livre IV
DocMic. — La Question dw Tartuffe; de Soye, 1890, iu-S». DcRAND. — Molière; Lecène etOudin, 1889, iu-S»; p. 49 à 60; 99,145,
Geoffroy. — Cours de littérature dramatique; Blanchard* 1825; 1. 1",
Janet. — Revue des Deux Mondes; 15 mars 1881. Janin (J.). — Histoire de la littérature dramatique; Michel Lévy, 1858t
6 vol. in- 12 ; passim.
La Harpe. — Lycée, seconde partie, I, ch. vi. La Pommeraye. — Molière et Bossuet; OlIendorfF. Larroumet. — La Comédie de Molière; Hachette, in-12; p. 259 à 263;
Lbmaître (J.). — Impression» de théâtre; Lecène, in-12 ; 4e série, p. 37
à 48. Cf. feuilleton des Débats, 13 décembre 1886, 20 mai 1889,
17 février 1890.
Merlbt. — Études littéraires sur les classiques français; Hachette,
1882, in-12; p. 425 à 451.
Mbsnard et Despois. — Édition de Molière, collection des Grands
Écrivains ; Hachette, in-S"; t. IV, p. 271 à 367; t. X, p. 309
NrsARD. — Histoire de la littérature française; Didot, t. III. IIambert. — Corneille, Racine et Molière; Lausanne-Delafontaine,
1861, in-8o; p. 361 à 386 et 500 à 506. Sainte-Beuve. — Port-Royal. Cf. la table du t. VII. Hachette, in-lSL
Voir aussi la table des Lundis.
Btapfer. — Molière et Shakespeare ; Hachette, in-12; p. 62, 73, iOO,
IC'o, 191, 196, 197, 198, 209 à 217,315. Ta=chkkeau. — Histoire de la vie et des ouvrages de Molière ; 5« éd.,
Brissot-Thivars, 1828, in-8°; p. 189 à 214*.
1. Parmi les ouvrages moins directement utiles, mais d'une lecture cnrieutSi citons : le Tartuffe par ordre de Louis XIV , de M. L. Lacour, Claudin, 1877, In-^»: Jo seconde interdiction de Tartuffe, de M. Ed. Thierry; Cherbourg, 1874|, iB-12; Molière et Bourdaloue, de M. L. VeuiUot, in-12, 1877.
JUGEMENTS
Je viens délire le Tartuffe: c'est le chef-d'œuvre de Molière. Je ne sais pas comment on a pu en empêcher si longtemps la représentation. Si je me sauve, je hii devrai mon salut. La dévotion est si raisonnable dans la bouche de Cléante, qu'elle me ait renoncer à toute ma philosophie.
Saint-Évhemond.
Presque tous les caractères de celle pièce sont originaux. Il n'y en a aucun qui ne soit bon, et celui de Tartuffe est parfait.
Voltaire, Sommaires des pièces de Molière.
Tartuffe est le pas le plus hardi et le plus étonnant qu'ait jamais fait l'art de la comédie : cette pièce est le nec plus ultra; en aucun temps, dans aucun pays, il n'a été aussi loin. Il ne fallait rien moins que le Tartuffe pour l'emporter sur le A/wanthrope, et pour les faire tous deux il fallait être Molière.
La Habpe
Dans une pièce de théâtre, chacune des actions doit être spontanée en elle-même et tendre vers une action plus grande encore. Tartuffe est, sous ce rapport, un modèle. Quelle exposition que la première scène! Dès le commencement, tout a une haute signification et fait pressentir quelque chose de bien plus important. L'exposition dans telle pièce de Lessing est fort belle; mais celle du Tartuffe n'est qu'une fois dans le monde. C'est, en ce genre, ce qu'il y a de plus grand.
GCXTHB
De toutes les pièces de Molière, et j'oserais presque dire de toutes les pièces de tous les genres et de tous les pays, Tartuffe est la seule qui amuse également tout le monde, de quelque façon et en quelque théâtre qu'elle soit jouée.
Je n'ai pas vu Tartuffe dix fois ni vingt, je l'ai vu des centaines de fois, et partout, et sur les scènes les plus infimes, et devant les publics les plus différents. Je l'ai vu en province, je l'ai vu à Montmartre, à Saiut-Cloud, dans des théâtres innomés de la banlieue ; je l'ai vu jouer devant des spectateurs qui évidemment ne le connaissaient pas, qui peut-être ignoraient jusqu'au nom de Molière, et qui écoutaient Tartuffe comme ils auraient regardé Geneviève de Brabant joué par des marionnettes! Eh bien, je puis dire, et je ne crains d'être démenti par personne, que l'effet a toujours été prodigieux ; que le second acte a toujours mis toute la salle en joie; que le troisième l'a tenue en haleine ; que l'admirable coup de théâtre du quatrième acte l'a toujours enlevée :
Ah ! ah ! l'homme de bien, vous m'en voulez donner ?
A ce vers, un rire s'élève de tous les coins de la salle: un rire de vengeance, si vous voulez; un rire amer, un rire violent; peu importe! L'émotion est poignante, et elle est la même chez tous. Dirai-je que cette émotion est d'autant plus vive que le public est moins lettré et se laisse mieux, comme disait Molière lui-même, prendre par les entrailles? J'ai toujours, pour ma part, entendu un murmure de joie et de soulagement s'élever quand éclate le vers célèbre :
Et vous, suivez-moi tout à l'heure Dans la prison qu'on doit vous donner pour demeure.
L'eflFet est instantané et prodigieux.
F. Sarcet, chronique dramatique du Temp$.