‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 28 sur 153 · Compare/, le résumé fait par d'Alemb;^rt, aux Jugements · texte numérisé non relu

Compare/, le résumé fait par d'Alemb;^rt, aux Jugements

conçoit une division en trois parties moins exactement symétrique que la première : 1° du chapitre i" au chapitre vm, la grandeur de Rome; 2" du chapitre vni au chapitre xiv, la décadence en germe dans la grandeur; 3° du chapitre siv au chapitre -xxni, la décadence, La seconde partie est une transition nécessaire, qui lie et fond les deux parties extrêmes.

Toute la première parlie se recommande moins par la science de l'érudit que par la pénétration du politique. Peut-être a-t-on trop dédaigné les cinq premiers chapitres, où Montesquieu, nous dit-on, accepte et suit la série traditionnelle des rois de Rome. Ne pouvait-il pas se douter que, peu d'années après la publication de son livre, un érudit hollandais, Beaufort, proposerait au public ses doutes sur l'histoire de ces origines fabuleuses? Non, il ne s'en doutait pas, et, vraiment, il ne pouvait pas s'en douter, et s'il est sûr que Beaufort est plus clairvoyant que Tite-Live, il ne l'est pas que son scepticisme donne une idée plus juste de Rome naissante que les pages naïvement affirmatives de Montesquieu; et, comme le disciple le plus autorisé de Fustel de Coulanges, M. Jullian, nous avertit que, si Montesquieu est coupable, Fustel l'est aussi, nous sommes rassurés. Le ton solennel, ému, de Montesquieu, quand il aborde les origines de la ville éternelle, choque nos érudits, qui sont sûrs de ne pas émouvoir, parce qu'ils ne s'émeuvent jamais. Il ne nous déplaît pas, à nous, d'apprendre que Montesquieu est capable d'émotion. Voici sur quel ton, dans l'Essai sur les mœurs. Voltaire parle de ces humbles commencements des Romains :

Au milieu du brigandage, l'amour de la patrie domina toujours jusqu'au temps de Sylla. Cet amour de la patrie consista, pendant plus de quatre cents ans, à rapporter à la masse commune ce qu'on, avait pillé chez les autres nations : c'est la vertu des voleurs. Aimer la patrie, c'était tuer et dépouiller les autres hommes ; mais dans le sein de la république il y eut de très grandes vertus. Los Romains, polices avec le temps, policèrent tous les barbares vaincus, et devinrent enfin les législateurs de l'Occident.

Les Grecs paraissent, dans les premiers temps de leurs républiques, une Bation supérieure en tout aux Romains. Ceux-ci ne sortent des repaires de leurs sept montagnes avec des poignées de foin, manipuli, qui leur servent de drapeaux, que pour piller des villages voisins; ceux-là, au contraire, ne sont occupés qu'à défendre leur liberté. Les Romains volent à quatre ou cinq milles à la ronde les Èques, les Volsqucs, les Antiates. Les Grecs repoussent les armées innombrables du grand roi de Perse, et triomphent de lui sur terre et sur mer. Ces Grecs, vainqueurs, cultivent et perfectionnent tous les beaux-arts, et les Romains les ignorent tous jusque vers le temps de Scipion l'.A.fricain.

On voit bien pourquoi Voltaire préfère les Grecs aux Romains, et, pour ce qui est de ses chers « beaux-arts », on ne lui donne

pas tort; mais Montesquieu, magistrat et politique, épris de la grandeur, n'a pas tort non plus d'admirer ce petit peuple qui devint si grand. Ceci dit, on est vite d'accord avec Sainte- Beuve : « Ce n'est qu'à partir d'Annibal et des guerres puniques que la pensée de Montesquieu se déploie à l'aise et qu'il trouve toute sa matière. Le chapitre vi, sur la politique des Romains et sur leur conduite dans la soumission des peuples, est un chef-d'œuvre où la prudence et la majesté se combinent. » Mais, si c'est un chef-d'œuvre, ce n'est pas par la majesté oratoire, comme chez Bossuet; c'est par la précision, la sûreté et aussi l'impartialité des vues politiques. Montesquieu est partisan des patriciens; bien plus, il est patricien lui-même par l'àme, mais il juge avec indépendance la politique du sénat romain. Ce sénat savait l'art de dissimuler, de supporter les injures en se réservant une vengeance «■ utile »; il ne faisait jamais la pais de bonne loi; il avait pour maxime constante de diviser pour régner. L'auteur de Nicomède avait ouvert le chemin; mais ce que Corneille a deviné, Montesquieu le prouve.

Lorsqu'ils accordaient la paix à quelque prince, ils prenaient quelqu'un de ses frères ou de ses enfants en otage; ce qui leur donnait le moyen de troubler son royaume à leur fantaisie. Quand ils avaient le plus proche héritier, ils intimidaient le possesseur; s'ils n'avaient qu'un prince d'un degré éloigné, ils s'en servaient pour animer les révoltes des peuples.

Quand quelque prince ou quelque peuple s'était soustrait do l'obéissance de son souverain, ils lui accordaient d'abord le titre d'allié du peujile romain; et par là ils le rendaient sacré et inviolable : de manière qu'il n'y avait point de roi, quelque grand qu'il fût, qui put un moment être sûr de ses sujets, ni môme de sa famille.

Quoique le titre de leur allié fut une espèce de servitude, il était néanmoins très recherché; car on était sûr que l'on ne recevrait d'injures que d'eux, et l'on avait sujet d'espérer qu'elles seraient moindres : ainsi, il n'y avait point de services que les peuples et les rois ne fussent prêts à rendre, ni de bassesses qu'ils ne fissent pour l'obtenir...

Lorsqu'il y avait quelques disputes dans un État, ils jugeaient d'abord l'affaire; et par là, ils étaient sûrs de n'avoir contre eux que la partie qu'ils avaient condamnée. Si c'était des princes du même sang qui se disputaient la couronne, ils les déclaraient quelquefois tous deux rois : si l'un d'eux était en bas âge, ils décidaient en sa faveur, et ils en prenaient la tutelle, comme protecteurs de l'univers. Car ils avaient porté les choses au point que les peuples et les rois étaient leurs sujets, sans savoir précisément par quel titre, étant établi que c'était assez d'avoir ouï parler d'eux pour devoir leur être soumis.

Ici, Montesquieu se borne à expliquer ; plus loin, il condamne ' ,

L Après avoir rappelé la fascination que le génie de Rome et le souvenir de sa grandeur ont exercée sur Dante, Pétrarque, Machiavel, Shakespeare, Montaigne,

en historien et en moraliste qui n'est pas asservi à ses préférences particulières.

Maîtres do l'univers, ils s'en attribuèrent tous les trésors : ravisseurs moins injustes en qualité de conquérants qu'en qualité de législateurs...

Bientôt la cupidité des particuliers acheva d'enlever ce qui avait échappé à l'avarice publique. Les maçristrats et les gouverneurs vendaient aux roi s leurs injustices. Deux compétiteurs se ruinaient à l'envi, pour acheter une protection toujours douteuse contre un rival qui n'était pas entièrement épuisé: car on n'avait pas même cette justice des brigands, qui portent une certaine probité dans l'exercice du crime. Entin les droits légitimes ou usurpés ne se soutenant que par de l'argent, les princes, pour en avoir, dépouillaient le s temples, confisquaient les biens des plus riches citoyens : on faisait mille crimes pour donner aux Romains tout l'argent du monde.

L'impartialité de Montesquieu se reconnaît aussi à la justice qu'il sait rendre aux vaincus. Parfois même on dirait qu'il les admire plus que leurs vainqueurs, sans doute parce qu'il s'étonne de les voir tenir tète si longtemps à la Destinée qui promet à Rome la victoire définitive. Annibal, « cet homme extraordinaire », ce colosse, nous donne le plus beau spectacle que nous ait fournit l'antiquité. Après l'abaissement de Carthage, c'est Mithridate qui s'élève, Mithridate, le seul roi qui ait mis Rome en péril, et Montesquieu consacre à cet implacable ennemi des Romains un chapitre que nous avons pu comparer à la tragédie de Racine '. Sauf quand il rencontre sur son chemin des hommes de cette taille, Montesquieu n'aime guère entrer dans les détails des guerres et des conquêtes parla force; il préfère définir cette « manière lente de conquérir » qui était celle du sénat de Rome, et Rome paraît plus grande encore quand il nous découvre les secrets de cette politique qui assujettit insensiblement les nations.

Mais déjà apparaissent, en pleine prospérité et santé de l'État, les premiers symptômes de corruption. Ce ne sont pas les luttes fécondes des partis, mais bien les fatales concessions que le sénat se vit obligé de faire aux plébéiens , et qui amenèrent ceux-ci à sentir, puis à exercer leur force. « La puissance devait donc revenir au plus grand nombre, et l'aristo-

(^orneille et Bossuet . Grindar ajoute : « Montesquieu a dissipé cette nuée transparente et lumineuse dont la vénération des siècles avait enveloppé Rome... Je lui sais gré d'avoir marqué si fortement parmi les maximes de la politique romaine celles que le succès n'a pas justifiées, et appelé de leurs noms les crimes qui ont pu contribuer à la victoire, mais qui l'ont souillée. » (Montesquieu et la Critique littéraire.)

1. Le chapitre vu. Voir notre fascicule de Racine, Mithridate, 5. Voir aussi sur Mithridate l'Esprit des lois, xi, 19; six, 2;xxi, li.

ôratie se change peu à peu en un État populaire... Par une éternelle maladie des hommes, les plébéiens qui avaient obtenu des tribuns pour se défendre, s'en servirent pour attaquer; ils enlevèrent peu à peu toutes les prérogatives des patriciens... Quand le peuple put donner à ses favoris une formidable autorité au dehors, toute la sagesse du sénat devint inutile, et la république fut perdue. )> Ces vues sont politiques autant qu'historiques. Partisan du gouvernement aristocratique, Montesquieu ne le voit pas sans regret préparer lui- même l'avènement de la démocratie; aussi passe-t-il vile sur le rôle de tribuns comme les Gracques. Mais, avec la démocratie, c'est la force brutale, à ses yeux, qui triomphe, et le l'ègne de la force mène fatalement à la démocratie et à l'empire : « La république devant nécessairement périr, il n'était plus question que de savoir comment et par qui elle devait être abattue. » César peut venir, et les assassins de César ne feront pas revivre la liberté, mais, par cela seul qu'ils ont essayé de la faire revivre, Montesquieu ne peut leur refuser sa sympathie. Mais cela, c'est le fond de la pensée de Montesquieu, et il faut presque le deviner : historien plus que théoricien, il s'attache avant tout à marquer l'importance relative des faits qui ont préparé ou précipité la décadence. C'est ainsi qu'il écrit, au chapitre ix, une page admirable sur les conséquences de l'octroi du droit de cité à tous les alliés de Rome. « Les peuples d'Italie étant devenus ses citoyens, chaque ville y apporta son génie, ses intérêts particuliers et sa dépendance de quelque grand protecteur. La ville déchirée ne forma plus un tout ensemble; et, comme on n'en était citoyen que par une espèce de fiction, qu'on n'avait plus les mêmes magistrats, les mêmes murailles, les mêmes dieux, les mêmes temples, les mêmes sépultures, on ne vit plus Rome des mêmes yeux, on n'eut plus le même amour pour la patrie, et les sentiments romains ne furent plus. » Ces chapitres (de vi à x), où l'insensible et inévitable transition de la grandeur à la décadence apparait si lumineuse, suffiraient à la gloire d'un historien de nos jours, si pénétrant, si érudit qu'il fiit.

On a accusé Montesquieu de s'être attardé, non sans complaisance, à suivre de degré en degré la décadence de Rome. Il est bien vrai que la décadence le préoccupe surtout, puisqu'il la devine au sein même de la grandeur, et puisque, les commencements de Rome occupant trois à quatre chapitres, la grandeur proprement dite à peu près autant, tout le reste,

causes de décadence et décadence, n'en tient pas moins de >e\ze. L'empire s'ouvre dès le chapitre xiii, et les dix chapitres suivants, soit la moitié du livre total, lui sont consacrés. Depuis le chapitre xiii, Auguste, jusqu'au chapitre xvii. Changements dans l État, Tacite, Suétone, Dion Cassius, sont encore là; mais, à partir des chapitres xvi et xvii, Zozime, Ammien Marcellin, Pi'ocope, Jordanès, Priscus, les chroniqueurs byzantins, sont les seuls guides, et l'on est effrayé des lectures arides que l'auteur des Lettres persanes s'est imposées. Il marche avec vaillance, mais non pas avec autant de plaisir qu'on l'a dit, dans ce crépuscule de la grandeur romaine qui tombe; et plus la nuit s'épaissit, plus il s'acharne à éclairer les étapes de la route qu'il suit jusqu'au bout. Il a çà et là un mouvement de répugnance, un geste de lassitude. Nous n'avons aucun motif pour ne pas le croire sincère quand il montre ainsi sa fatigue ou son dégoût. Sa clairvoyance pessimiste ne va pas jusqu'à lui faire aimer cette région désolée de l'histoire que Bossuet avait à peine honorée d'un regard. Précisément parce qu'il est le premier à l'explorer dans toute son étendue, il tient à bien voir, et à voir tout. On a pu signaler en quelques endroits une sorte de parti pris de critique; ailleurs, quelques longueurs, dans un livre si court; ailleurs encore, l'intention trop visible de faire sortir du passé des leçons pour le présent. Mais s'arrêter trop à ces périodes ingrates de l'histoire vaut mieux que les dédaigner. Montesquieu a sur l'empire en général des vues systématiques qui l'empêchent, par exemple, de voir que le règne d'un Caligula ou d'un Caracalla, flétris par lui, a été bienfaisant pour le monde romain. Il s'écrie avec plus d'éloquence que de justesse (ch. xv) :

c'est ici qu'il faut se donner le spectacle des choses humaines. Qu'on voie dans l'histoire de Rome tant de guerres entreprises, tant de sang répandu, tant de peuples détruits , tant de grandes actions , tant de triomphes , tant de politique, de sasjesse, de prudence, de constance, de courage; ce projet d'envahir tout, si bien formé, si bien soutenu, si bien tini, à quoi aboutit-il qu'à assouvir le bonheur de cinq ou six monstres"? Quoi! ce sénat n'avait fait évanouir tant de rois que pour tomber lui-même dans le plus bas esclavage de quelques-uns de ses plus indignes citoyens, et s'exterminer par ses propres arrêts ! On n'élève donc sa puissance que pour la voir mieux renversée ! Les hommes ne travaillent à augmenter leur pouvoir que pour le voir tomber comme eux-mêmes dans de plus heureuses mains !

Ailleurs, il prend un trait brillant pour une raison : « Il est admirable qu'après tant de guerres les Romains n'eussent perdu que ce qu'ils avaient voulu quitter, comme la mer, qui n'est

moins étendue que lorsqu'elle se retire d'elle-même (ch. xv)... Rome avait si bien anéanti tous les peuples que, lorsqu'elle fut vaincue elle-même, il sembla que la terre en eût enfanté de nouveaux pour la détruire (ch. xvi)... » Mais s'il est trop moraliste et — plus rarement — trop orateur dans l'histoire, c'est qu'une longue méditation de son sujet a dissipé peu à peu cette sérénité trop indifférente qui semblait d'abord le fond de sa nature. Il a appris à admirer, à s'attrister, à s'indigner. A dire vrai, le double spectacle de la grandeur et de la décadence de Rome a un tel intérêt, éclatant ou sombre, qu'il n'a laissé insensible aucun des historiens qui l'ont considéré après Montesquieu. Et puis, à cette émotion si naturelle s'ajoutait pour Montesquieu l'émotion de la découverte. Enfin, dans cette partie qui est moins classique, il y a des chapitres égaux, sinon supérieurs pour la nouveauté, aux meilleurs chapitres de la première : tels les chapitres xvni, xix et xx, où la théorie de « l'allure principale » est exposée, où les rapports des barbares avec l'empire romain sont précisés, où de grandes figures comme celles d'Attila et de Bélisaire se détachent sur le fond mouvant des invasions et des discordes civiles.

Le style. — L'opiiiiou des contemporains et de la postérité snr les » Considérations ».

Le style piquant des Lettres persanes avait beaucoup contribué à leur succès prodigieux; le style grave, vigoureux, ému, des Considérations dut étonner et dépayser un peu le lecteur, au moins français, car le succès en France fut d'abord médiocre. Montesquieu semblait ici s'être fait tout Romain, lui qui était si Français. Sans parler de certains mots tout latins, qui disparurent des éditions suivantes, comme mulcter, qui appartenait, d'ailleurs, à la langue du droit, combien de latinismes étaient faits pour dérouter les contemporains de Fontenelle !

« Bientôt la cupidité des particuliers acheva d'enlever ce qui avait échappé à Vavarice publique.

« Les rois d'Europe ont commis à des magistrats particuliers la distribution des peines.

« Par là ils consternaient leui vainqueurs.

« L'armée, plus dissipée que vaincue...

(( Dans la fureur de ses succès...

« M. Livius 7iota le peuple même.

« Je ne veux point faire des réflexions odieuses sur ce dessein.

« Les soldats vétérans, qui craignaient qu'on ne répétât les dons immenses qu'ils avaient reçus, entrèrent dans Rome.

«c II (Mithridate) avait l'air de solliciter les peuples.

« D'autres passions^ et l'oisiveté même, succèdent'-. »

Celte langue si neuve, quoique semée d'archaïsmes, semblait plus vieille que la langue de Voltaire. L'auteur avait sa façon propre d'entendre et d'employer certains mots : « Gomme on voit un fleuve miner lentement et sans bruit les digues qu'on lui oppose, et enlin les renverser dans un moment et couvrir les campagnes qu'elles conservaient, ainsi la puissance souveraine sous Auguste agit insensiblement et renversa sous Tibère avec violence. » Dans cette seule phrase, renverser est employé au sens actif, qui est le sens ordinaire, et neutralement, ce qui est plus rare; et ces deux exemples si rapprochés sont encadrés dans une large image, qui les illumine. Les images abondent, du resle, dans les Considérations. Toutes n'ont pas toute la simplicité désirable; mais presque toutes sont là pour donner une forme sensible à la vérité historique .

Pendant que Rome conquérait l'univers , il y avait dans ses murailles une guerre cachée : c'étaient des feux comme ceux de ces volcans qui sortent sitôt que quelque matière vient en augmenter la fermentation...

D'abord des corps innombral)les de Huns passèrent, et, rencontrant les Goths les premiers, ils les chassèrent devant eux. Il semblait que ces nations se précipitassent les unes sur les autres, et que l'Asie , pour peser sur l'Europe, eût acquis un nouveau poids.

C'était l'aimée des Lettres philosophiques et de Vert-Vert. Nous savons par le baron de Bieltleld que les Considérations furent plus chaleureusement accueillies en Angleterre qu'en France. Plusieurs Anglais, dont lord ChesLerfield sans doute, y firent des objections, et Montesquieu, pour répondre à celles de son traducteur anglais (17oi), avait préparé des Remarques, insérées tout récemment dans les Mélanges inédits qu'un de ses descendants a publiés. Plus tard, dans son Histoire de la décadoice et

1. Ajoutez une foule de mots pris dans le sens latin : énorme, énormité ; étonncment, étounei- ; féroce, férocité; fortune; funeste; génie; honnête; imbécile, imbécillité; industrie; médiocre, médiocrité; police; pompe; représenter; stupide; siifccs; travail. Voyez le lexique de l'édit. Jullian.

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