expliquer, quant à la forme grammaticale, à la versification, au tour littéraire, les vers de la Fontaine qui suivent :
Chacun a son défaut où toujours il revient : Honte ni peur n'y remédie.
Sur ce propos, d'un conte il me souyient. Je ne dis rien que je n'appuie De quelque exemple...
(Fontenay-aux-Roses. — Concours d'admission.)
La Fontaine a dit :
Loin d'épuiser une matière,
On n'en doit prendre que la fleur.
Ce précepte vous paraît-il applicable sans réserve dans tout les genres d'écrits ?
(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de première année.)
LU
V^m Quel profit y a-t-il, outre l'intérêt moral, à faire apprendre ^^^nix enfants de l'école primaire les fables de la Fontaine? V^m (Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde année.)
It4 COURS DE LITTÉRATURE
Qu'apprendre aux enfanfs? Ce qui peut développer leurs facultés naturelles sans leur imposer une contrainte inutile et un ennui.
Mémoire de l'enfant; nécessité de la meubler sans l'encombrer et d'y créer une réserve pour l'avenir. Les fables sont faciles à retenir, parce que leur étendue restreinte peut être embrassée d'un coup d'œil; parce que la forme du vers, et du vers libre, les grave plus profondément dans l'esprit; parce qu'elles sont, non pas des sermons de morale, .mais de petits drames et des contes. Imagination de l'enfant, qui a besoin d'être dirigée sans être étouffée, qu'il faut ouvrir et étendre, sans l'égarer. Ici l'on trouve à la fois la fiction et la vérité, un drame très humain au fond, mais sans passions trop vives, un conte merveilleux avec un fonds réel.
Les enfants aiment d'instinct la nature, connaissent plus ou moins les bêtes et les plantes, s'y intéressent. Dans les fables la nature tout entière vit, sent et parle, du roi des animaux à l'insecte, du chêne au roseau. Point de lieux ni d'êtres abstraits; tout est précis et animé. C'est l'histoire naturelle en action. Bernardin de Saint-Pierre a dit des fables : « Si elles n'étaient pas l'histoire, elles seraient pour moi un supplément à ceUe des animaux. >> Malgré les inexactitudes et les distractions qu'on lui reproche, le fabuliste est souvent égal et même supérieur à Buffon.
Ces enfants sont déjà des Français et le deviendront de plus en plus; aucun poète ne réunit et n'incarne à un plus haut degré les qualités éminentes de la race française. Détinir d'après lui ces qualités essentielles de l'esprit national.
Enfm et surtout ils seront des hommes. Les fables leur apprendront à vivre. Bien des leçons de morale pratique, qui peuvent leur paraître d'abord un peu sèches, seront mieux comprises plus tard, lorsque l'expérience les aura éclairés; s'ils perdent alors quelques-unes de leurs illusions généreuses, ils resteront indulgents et sans fiel en compagnie du bon la) Fontaine. Le maître, d'ailleurs, saura choisir, et ne se croira pas obligé de faire apprendre toujours et fatalement les premières fables qui ouvrent le recueil, sans aller jamais jusqu'aux fables vraiment belle».