‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 122 sur 153 · Leltic .'i llcllot, 23 juillet · texte numérisé non relu

Leltic .'i llcllot, 23 juillet

rompu que deux fois : en 17G9, lors de la maladie et de la mort de la comtesse de BiifToii, et en 17" 1, lorsque Bulfon tomba luimême malade. Ses principaux collaborateurs furent Daubenton pour les (Jaadrupcdes, Guéneau de Montbeiilard et l'abbé Bexon pour les Oiseaux, Faujas de Saint-Fond pour les Minéraux.

Louis Daubenton (1716-1709), qui devait mourir président du sénat de l'empire, était fils d'un médecin de Montbard, où luimême exerça quelque temps la médecine. Son illustre compatriote le fit venir à Paris en 1742 et lui confia, dans YIHstoire naturelle, la partie de description anatomique. Son œuvre, plus modeste et technique, avait donc son existence propre, parallèle au développement de l'œuvre de Bulfon. Mais les connaisseurs ne tardèrent pas à en apprécier la précision scientifique et la nouveauté, et Daubenton, conscient de son mérite, ne tarda pas à se lasser d'un rôle subalterne. Cependant, la rupture entre Buti'on et Daubenton ne fut complète qu'après la publication d'une édition de 1774, d'où les planches de Daubenton avaient été exclues. Buffon fut très sensible à l'ingratitude d'un collaborateur qui lui devait tout ; mais il ne s'en plaignit jamais.

Privé du concours de ce vrai savant, obligé de ménager ses forces, Bulfon dut s'adressera un collaborateur qui était son compatriote aussi et son ami, mais qui n'était pas assez préparé à cette besogne : Philibert Guéneau de Montbeiilard, né à Semur (1720-1785), était avocat et littérateur. Les descriptions pompeuses qu'il inséra dans les Oiseaux ont fait grand tort au renom de Buffon, à qui on les a souvent attribuées. Sa collaboration n'est rendue publique qu'à partir de 1771. Indépendant de caractère, et bientôt lassé, il se retira en 1777.

Avant la retraite de Guéneau, l'abbé Gabriel Bexon, de Remiremont (1748-1784), avait été associé au travail des Oiseaux. Traité d'abord par Bulïon avec une réserve un peu défiante, iT finil, grâce à sa ténacité laborieuse, par s'élever au rang de collaborateur et d'ami. Ses descriptions d'oiseaux valent mieux que celles de Guéneau, peut-être parce que Bulfon les revisa de plus près. Une des nombreuses lettres que lui adressa Buffon (27 juillet 1777) suffit à caractériser la façon dont il dirigeait le travail de ses collaborateurs :

Je suis très satisfait, Monsieur, et même plus que content, car on ne peut se plaindre que du trop de travail qu"a dû vous coûter la composition des

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articles que vous m'avez envoyés. Il y a en général (rop d'érudilion, et vous ne voulez pas qu'en comparant ces articles avec ceux qui sont imprimés, on vole qu'on a redoublé de science mythologique et d'érudition assez inutiles à l'histoire naturelle. J'en retrancherai donc beaucoup, et j'aurai l'honneur de vous envoyer dans peu le premier cahier corrigé de ma main; cela vous servira d'exemple pour ceux de la suite... Tâchez, Monsieur, de faire toutes vos •descriptions d'après les oiseaux mêmes : cela est essentiel pour la précision.

Bexon mourut à trente-six ans. Avant sa mort, vers 1777, on voit apparaître un nouveau nom de collaborateur, celui de Barthélémy Faujas de Saint-Fond (de Monlélimar, 1741-1819), avocat, voyageur et poète, à qui BuiFon portera assez d'alTection pour lui léguer son cœur. C'est aux Minéraux surtout qu'il travailla, mais il était chargé aussi de diriger le service de la Correspondance au Jardin du roi, tâche pesante dont Buffon avait dû se désintéresser peu à peu : « Elle finirait, dit-il', par me tuer, pour peu qu'elle augmentât. Ce sont des lettres sans lin, et de tout l'univers... »

Peu d'événements extérieurs méritent d'être mêlés à cette histoire d'une grande œuvre. En 17.j0 et 1751, après la publication des premiers volumes de Vlllsloire naturelle, attaque dans son orthodoxie par les Nouvelles ecclésiatiqiies et par les disciples de son collègue Réaumur,qui inspira le pamphlet intitulé Lettres àun Américain, Bulîon s'était vu condamner par la Sorbonne et avait dû rétracter quatorze propositions extraites de son ouvrage. En 1778, les Époques de la ??«i»)'e furent dénoncées une seconde fois à la faculté de théologie par l'abbé Royou; mais la protection de la cour décida la faculté, dit Bachaumont, à regarder le système du philosophe comme un radotage de sa vieillesse.

Il vécut dix ans encore, quoique souflfrant cruellement de la pierre. A. la suite d'un voyage imprudent qu'il fit de Monthard à Paris pour surveiller les travaux du Jardin du roi, il y mourut, le IG avril 1788.

lAi physionomie morale de ItiilToii. — Le travail à Monfbard. La vie «le société.

Ainsi, cette vie et cette œuvre, à une éqoque d'elFervescence universelle, sont toujours restées sereines et désintéressées, 11

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