Siède de Louis XIV, ch. zxiii
* LE MISANTHROPE n
l'élégance de sa chaussure, la beauté de sa jambe, le laffel ide Chiae qui la garnit.
Laissons-le discoui ir, Dire' cent et cent fois : « Il en faudrait mourir ! » Sa barbe pinçoter, cagecller la science, Relever ses cheveux, dire : « En ma conscience I » Faire la belle main, mordre un bout de ses gants. Rire hors de propos, montrer ses belles dents. Se carrer sur un pied, faire arser son épée, Et s'adoucir les yeux ainsi qu'une poupée.
De même, par où Glitandre a-t-il pu plaire à Gélimèae? Alcesl« le lui demande.
Est-ce par l'ongle long qu'il porte au petit doigt . Qu'il s'est acquis chez vous l'estime où l'on le voit? Vous êtes-vous rendue, avec tout le beau monde, Au mérite éclatant de sa perruque blonde"? Sont-ce ses grands canons qui vous le font aimer? L'amas de ses rubans a-t-il su vous charmer? Est-ce par les appas de sa vaste rhingrave Qu'il a gagné votre âme en faisant votre esclave? Ou sa façon de rire et son ton de fausset Ont-ils de vous toucher su trouver le secret?
« Le Français espagnolisé de Régnier, le marquis de Oiiinaull, le Clilandre de Molière, sont d'abord et surtout des précieux et ressemblent fort soit au marquis de Mascarille, soit à ce prince de Tarente dont Scarron dit qu'il se laissa croître l'ongle du petit doigt de la main gauche jusqu'à une grandeur étonnante, ce qu'il trouvait le plus galant du monde. Mais leurs ridicules iîe sont pas seulement extérieurs: en dépit de leur tête vide, ils ont ou croient avoir de l'esprit, mais de celui où la raison n'a aucune part, de celui qui a fait dire à la Rochefoucauld: « Il n'y a pas de sots si insupportables que ceux qui ont de l'esprit. » Ils sont de ces mauvais plaisants sur lesquels, au témoignage de la Bruyère ^ on marchait encore dans toutes les sociétés à la fin du siècle, de ces turlupins chez qui l'aplomb supplée à la délicatesse, de ces « esprits vains, légers, familiers, délibérés », qui triomphent dans l'ironie, ne s'apercevant pas que presque toujours « la moquerie est indigence d'esprit ». Ue ces traits Molière aurait pu composer une figure aisément boulFonne ; il a mieux aii.ié en composer deui