‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 29 sur 153 · C. de Lilt. — .Montesquieu {Romains · texte numérisé non relu

C. de Lilt. — .Montesquieu {Romains

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de la chute de l'empire ■romain (1776-1788)', Gibbon se souviendra de Montesquieu, dont son œuvre un peu massive ne fera pas oublier l'essai bref et nerveux. En Prusse, Frédéric II couvre de notes, vers 1748, un exemplaire des Considérations, que A'apoléon enleva de Polsdam, et où les éloges dominent, mais tempérés par les critiques- : s'il approuvait ce que Montesquieu dit des paniques au lendemain des défaites, ou du ridicule des querelles byzantines, il blâmait sa sévérité envers César. Mais c'est des pays allemands que vinrent les œuvres historiques qui ébranlèrent le plus l'œuvre de Montesquieu, celle du Hollandais Beaufort, celle du Danois Niebuhr. ha Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par Beaufort, parut en 1738 et dut être connue de Montesquieu, qui, cependant, ne changea rien à son livre. Quant à Niebuhr, érudit et poète, il est presque un de nos contemporains (1776- 1831), et son Histoire romaine a beaucoup aifaibli la valeur historique des cinq premiers livres des Considérations; mais lit-on autant, même en Allemagne, Niebuhr que Montesquieu?

En France, de 1730 à 1740, parurent six éditions reproduisant presque textuellement la première : c'est peu, en comparaison de l'éclat que tirent les Letti^es persanes. Voltaire écrivait en anglais à Thiériot (1734) :

Avez-vous vu le petit, trop petit livre écrit par Montesquieu sur la décadence de l'empire romain"? On l'appelle la décadence de Montesquieu. Ce livre est loin d'être ce qu'il devrait être; mais cependant il contient plusieurs choses qui méritent d'être lues, et c'est ce qui me fâche encore plus contre l'auteur, qui a traité si légèrement une matière si importante. Cet ouvrage est plein d'indications. C'est moins un livre qu'une ingénieuse table des matières, écrite dans un style original.

Mais, dans une lettre écrite à Vauvenargues, du lo avril 1743, on voit que son opinion s'est sensiblement modifiée. Il rappelle que les Lettres persanes ont été d'abord accueillies avec ivresse par le public, et que les Considérations ont été négligées. « Cependant, ajoute-t-il, je vois que tous les bons esprits esti-

1. Traduction Leclerc des Sspt-Chênes, 18 vol. in-S". Cette histoire va de Marc- Aurèle à Constantin. Elle a été réimprimée par Guizot. 1S12 et ISiiS. et dans la collection du Panthéon littéraire , 1843. Dans la 30° leçon de sa. Littérature au dix-huitième siècle , Villemaiii a jugé un peu trop favoralilenient Gibbon, on qui il voit pourtant, ù certains égards, un commentateur de Montesquieu. « Mes délices, disait Gibbon, étaient de lire et relire Montesquieu, dont l'énergie de style et la hardiesse d'hypothèses furent si puissantes pour éveiller et stimuler le génie du siècle, n

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