‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 30 sur 153 · Voyez ledit. Jullian, p. 41, liO, 242, 2o · texte numérisé non relu

Voyez ledit. Jullian, p. 41, liO, 242, 2o

ment le arand sens qui règne dans ce bon livre d'abord mé- [irisé. » Si Voltaire parle ainsi, c'est que le public a du revenir (le son erreur première. Quelques années après, dans son discours de réception à l'Académie française (9 mai 1746), Vollaire était moins réservé encore dans l'éloge : « On a montré la cause du progrès et de la chute de l'empire romain dans un livre encore plus court', écrit par un génie mâle et rapide, qui approfondit tout en paraissant tout effleurer. » C'est que l'élite des écrivains et des critiques d'alors avait fait sentir à la France de quel chef-d'œuvre sa littérature s'était enrichie. Négligeons l'article élogieux publié, dès le 14 juillet 1734, dans les Mémoii'es de Trévoux : il est du P. Castel, l'ami et l'éditeur de Montesquieu. Mais Grimm ne cachait pas son admiration pour « ce profond écrivain», pour « ce livre où chaque mot dit souvent plus d'une chose, et qu'il faut plutôt méditer que parcourir ». Rollin, dans son Traité des études-, n'hésite pas à signaler ce livre fort court, mais très solide et très capable de donner une juste idée du caractère du peuple romain. D'Alembert, dans son El.o(ie de Montesquieu, est moins discret : ((En laissant beaucoup voir, il laisse encore plus à penser, et il aurait pu intituler son livre Histoire romaine à l'usage des hommes d'Etat et des philosopJies. »

Pendant ce temps, Montesquieu ne considérait pas son œuvre comme achevée, ne cessait pas d'y revenir pour la perfectionner, et, l'année même où parut VEsprit des lois (1748), publiait une édition entièrement revue et refondue-*, qui d'ailleurs ne porte pas plus son nom que les précédentes. On garde encore à la Brède les cahiers où sont inscrits les changements apportés à l'édition de 17.36, en vue de l'édition de 1748. Depuis, les Considérations ont été quelquefois discutées, mais toujours respectées. La Harpe reprochera bien à Montesquieu de manquer du sentiment religieux; mais ce grief n'empêchera pas l'auteur du Génie du christianisme (ni, 4, 5) de voir dans l'auteur des Considérations « le véritable grand homme du xvni'' siècle ».

Usons-en avec lui comme il en usait avec les autres, n'admirant qu'à bon escient, critiquant librement là où il faut critiquer. Michelet, qui a repassé sur ses traces, et qui le cite peu,

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