‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 4)Chapitre 84 sur 134 · F18IK · texte numérisé non relu

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(4 juin 1666)

La misanthropie dans l'antiquité : Timon cliez Platon et Plutarque. — Lucien et Libauius.

L'antiquité ne semble pas avoir connu la misanthropie généreuse et humaine dAlceste. Ce qu'elle appelle misanthropie, c'est plutôt une humeur atrabilaire et insociable, née d'illusions trop naïves que suit une déception trop amère. Ainsi, du moins, ia définit Platon :

La misanthropie vient de ce qu'après s'être beaucoup trop fié, sans aucan examen, à quelqu'un, et l'avoir cru tout à fait sincère, honnête et digne de conliance, on le trouve peu de temps après méchant et infidèle, et tout autre encore dans une autre occasion ; et lorsque cela est arrivé à quelqu'un plusieurs fois, et surtout relativement h ceux, qu'il aurait cru ses plus intimes amis, après plusieurs mécomptes, il finit par prendre en haine tous les hommes "X ne plus croire qu'il y ait rien d'honïiéte ians aucun d'eux i.

Cette misanthropie accidentelle et inférieure fut personnifiée par un Athénien, nommé Timon, dont le nom ne tarda pas à devenir proverbial et le caractère typique. « Il y avait, dit un personnage d'Aristophane 2, un certain Timon; il se retira du monde par haine des méchants. » C'est ce que précise et développe Plutarque aux chapitres lxix et lxx de la Vie d'Antoine. Vaincu et désespéré, Antoine s'était fait construire pour lui seul une retraite maritime près de Pharos, en jetant une chaussée sur la mer :

Il y vit loin de la société des hommes et dit qu'il veut Imiter et embrasser la vie de Timon, puisqu'il a éprouvé le même sort que lui : victime de l'injustice et de l'ingratitude de ses amis, il avait pria en défiance et en haine touj

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