‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 4)Chapitre 51 sur 134 · C. de Litt. — MOLIÈRE [les Précieuses ridicuUsy · texte numérisé non relu

C. de Litt. — MOLIÈRE [les Précieuses ridicuUsy

qu'une variété du pédantisme. Boileau le croyait, lorsqu'il écrivait son portrait de la précieuse pédante. Molière le croyait aussi, puisque, onze ans après les Pj'écieuses ridicules, il écrivait la haute comédie qui pourrait s'intituler les Précieuses ridicules devenues Femmes savantes. A ce compte, les Femmes savantes ne seraient que le prolongement lointain et agrandi des Précieuses ridicules, après une période où la préciosité, frappée au coeur, a dû se replier sur elle même, se faire oublier, pour reparaître sous une forme nouvelle, plus large et plus redoutable. Il y a de la préciosité dans le pédantisme. Il y avait aussi déjà du pédantisme dans la préciosité. Dès '1638, Balzac écrivait à Chapelain : « Il y a longtemps que je me suis déclaré contre cette pédanterie de l'autre sexe, et que j'ai dit que je soufTrirais plus volontiers une femme qui a de la barbe que la femme savante. » Et Balzac raille ces femmes qui prétendent écrire des livres, qui jugent hardiment des vers et de la prose, qui dissertent sur l'unité d'action et sur la règle des vingtquatre heures. Somaize dira des précieuses dont il trace le portrait : « L'objet de leur savoir est tout. » Et il citera, dix ans avant les Femmes savantes, quantité de précieuses aussi savantes que peut l'être Philaminte, plus savantes même, car M™^ de Guéméné sait l'hébreu :

Berolas (Bary) est un auteur qui a travaillé pour l'endoctrinement des précieuses qui ne savent point le latin. — Cloreste (M'>8 Descharops) est une jeune précieuse qui parle bipn, qui sait plusieurs langues, et qui a enseigné le droit publiquement. — Camille ^M•"E de Carly) est passionnée pour les sciences, — Circé {M"9 Ghataignères) : les sciences dont elle fait le plus d'état sont celle» de dire la bonne aventure, de faire l'horoscope, el surtout de la chimie (elle a des fourneaux dans sa maison à ce dessein), et travailler perpétuellement à trouver la pierre philosophale... Sa bibliothèque n'est cmpanée que de litres de chimie, qu'elle a perpétuellement dans les mains. — Galerice (M™« de Gondreville) a un maître qui vient tous les jours lui enseigner la philosophie, comme aussi pour les mathématiques, pour la magie blanche, pour la chiromancie, la physionomie, le droit et les langues d'Ausonie et d'Hespérie Je latin et l'espagnol), et pour chaque chose elle a une personne différente qui lui montre. — Galaxée (M™9 de la Garde) donne à sa tille des maîtres, soit pour les langues, soit pour les arts galants, et même pour la philosophie. — Panlhée (W^« Petit) sait les langues, et surtout elle possède fort bien les mathématiques.

Ces femmes savantes et précieuses à la fois ne sont pas nécessairement ridicules, mais le deviendront sans peine, lorsque à l'intluence toute mondaine des romans auront succédé de nouvelles influences, nées principalement de la transformation de l'esprit de société et du développement des études scientifiques.

On n'entrera point ici dans une comparaison détaillée entre les Précieuses ridicules et les Femmes savantes; on se bornera à signaler les différences essentielles qui les séparent, après avoir indiqué le lien qui les unit.

La préciosité, du moins dans ses formes extérieures, est un mal superficiel, dont la guérison est, non pas facile, mais possible; le pédantisme est un mal profond et incurable. S'il est permis d'emprunter cette comparaison à la médecine, la préciosité n'est qu'une éruption qui affecte seulement la peau et qu'un traitement énergique peut faire disparaître bientôt; le pédantisme est une affection organique. Je ne sais si Madelon et Cathos ont profilé de la leçon qui leur a été infligée; la leçon que reçoivent Philaminte, Armande et Bélise n'est ni moins claire ni moins humiliante; pourtant, elle ne les guérira pas.

Par suite, la préciosité ne peut fournir la matière que d'une comédie légère, superficielle comme le ridicule qui en est l'objet, bouffonne comme les effets qu'il produit, et qur sont plus désagréables à Gorgibus que funestes; le pédantisme fournira le sujet d'une comédie plus sérieuse et plus haute, où seront mises dans tout leur jour les déplorables conséquences, non plus d'un ridicule plaisant, mais d'un véritable vice, fléau de toute une famille. Il est peut-être trop sévère de qualifier, avec Bazin, les Précieuses de simple « ébauche »; car, si la forme est bouffonne, le fond n'est pas frivole. Mais comment comparer ces portraits enlevés sur le vif avec l'ample et harmonieux tableau des femmes savantes ? Les Précieuses ne sont pas, non plus, une simple « farce », mais elles ont des parties de farce, d'une farce supérieure: l'unique ressort de l'action est un travestissement de carnaval; le ton est celui d'une fantaisie poussée à l'extrême. Cest une parodie et c'est une satire, d'un caractère, pour ainsi dire, négatif: nous voyons bien ce qu'il faut éviter, mais non ce qu'il faut suivre , car Gorgibus ne peut être pour nous un idéal, et les jeunes seigneurs éconduils sont trop vaguement entrevus pour nous donner une idée précise de ce que doivent être le véritable honnête homme et la femme vraiment distinguée. Il y a autre chose qu'une satire dans les Femmes savantes ; il y a le double portrait de Clitandre et de Henriette.

Si, au point de vue de la composition, aucune comparaison n'est possible, au point de vue des caractères toute comparaison est difficile. Quelle différence entre Marotte, qui dit à peine

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quelques mots, significatifs, il est vrai, et la servante Man. tine, qui joue un rôle ulile à l'action; entre l'épais Gorgibus, personnage tout d'une pièce et sans nuances, et Chrysale, si doucement bonhomme, si intéressant comme mari et comme père! Mais quelle différence surtout entre Mascarille et Jodelet, Madelon et Cathos, dune pari, si difficiles à distinguer les uns des autres, et, de l'autre, entre le mondain Trissotin et le cuistre Vadius; entre l'impérieuse Philaminte, la romanesque Armande et cette folle de Bélisel Là, tout n'est qu'indiqué; ici, tout est approfondi.

Lfc style, très gaulois et vert, mais jeune encore, des Précieuses, offrirait matière à la même comparaison avec le style parfait des Femmes savantes, qui marquent la maturité et aussi le terme de la vie et du génie de Molière.

BIBLIOGRAPHIE

TEXTES

Édition sayante Despois et Mesnard, t. II; Hachette, in-S». Editions classiques Pellisson (Delagrave), Larroumet (Garnier), Livet (Dupont).

LIVRES

Brunetière. — Nouvelles Études critiques sur la littérature française;

Hachette, 1882, iu-12. {Cf. Revue des Deux Mondes, 1er août

1877 et 15 août 1879.) CoosiN (V.). — La Société française au dix-septième siècle, X. II, in-S»;

— Mme de Sablé; Didier, 1854, in-8»; eh. I", p. 33 à 38. Dalimier. — A froposdes Précieuses ridicules; Jacqueline, Saint-Lô,

1890, ia-12 i.

Durand. — Molière; Lecène et Oudin, p. 31-32, 184-185. F.\BRE. — La Jeunesse de Fléchier; Didier, 2 vol., 1882. Geoffroy. — Cours de littérature dramatique, t. I^r, in-8o,p. 298-299. La Harpe. — Lycée, seconde partie, 1. !■•«, ch. vi. Larroumet. — La Comédie de Molière; Hachette, in-12, p. 186, 249. LiVET. — Précieux et précieuses; Didier, 1859, in-8°. RAxaERY. — Ai"« de Scudéry; Tcchener, 1873, in-8°. Sainte-Beuve. — Portraits littéraires, t. I^e ; in-12, Garnier. SojiAizE. — Dictionnaire des précieuses, éd. Livet; Jannet, 1856. Taschereau. — Histoire de la vie et des ouvrages de Molière, 2» éd.;

Brissot-Thivars, 1828, in-B»; p. 37 à 47.

i. M. Dalimier essaye de montrer que Molière a imité bien moini la Maître valet ée Scarron que Y Héritier ridicule du même auteur.

JUGEMENTS

Les Précieuses ridictdes, quoique ce ne fût qu'un acte sans intrigue, firent une véritable révolution : l'on vit pour la première fois sur la scène le tableau d'un ridicule réel et la critique de la société. Le jargon des mauvais romans, qui était devenu celui du beau monde, le aalimatias sentimental, le' phébus des conversations, les compli.nents en métaphores et en énigmes, la galanterie ampoulée, la richesse des jeux de mots, toute cette malheureuse dépense d'esprit pour n'avoir pas le sens commun, fut foudroyée d'un seul coup.

La. Harpe, Lycée.

C'est le premier pas de Molière dans la route de la véritable comédie, qui peint les mœurs et les ridicules. Ce coup d'essai eut un succès prodigieux, et cependant ne corrigea pas beaucoup les précieuses, puisque Molière, treize ans après, fut obligé de leur donner encore une leçon beaucoup plus forte, dans les Femmes savantes.

Geoffroy, Cours de littérature dramatique.

Molière balaya la queue des mauvais ronmns. La comédie des Précieuses 7'idicides tua. le genre; Boileau, survenant, l'acheva par les coups précis et bien dirigés dont il atteignit les fuyards. Pascal avait commencé. Pascal et les Précieuses ridicules, ce sont les deux grands précédents modernes, et les modèles de Despréaux. Pascal avait flétri le mauvais goût dans le sacré; Molière le frappait dans le profane.

Saintk-Bbuve, Portraits littéraires; Gcirnier.

NARRATIONS

Le 26 octobre 1660, les Précieuses ridicules et VÉtourdi sont joués chez le cardinal Mazarin, malade, et qui n'a plus que trois mois à vivre. Le roi assiste à la comédie debout, appuyé sur le dossier de la chaise du cardinal. « C'est un tableau saisissant, écrit M. Despois, une scène pleine de contrastes, digne de tenter un peintre, que cette joyeuse comédie représentée devant le roi dans tout l'éclat de ses vingt-deux ans et de ses espérances, debout, s'accoudant sur le fauteuil de son vieux ministre, et, au-dessous de cette jeune et rayonnante figure, l'image du cardinal déjà touché par la mort. »

Le gazetier Loret dit que Mazarin se montra satisfait et fit donner mille écus aux comédiens.

On raconte lajournée d'une précieuse, et l'on trace son portrait en se souvenant des Caractères de la Bruyère.

La Fontaine, errant à la campagne, y fait la rencontre d'une précieuse, dont le château est voisin. Heureuse de trouver un bel esprit qui puisse l'apprécier, elle se met en frais de grâce et de propos frivoles. Le bonhomme s'efforce de se hausser à ce ton, puis y renonce, et profite du premier prétexte qui s'offre pour retourner à la société de ses chers animaux.

DISSERTATIONS ET LEÇONS

On a dit que les Femmes savantes et les Précieuses ridicules sont peut-être les seules comédies qui aient corrigé le monde (L'abbé Trublet, de la Conversation, 7.) Est-ce vrai? et si c'est vrai, pourquoi cette exception à la règle commune?

(Paris. — Devoir dk licence, juin 1883.)

Expliquer cette pensée de M™' de Lambert {Réflexions sur let femmes) : « Un hôtel de Rambouillet, si honoré dans le siècle passé, serait le ridicule du nôtre. »

(Paris. — Devoir de licence, février 1889.)

Comment expliquer ce fait, relaté par J.-B. Rousseau dans une lettre du 21 juillet 1724, que les Précieuses de Molière « guérirent le monde en quinze jours »?

(Paris. — Devoir db ucencb, avril 1886.)

M"" de Sévigné, longtemps même après les Précieuses ridicules, revendiquait pour elle-même le titre de précieuse. Qu'entendait-elle par ce mot?

(Aix. — Devoir d'agrégation, 1884.)

La lutte de Molière contre le romanesque.

(Besançon, — Devoir d'agrégation, mai 1887.)

LETTRE

Somaize dit qu'un « alcovisle » de qualité eut assez d'autorité pour faire suspendre quelque temps les représentations des Précieuses. La cour était alors aux Pyrénées, où se négociait le traité qui fît de l'infante d'Espagne une reine de France. On suppose que Molière écrit au jeune Louis XIV un placet respectueux et enjoué où il lui dit ce qu'il a voulu faire, et comment il l'a fait, assuré que le goût déjà si sûr du roi approuvera son entreprise.

Macftlon raconte à une amie de province son arrivée à Paris, son premier enthousiasme, s-îs ambitions bientôt déçues, sa cruelle mésaventure, et l'engage à ne pas suivre son exemple.

DISSERTATIONS ET DIALOGUES

Dans la préface des Précieuses ridicules, Molière dit : « Si l'on m'avait donné le temps, j'aurais tâché de faire une belle et docte préface, et je ne manque point de livres qui m'auraient fourni tout ce qu'on peut dire de savant sur la tragédie et la comédie, l'étymologie de toutes deux, leur origine, leur définition et le reste. » 11 ajoute qu'il aurait aussi « justifié ses intentions sur le sujet de cette comédie », et montré qu'il n'avait voulu tourner en ridicule que l'alfectation et le mauvais goût qui régnaient à cette époque. Vous ferez cette préface que n'a point faite Molière.

(Poitiers. — Baccalauréat, novembre 1888.)

Selon le Menagiana, « tout l'hôtel de Rambouillet », avec Ménage et Chapelain, assista à la première représentation des Précieuses ridicules (18 novembre 1659), qui furent jouées en même temps que Cinna. Après la représentation, la brillante société rentre à l'hôtel de Rambouillet, peu éloigné du Petit- Bourbon, et rend compte de la pièce à la marquise, que son grand âge a empêchée de suivre ses filles, M™'^" de Montausier et de Grignan. Une conversation générale s'engage sur le sujet et la portée de la comédie nouvelle.

Le salon de M'** de Scudéry le lendemain de la première représentation des Pi^aeuses; dialogue entre précieuses et beaui esprits.

Montrer que dans les Précieuses ridicules et dans les Femmes idvantes, Molière a donné à son siècle une leçon de goût e| une leçon morale, qui l'une et l'autre sont toujours vraies.

CClermont. — Ligknce, novembre J886.)

M™" de Rambouillet avait coutume de dire : « Des esprits doux et amateurs des belles-lettres ne trouvent jamais leur compte à la campagne. » Que pensez-vous de cette opinion? Presque tout le xvii» siècle n'est-il pas du même avis que la marquise de Rambouillet?

(Grenoble. Devoir de licence. — Sèvres. Concours d'admission, 1884. — Aix. Brevet supérieur, Aspirantes, 1887.)

Est-il vrai de dire qu'en écrivant les Précieuses ridicules Molière n'a voulu critiquer que l'imitation des manières de la société polie ?

(Lyon. — LiCENCB Es lettres, juillet 1887.)

Montrer comment Molière a combattu l'esprit précieux dans plusieurs de ses comédies.

(Poitiers. — Devoir de licence, mai 1886.)

Montre» quelle différence de conception et de procédés dramatiques il y a entre les Précieuses ridicules et les Femmes savantes.

(Toulouse. — Licence ès lettre».)

Voltaire a dit, dans son commentaire sur le Menteur : « Bien des gens prétendent aujourd'hui que la prose est plus naturelle el sert mieux le comique. Je crois que dans la farce la prose est assez convenable, mais que le Misanthrope et le Tartuffi' perdraient de force et d énergie s'ils étaient en prose ! » Discuter celte opinion en l'appliquant particulièrement aux Femmes savantes et aux Précieuses.

(Toulouse. — Licence ès lettres.)

Expliquer, pour en faire comprendre toute la valeur, cet éloge que fait Voltaire de M™' de Caylus : « Elle était du nombre de femmes qui ont de l'esprit et du sentiment sans en alfecter jamais. »

(Fontenay-aux-Roses. — Devoir di littérature.)

Quels sont, parmi les auteurs classiques, ceux qui paraissent avoir subi le plus profondément l'inQuence des précieuses, et quelles traces, bonnes ou mauvaises, en subsistent dans leurs écrits?

Quelles difFérences el quelles ressemblances y a-t-il entre la préciosité et la pruderie? Comment passe-t-on de l'une à l'autre?

Par où les Précieuses marquent-elles un progrès sur YÊtourdi et le Dépit amoureux ?

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FRANCE

Là. « CRITIQUE DE l'ÉCOLE DES FEMMES » ET L'« IMPROMPTU DE VERSAILLES »

analyse de 1' « École des maris » (4 jnin 1661). — Sa place dans le théâtre de l)Iolière4

Deux frères, Sganarelle et Ariste, d'humeur opposée, l'un tyran farouche, l'autre père indulgent, ont adopté deux jeunes orphelines, Isabelle et Léonor, qu'ils veulent épouser. Sganarelle élève Isabelle en esclave à qui tout plaisir est interdit; Ariste élève Léonor dans une douce liberté. Le résultat de cette double méthode est favorable à l'éducation paternelle, contraire à l'éducation tyrannique; car, d'une part, Léonor consent de bon cœur à épouser le sage Ariste; de l'autre, l'égoïste et brutal Sganarelle est abandonné d'Isabelle, qui imagine toutes sortes de ruses pour se rapprocher du jeune Valère. Elle persuade à Sganarelle que c'est Léonor qui est chez Valère, et Sganarelle ravi s'empresse d'aller chercher son frère pour jouir de sa déconvenue. Il est amené ainsi à signer, sans y prendre garde, un contrat qui se trouve être celui de Valère et d'Isabelle, et il enrage, tandis qu'Ariste triomphe sans orgueil,

VÉcole des mai'is, dédiée à Monsieur, frère du roi, à qui Molière et sa troupe ont l'honneur « d'être », a une double importance au point de vue de la carrière et de l'œuvre de Molière. Depuis son retour à Paris, il n'avait donné que les Précieuses ridicules, qui avaient réussi, Sganarelle, et Don Garde de Navarre, qui avait échoué. Le succès ou l'échec de cette pièce pouvait être décisif pour son avenir. Puis, si l'on écarte Don Garde, et quelque estime que l'on fasse des Prédeuses, il faut bien reconnaître que Molière n'avait pas encore fait jouer une comédie vraiment profonde et humaine dans son ensemble. Aussi a-t-on raison de dire, quoique sous une forme un pou

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