‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 4)Chapitre 83 sur 134 · LETTRES ET DIALOGUES · texte numérisé non relu

LETTRES ET DIALOGUES

On sait que Tar^i/yfuj fut d'abord joué eu trois actes seulenien aux fêtes de Tlle enchantée. On choisira quelques personnes de la cour entre lesquelles ou imaginera un dialogue sur la portée de l'œuvre nouvelle et aussi sur la manière dont il convient que Molière la complète.

En 16G4, peu de temps après l'interdiction du Tartuffe, la princesse Palatine, belle-mère du fils de Condé, encore mondaine, fit donner une représentation privée du chef-d'œuvre devant le prince de Condé et une brillante assistance. La pièce finie, une des amies de la princesse, appuyée d'un petit marquis, attaque la comédie de Molière; la Palatine et Condé la défendent.

En 1665, dans son Discours au roi, en pleine querelle du Tartuffe, Boileau prenait ouvertement parti contre les ennemis de Molière.

Ce sont eux que l'on voit, d'un discours insensé,

Publier dans Paris que tout est renversé,

Au moindre bruit qui court qu'un auteur les menace

De jouer des bigots la trompeuse grimace.

Pour eux un tel ouvrage est un monstre odieux ;

C'est offenser les lois, c'est s'attaquer aux Cieux.

Mais, bien que d'un faux zèle ils masquent leur faiblesse,

Chacun voit qu'en effet la vérité les blesse.

En vain d'un lâche orgueil leur esprit revêtu

Se couvre du manteau d'une austère vertu ;

Leur cœur, qui se connaît et qui fuit la lumière,

S'il se moque de Dieu, craint Tartuffe et Molière.

On suppose que Molière écrit à Boileau pour le remercier de celte preuve d'une courageuse amitié.

Après la seconde interdiction de Tartuffe (1667), MoKère est présenté par Boileau au premier président Lamoignon, qui avait pris cette mesure en l'absence du roi. On imaginera un dialogue entre ces trois personnages.

La Fontaine écrit à la Bruyère après avoir lu le chapitre

de la Mode.

Il félicite la Bruyère d'avoir tracé de l'hypocrite, après Molière, un portrait aussi achevé que celui dOnuphre.

Mais il ne faudrait pas que les détracteurs de Molière s'en fissent une arme contre le Tartuffe. L'art de l'auteur dramatique ne ressemble pas à celui du moraliste, et la vérité n'est pas la même à la scène que dans le livre.

Au théâtre, il continuera à admirer Tartuffe; mais il n'en relira pas avec moins de plaisir le portrait d'Onuphre.

L'abbé Galiani, qui, de 1759 à 1769, secrétaire de l'ambassade de Naples à Paris, avait fréquenté les salons de M™" d'Épinay, Geofïrin, Necker, qui avait été l'ami de Diderot, de d'Holbach, de la plupart des philosophes, revenu dans son pays, y fut chargé de l'examen des pièces destinées au théâtre de Naples. Une troupe française y devait jouer Tartuffe; il en interdit la représentation et s'en vanta plaisamment danune lettre à d'Alembert. D'Alembert lui répond sur le ton ir;> nique.

DISSERTATIONS ET LEÇONb

De rOnuphre de la Bruyère dans le chapitre de la Mode. La Bruyère a-t-il raison contre Molière ?

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1860.)

Est-il vrai, comme le dit Molière (préface de Tartuffe), que l'emploi de la comédie soit de corriger les vices des hommes ?

(Paris. — Devoir de licence, janvier 1882.)

Quelle est l'originalité du caractère de Dorine parmi les sou

orettes de Molière?

(Paris. Devoir de licence, 1887-1888. — Clermont. Dévoie d'agrégation de l'enseignement spécial, avril 1890.)

Les servantes dans le théâtre de Molière, et en particulier )orine, Martine et Nicole.

(Caen. — Devoir de ucknce, juillet 1889.)

Étudier le caractère d'EImire dans Tartuffe.

(Caen. — Devoir de licence, mars 1889.)

Est-il vrai, comme l'a récemment soutenu un critique (M. Bro<

netière), que Molière, dans Tartuffe, a attaqué la religion et l'a représentée comme fatale à la paix domestique et destructrice du bon sens et des bons instincts?

(Gaen. — Devoir de licence, mai 1890.)

Apprécier ce jugement de Sainte-Beuve sur Molière à propos de Tartuffe [Port-Royal, III) : « Molière, c'est la nature comme Montaigne et sans le moindre mélange appréciable de ce qui appartient à l'ordre de la grâce ; il n'a pas été plus entamé que Montaigne, à aucun âge, par le christianisme... Mais si Molière est tout nature comme Montaigne, j'oserai dire qu'il l'est encore plus richement, plus généreusement surtout. » (Nancy. — Licence es lettres, juillet 1888.)

Comparer Mariane dans Tartuffe et Henriette dans les Femmes savantes.

(Poitiers. — Dbvoir de licence, mars 1888.)

Faire d'abord un portrait de Tartuffe, rechercher ensuite quel est, dans la pièce de ce nom, le vrai but qu'a poursuivi Molière, et examiner si ce but a été atteint.

(Poitiers. — Licence es lettres. — Composition, avril 1890.)

Comparer Tartuffe au Basile de Beaumarchais.

Chercher les raisons de ce fait remarqué par Voltaire dans le Siècle de Louis Ziy;«Onpeut, en pein'.ure et en sculpture, traiter cent fois le même sujet. On peint encore la sainte Famille, quoique Raphaël ait déployé dans ce sujet toute la supériorité de son art; mais on ne serait pas reju h traiter Cinna, Andromaque, le Tartuffe... n

Comparer Orgon et Ghrysale.

Étudier l'influence que les Provinciales de Pascal ont pu

exercer sur le Tartuffe.

Examiner et discuter la défense de la comédie dans la préface de Tartuffe.

Dans quelle mesure Tartuffe est-il une comédie ? Le caractère de Tartuffe lui-même n'a-t-il rien de comique?

La duègne au théâtre avant et après M™* Femelle.

« L'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu. > (La. Rochefoucauld). Dans sa Réponse au roi de Pologne, Rous «eau a contesté la vérité de cette maxime. La défendre contre lui en l'expliquant par l'exemple de Tartuffe.

Que pensez-vous du dénouement de Tartuffe ? Étes-vous di l'avis de Gœthe, qui écrivait dans ses Notes sur la littérature « Le Tartuffe de Molière excite notre haine; le dénouement pai la police est donc très naturel et très bien accueilli »? Ce dénouement est-il naturel en effet? Est-il dramatique et nécessaire?

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