ynuveaiix Mélanges
BIBLIOGRAPHIE
TEXTES
Éditions HémoD (Delagravc), Nicolas (Garuier).
LIVRES
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Mah.montiîl. — Eléments de Ultérature. art. Style. ]\1aiuy. — Essai sur l'éloquence de la v/iaire, 2 iu-S», Crapelet, 181U;
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Lanson. — Histoire de la littérature française ; Hacheltc; 5'-' série, 1. IV, ch. m.
JUGEMENTS
« Que l'on étudie l'art d'écrire dans le discours où M. de Buffon en a tracé les règles, on y verra partout l'auteur se rendre un compte exact de ses elTorts, réfléchissant profondément sur ses moyens et dictant des lois auxquelles il n'a jamais manqué d'obéir. Lorsqu'il vous disait, Messieurs, que les beautés du style sont les droits les plus sûrs que l'on puisse avoir à l'admiration de la postérité, lorsqu'il vous exposait comment un écrivain, en s'élevant par la contemplation à des vérités sublimes, peut établir sur des fondements inébranlables des monuments immortels, il portait en lui le sentiment de sa destinée, et c'était alors une prédiction qui fut bientôt accomplie. »
Vicq-d'Azyr, Discours de réception à l'Académie, 1 1 décembre 1788.
Reçu à l'Académie française après la publication de ses premiers volumes, Rutfon ne laissa pas languir sa parole dans un remerciement ou dans le panégyrique exalté d'un obscur prédécesseur, et il saisit tout d'abord son auditoire du sujet même que sa présence rappelait, l'éloquence, la perfection du style. En général, un grand écrivain, dans les questions de goût, a pour type involontaire son propre talent. Les grands écrivains n'en sont pas moins les meilleurs critiques à étudier. Chacun d'eux ne donne qu'un point de vue de Fart; mais ces points de vue divers sont supérieurs, et en les comparant vous avez l'art tout entier. Ainsi, sur l'éloquence après Aristote, Platon, Cicéron, Tacite, Bossuet, Fénelon, il y avait quelque chose à dire encore [pour un homme de génie qui ne leur ressemble pas : ce sera le discours de BufTon sur le style. Fort admiré de son temps, ce discours parut surpasser tout ce qu'on avait conçu jamais sur un tel sujet; et on le cite encore aujourd'hui comme une règle universelle de goût. Ce n'est cependant que
la confidence un peu apprêtée d'un ^rand artiste, et non la lliéorie de l'art dans sa belle et inépuisable variété.
ViLLEMAiN, Tableau de la lUléniture franniise au dix-ludtième siècle; Didier.
Malgré quelques précautions oratoires, sa personnalité n'éclate nulle part avec plus d'évidence que dans son discours de réception à l'Académie. Contraint de louer par les habitudes du lieu, il annule ses éloges par la généralité et l'exagération; pour faire passer l'apothéose de son talent, après avoir exposé une théorie tirée de sa propre pratique, il la rapporte aux ouvrages de ses nouveaux collègues, ouvi-ages que sans doute il n'a jamais ouverts. Je me trompe, il a lu Montesquieu, Voltaire et Fontenelle, et il aura soin de leur faire entendre qu'il connaît le faible de leurs plus beaux écrits. « Faute d'un plan fortement conçu, le meilleur écrivain s'égare : quelque brillantes que soient les couleurs qu'il emploie, quelques beautés qu'il sème dans les détails, comme l'ensemble choquera ou ne se fera pas sentir, l'ouvrage ne sera pas construit, et, en admirant l'esprit de l'auteur, on pourra soupçonner qu'il manque de génie'l » Voilà pour M. de Voltaire. « Les interruptions, les repos, les sections, ne devraient être d'usage que quand on traite des sujets différents; autrement, le grand nombre de divisions, loin de rendre un ouvrage plus solide, en détruit l'assemblage; le livre parait plus clair aux yeux, mais le dessein de l'auteur demeure obscur. » Comprenez-vous, Monsieur de Montesquieu? A vous maintenant. Monsieur de Fontenelle : « liien ne s'oppose plus à la chaleur que le désir de mettre partout des traits saillants; rien n'est plus contraire à la lumière, qui doit faire un corps et se répandre uniformément dans un écrit, que ces étincelles qu'on ne tire que par force en choquant les mots les uns contre les autres, et qui ne nous éblouissent pendant quelques instants que pour nous laisser ensuite dans les ténèbres. » Fontenelle, Voltaire et Montesquieu poliment éliminés et dûment avertis, Buffon peut dire à ses nouveaux confrères, sans crainte d'être pris au mot : « C'est ainsi. Messieurs, qu'il me iiemblait, en vous lisant, que vous me parliez, que vous m'instruisiez. Mon âme, qui recueillait avec avidité ces oracles de la sagesse, voulait prendre l'essor et s'élever jusqu'à vous:
vains efforts! >•> L'Académie, qui depuis son origine a entendu, de bonne grâce il est vrai, bien des railleries, n"a jamais élé persillée aussi intrépidement.
GÉRL'ZEz, Mélawjes el Penst'es; Hachette.
Parmi tant de discours académiques, dont jdusieurs sont d'excellents modèles, un seul a l'autorité d'un ouvrage d'enseignement : c'est le Discours de Butfon sur le style.
iSisARD, Histoire de la liHé rature française, t. lV;Uidot.