‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 146 sur 153 · C. de Litt. — Blpfon · texte numérisé non relu

C. de Litt. — Blpfon

G2 COURS DE LITTÉRATURE

vraiment scientifique déjà. Lucrèce développe plus, et son développement a quelque chose de plus saisissant, mais il n'a pas le même air de vérilé, et il n'associe pas, comme Buffon, les laits scientifiques aux conjectures. L'un a plus d'imagination, l'autre plus de raison, bien que les Epoques soient aussi une oeuvre d'imagination. En revanche, l'esprit de Bu (Ton a quelque chose de moins hardi; loin de nier la Providence, comme Lucrèce, il suppose la question de la création résolue et ne l'aborde pas; chez lui le sentiment religieux est sincère sans doute, mais reste assez froid. Il est tenu d'ailleurs à beaucoup de prudence pour désarmer le zèle ombrageux de la Sorbonne, tandis que le poème de Lucrèce est un hymne enthousiaste en l'honneur d'Épicure et de l'épicurisme.

Cette dissemblance dans le ton en entraîne une autre dans le style : Lucrèce multiplie les descriptions abondantes, les traits pittoresques; Bulfon va plus droit au but: avec une brièveté plus rapide, il met plus de suite dans l'exposition d'idées générales qu'on ne perd jamais de vue, mais aussi il est moins ému et moins coloré.

La science peut-elle avoir sa philosophie et sa poésie? Se le demander en prenant surtout, mais non pas uniquement, Bufl'on pour exemple.

(Fonlenay-aux-Roses. — Leçon.)

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