‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 121 sur 153 · C. de Litt. — Blffon · texte numérisé non relu

C. de Litt. — Blffon

2 COUUS DE LITTERATURE

Psewton, sont de 173o et 1710. A peine s'était-il fait connaître par des mémoires sans f^rande importance, qui ne lui assignaient pas une spécialité bien distincte : il inclinait plutôt alors vers les sciences pures, et c'est dans la section de mécanique qu'il fut admis, ce qui ne l'empêcha pas de passer plus tard dans la section de botanique. Soudain, en 1730, la mort prématurée de Uufay, intendant du Jardin du roi, lui ouviil l'avenir. On croit que Dufay lui-même le désigna pour son successeur. En tout cas, croyant se connaître en plantes et entendre « les bâtiments^ », il demanda et obtint sa situation. Dès lors, sa vie est fixée : les trois premiers volumes de l'Histoire naturelle {Théorie de la terre. Histoire naturelle de l'homme) paraissent en 1749.

Le Jardin du roi a eu la fortune de réunir, aux premières pages de son histoire, deux grands noms : Richelieu qui le créa (1626), Buffon qui l'organisa ou plutôt le créa de nouveau. Mais, s'il doit beaucoup à Bufïon, Bulfon ne lui doit pas moins. Avant de recueillir la succession de Dufay, il hésitait, passait d'une étude à l'autre, mêlant le plaisir au travail, inconscient peut-être de son génie, à coup sûr incertain de la route qu'il devait suivre. Dès qu'il prend possession de cette paisible retraite, le Jardin devient son « fils aîné ». Il travaille à en classer les collections; il les complète au moyen des présents personnels qu'on lui adresse .bientôt de tous les points du monde. Pour l'enrichir, il fait appel à la générosité des uns, il ilatte la vanité des autres. Partout il a des correspondants, dont il stimule l'activité par l'unique appât de la gloire. Les souverains eux-mêmes ambitionnent l'honneur de voir leurs noms cités avec éloges dans VHistoire naturelle. Il fait des emprunts, com- , ble des catacombes, parlemente dix ans avec les moines de Saint-Victor pour agrandir le Jardin, qui étoulïe dans ses limites trop étroites. C'est là que Buil'ona vécu, c'est-à-dire travaillé cinquante ans de sa vie, entouré de ces savants d'élite qu'il désigna toujours avec une sûreté impartiale de jugement, Daubenton, Lamarck, Fourcroy, Lacépède.

C'est de là que partirent les lo volumes des Quadrupàîes (1749-1767), les 9 volumes des O'iseaiuc (1770-1783), les îi volumes des Minéraux (1783-1788), enfin les 7 volumes du Supplément (1774-1789), dont un contient les Époqua: de la nature (1778); en tout, 36 volumes. Cet infatigable labeur ne fut inter-

Page 1