‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 21 sur 153 · C. de Litt. — Montesquieu Romains · texte numérisé non relu

C. de Litt. — Montesquieu Romains

dissertation sur la Politique des Romains dans la reliyion; mais il jugeait cette religion en libertin de la régence.

Ce ne fut ni la crainte ni la piété qui établit la relii^ion chez les Romains, mais la nécessité où sont toutes les sociétés d'en avoir une. Les premiers rois ne furent pas moins attentifs à régler le culte et les cérémonies qu'à donner des lois et bâtir des murailles...

Quand les législateurs romains établirent la religion, ils ne pensèrent point à la réformation des mœurs, ni à donner des principes de morale. Ils n'eurent donc d'abord qu'une vue générale, qui était d'inspirer à un peuple qui ne craignait rien la crainte des dieu.x, et de se servir de cette crainte pour le conduire à leur fantaisie...

Les augures et les aruspices étaient proprement les grotesques du paganisme : mais on ne les trouvera point ridicules, si on fait réflexion que, dans une religion toute populaire comme celle-là, rien ne paraissait extravagant : la crédulité du peuple réparait tout chez les Romains; plus une chose était contraire à la raison humaine, plus elle leur paraissait divine. Une vérité simple ne les aurait pas vivement touchés : il leur fallait des signes de la Divinité ; et ils ne les trouvaient que dans le merveilleux et le ridicule.

C'était à la vérité une chose très extravagante défaire dépendre le salut de la république de l'appétit sacré d'un poulet et de la disposition des entrailles des victimes ; mais ceux qui introduisirent ces cérémonies en connaissaient bien le fort et le faible, et ce ne fut que par de bonnes raisons qu'ils péchèrent contre la raison même. Si ce culte avait été plus raisonnable, les gens d'esprit en auraient été la dupe aussi bien que le peuple, et par là on aurait perdu tout l'avantage qu'on en pouvait attendre : il fallait donc des cérémonies qui pussent entretenir la superstition des uns, et entrer dans la politique des autres : c'est ce qui se trouvait dans les divinations. On y mettait les arrêts du Ciel dans la bouche des principaux sénateurs, gens éclairés, et qui connaissaient également le ridicule et l'utilité des divinations.

Il ignorait que la religion, étroitement associée d'ailleurs à la politique, mais non pas son esclave, était l'âme même de la cité antique. En 1721, dans les Lettres persanes, il parle avec plus de gravité du conilit de Rome et de Carthage et de « la décadence du formidable empire romain'. » Admis en 1722 à faire partie du club de l'Entresol, il lut, en guise de discours de réception, son Dialogue de Si/lla et d'Eiicrate-, qu'il réunit aux Considérations dans son édition de 1748. On ne peut guère, en eiîet, les séparer; mais on ne peut non plus comparer deux œuvres inégales à ce point. Il y a infiniment plus de force vraie dans les Considérations que dans le Dialogue. Celui-ci pourtant a été admiré par des juges comme M™° de StaëP, Doudan*,

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