QuadrKjièdes : l'Eléiihant
d'instinct de nature, il est attiré de préférence vers les èlres vivants les plus nobles d'extérieur, les plus généreux de caractère, vers le lion, l'aigle, le chien, dont le tigre, le vautour, le chat, ne sont que l'antithèse. Mais c'est surtout le moral qui détermine ses prédilections. Les humbles et les soufl'ranls trouvent en lui un avocat qui prend en main leur cause et, s'il se peut, les réhabilite. En quittant « cette ample comédie », nous emportons une idée nette de tous les personnages. Le cheval est pour nous tantôt un guerrier belliqueux, tantôt un esclave soumis; le chien est un ami sincère; le chat, un tlatleur souple et faux; le tigre, le chacal, le vautour, de lâches brigands; le coq, un sultan dans son sérail; la poule, une mère de famille attentive. Le moineau, c'est l'importun dont la grossière pétulance nous incommode. Les pigeons ont la douceur tendre et fidèle de ceux que peint la Fontaine. ^Malgré les dilïérences, ce n'est pas sans raison qu'on a rapproché du nom de Buiïon le nom du grand fabuliste. Chez l'un et Fautre tout vit, tout sent, tout pense. Chacun d'eux se sert d'animaux pour instruire les hommes. Mais l'un tend à ce but départi pris; Fautre a la prétention d'être moins moraliste que savant. Quoi qu'on pense du savant, il est permis d'aimer le moraliste.
BiilTuii ceri\ain.
Comme on connaissait mal l'homme et le savant, on a quelquefois mal jugé le style. Voltaire, dont l'esprit net et vif allait de sujet en sujet, n'en prenant que la tleur, ne sentait pas à quel point la méditation d'un sujet unique peut échautfer l'enthousiasme et grandir naturellement le style. Pour traiter une pareille matière, l'esprit ne suflisait pas. Il y fallait un sérieux profond, une âme à la fois contenue et passionnée. ÏNous aurions le droit de plaindre Buffon, s'il n'avait pas su proportionner la grandeur des paroles à la grandeur des vues. Détourne-t-il un moment les yeux de ces spéculations qui s'imposent à son esprit, il redevient familier jusqu'à la trivialité, comme en témoigne sa Correspondance, à chaque page *. Presque aussitôt,
1. M Comme je dîne tous les jours chez raoi, vous pouvez me faire l'honneur de
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venir manrjer ma soupe tel jour qu'il vous plaira. » (Lettre à Faujas de Saint 27 février 1784.) « Baniche (diminutif de Beruarde) se marie dans huit jour