‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 103 sur 153 · Bâle, Decker, 2 vol. in · texte numérisé non relu

Bâle, Decker, 2 vol. in

2. Voyez Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. XII, p. 144-145.

3. Genève, in-8», le tome [" seulement: le tome II fut publié dans la même villa en 1763.

rien, avide de précision et de vérité, qui s'est fait plus d'une fois connaître à nous :

Je vois avec salisfaction, Monsieur, que vous jugez comme moi que ce n'est pas assez d'écrire les aclioiis et les enlrepriscs en tout ijonre di Pierre le Grand, losquellHS pour la plupirt sont connues : l'esprit éclairé qui règne aujourd'hui dans les principales nations de rFurope demande qu'on approfondisse ce que les historiens effleuraient auln fois à peine.

On veut savoir de combien une nation s'est accrue; quelle était sa population avant l'époque dont on parle; quel est, depuis cette époque, le nombre de troupes régulièrjs qu'elle entretenait, et celui qu'elle entreliant; quel a été son commerce, et comment il s'est étendu; quels arts sont nés dans le pays ; quels a^-ts y ont été appelés d'ailleurs, et s'y sont per.'eclionn's ; quel était à peu près le revenu ordinaire de l'Etat, et à quoi il monte aujourd'hui ; quelle a été la naissance et le progrès de la marine; quelle est la proporlion du nombre des nobli s avec celui des ecclésiastiques et des moines, et quelle est celle de ceux-ci avec les cultivateurs, etc.

L'effet produit par ce livre ne fut pas favorable en tout point à Voltaire, même en Russie. En France, Diderot, à qui Damilaville l'avait envoyé, le lisait avec plaisir, mais se demandait à la fin : « Quel {^rand tableau ai-je vu? Quelle réflexion profonde me reste-t-il? » Et il lavait la tète à Damilaville, qui trouvait tout fort beau*. Mais quelques chapitres lui rappelaient certains morceaux de Tacite.

Enfin, l'année 1769 vit paraître à la fois VHistoire du Park' ment de Paris (Amsterdam, 2 in-8°) et le Précis du siècle de Louis XV (Genève, 2 in-12). La première est une œuvre de circonstance et de parti : le défenseur de Calas, de la Barre et de Lally avait ses raisons pour ne pas aimer les parlements, et il ne les avait pas épargnés dans l'Essni. Mais le Prdcis du siècle de Louis XV est loin d'être aussi indigne qu'on l'a dit quelquefois de faire suite au Siècle de Louis XIV. Ce n'est qu'un <( précis »; mais dans l'esquisse on retrouve les mêmes mérites historiques et littéraires que dans le tableau. Si Voltaire s'y souvient un peu trop, çà et là, qu'en lT4j il fut nommé historiographe de France ; si le « moi », comme il est naturel dans l'histoire d'événements contemporains, se montre quelquefois trop à découvert, quelques omissions, quelques flatteries, quelques épigrnmmos, n'empêchent pas le livre d'être e.xact et instructif dans son ensemble. Les délails sont puisés, on le sent, aux meilleures sources; mais, alors même qu'ils abondent, surloul dans les récils des campagnes et des lialailles,

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