‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 59 sur 153 · LETTRES, NARRATIONS ET DISCOURS · texte numérisé non relu

LETTRES, NARRATIONS ET DISCOURS

Lettre adressée de Londres par Voltaire à ses amis de France. — On sait que Voltaire, pour un mot blessant et mérité, jeté en réponse aux impertinences du chevalier de Rohan-Chabot, fut attiré par ordre de ce seigneur dans un guet-apens, où des des valets le bâtonnèrent, et qu'au moment du rendez-vous qu'il avait demandé pour avoir réparation de cet outrage, une lettre de cachet obtenue par la famille du chevalier l'envoya à la Bastille, où on le retint quelque temps, et d'où il ne sortit qu'à la condition de se retirer en pays étranger. Il se décida pour l'Angleterre, où d'illustres amitiés lui promettaient un accueil digne de lui, et passa trois années, soit au bourg de W'andsworth, voisin de Londres, soit à Londres même, tantôt dans la société d'élite où l'introduisait Bolingbroke, plus souvent dans la solitude, occupé à retoucher la Henriade, à recueillir les matériaux des Lettres philosophiques, à puiser dans sa bibliothèque anglaise tout un trésor d'idées nouvelles et de connaissances sérieuses. Cet exil, dont l'injustice le révoltait, et qu'il avait hâte de voir finir, fut un des temps les mieux occupés et les plus féconds de sa vie. Le règne de George I" finissait alors. L'Angleterre, encore émue d'une révolution récente, fière de ses libertés renouvelées, brillante de tout l'éclat que peuvent donner à un peuple l'activité du commerce et de l'industrie, le progrès des lettres et des arts, était un riche sujet d'étude, un spectacle excitant et inspirateur pour un esprit tel que celui de Voltaire. La vue des honneurs décernés au savoir et au génie par un gouvernement qui faisait Addison ministre, Locke chef de bureau de commerce, Prior ambassadeur, et honorait d'obsèques royales les restes de Newton, lui donna un sentiment nouveau de l'importance et de la dignité des lettres et des sciences, et le disposa à revendiquer tous leurs droits et à user de tous leurs privilèges dans son propre pays. Le spectacle de la vie d'un peuple libre, soumis à des lois sages, développa les réflexions qu'il avait commencé à faire à la Bastille

sur les abus créés ou tolérés en France par la monarchie du bon plaisir. Le petit cercle d'érudits, de controversistes, de beaux esprits, où brillait Swift et que présidait Bolingbroke, fut pour lui, après les soupers du Temple, une autre école de libre penser, non moins hardie, non moins spirituelle, mais plus sérieuse et plus savante. C'est dans sa retraite de Wandsworth qu'il se mit au fait de la philosophie de Locke, dont il ne cessa depuis d'emprunter ou de développer les principes, et du système de Newton, d'où il tira tout le fond de son bagage scientifique, et qui lui fournit même des beautés neuves en poésie. L'étude des drames de Shakespeare, qu'il voyait jouer à Londres, les émotions que lui faisaient éprouver, en dépit de la délicatesse de son goiit, les sauvages fureurs d'Othello el l'éloquence populaire de Brutus, lui révélèrent de nouvelles sources d'intérêt et de pathétique, et lui suggérèrent l'idée de presque toutes les innovations dramatiques qui font la principale originalité de son théâtre.

On suppose une lettre adressée de Londres par Voltaire à ses amis de France. Tout en leur témoignant un vif désir de leur être rendu, il se félicitera d'avoir choisi un tel lieu d'exil, et les entretiendra de ses études et de ses projets.

(Concours de l'École normale, 1848.)

Bénédiction du petit-fils de Franklin par Voltaire; narration et discours.

(Paris. — Baccalauréat, 1897.)

Lettre d'un ami à Voltaire pour le détourner d'aller à Berlin. (Paris. — Baccalauréat, 1897.)

L^Ure de Voltaire à Catherine II. — Au milieu du xvni" siècle, pendant que l'empire turc tombait en ruine, la Grèce se préparait à recouvrer son indépendance en s'initianl à la civilisation moderne, en fondant des écoles, dos académies, en se livrant au commerce. La Russie, que des intérêts nolitiaues el

la communauté de religion attachaient à la Grèce, favorisait de ses conseils et de ses secours cet esprit d'indépendance. En 1770, la guerre ayant éclaté entre les Turcs et les Russes, et les montagnards du Pinde et du Parnasse ayant pris les armes, quelques gens de lettres, amis passionnés des arts et pleins des souvenirs de la Grèce antique, eurent l'espérance de voir renaître la patrie d'Homère et de Périclès. — Voltaire, alors âgé de soixante -seize ans, et qui entretenait avec l'impératrice Catherine un commerce d"araitié, lui écrivit en faveur des Grecs.

(Bordeaux. — Baccalauréat.)

Voltaire àvn ami. — Il a fait construire un théâtre dans son château de Ferney, car, s'il a renoncé sans peine aux plaisirs des grandes villes, il ne peut pourtant pas se priver de celuilà. N'est-ce pas ce que l'esprit humain a inventé de plus noble et de plus efficace pour former et polir les mœurs? Nature et effets de l'émotion que nous donne la tragédie (la douce terreur, la pitié charmante), et la comédie, qui corrige les moeurs en riant. Les anciens appelaient dans des fêtes célèbres la nation entière à ces représentations qui enseignaient les vertus et l'amour de la patrie : il faut prendre en pitié ceux qui s'élèvent contre ce bel art, et le cultiver toujours.

(Bordeaux. — Baccalauréat, nov. 1895.)

Voltaire, en apprenant le renvoi de Turgot, écrivait : « Ah! quelle funeste nouvelle j'apprends! La France aurait été trop heureuse! Que deviendrons-nous? Je suis atterré; nous ne nous consolerons jamais d'avoir vu naître et périr l'âge d'or. Je ne vois plus que la mort devant moi, depuis que Turgot est hors de place. Ce coup de foudre m'est tombé sur la cervelle et sur le corps. » Refaire la lettre de Voltaire, en rappelant les principaux projets de réforme de Turgot.

(Douai. — Baccalauréat, nov. 1885.)

Voltaire, après être resté trois ans en Prusse, se brouilla avec Frédéric II, en 1753. Supposez qu'un ami lui écrit pour le féliciter d'avoir rompu cette chaîne.

L'auteur du Siècle de Louis XIV (1752) n'a que /aire de corriger le style du roi de Prusse : il se doit à la France, qu'il a déjà illustrée par tant de chefs-d'œuvre.

Frédéric n'a jamais été l'ami sincère de notre pays; il peut demain devenir notre ennemi déclaré. La place de Voltaire ne saurait être à Berlin.

Que Voltaire revienne en France; ou bien, s'il craint les persécutions qui s'attachent aux philosophes, qu'il choisisse du moins tout près de la France un lieu de retraite d'où il pourra librement servir sa patrie et l'humanité,

(Grenoble. — Baccalauréat, juillet 1887.)

Lettre des comédiens français à Jean-François Corneille (1760). — Au xviu« siècle, un neveu des deux Corneille, Jean-François Corneille, exerçait dans un village, prés d'Évreux, la profession de mouleur en bois, et ne gagnait même pas de quoi vivre. Éconduit d'abord par son cousin Fontenelle, qu'il sollicita avec la gaucherie d'un indigent et d'un illettré, il reçut plus tard quelques secours des héritiers de l'égoïste philosophe, mais il retomba bientôt dans la misère, avec sa femme et sa fille. Cependant il avait intéressé à son sort des hommes influents, entre autres l'auteur de VAnnée littéraire, Fréron, qui lui dicta (3 juin 1760) une lettre aux sociétaires de la Comédie française. Dans cette lettre, Jean-François demandait aux comédiens de jouer à son bénéfice une pièce de Pierre Corneille, celle qu'il leur plairait de choisir. Il indiquait modestement pour cette représentation le mardi, le jeudi ou le vendredi, qui étaient les petits jours, suppliant toutefois MM. les comédiens de faire met- Ire sur l'affiche « que c'était au profit d'un neveu du grand Corneille ». Vous ferez la réponse des comédiens à Jean-François Corneille.

Ils seront fiers, en honorant Corneille, d'être utiles à l'héri tier de ce grand nom.

Ils diront quelle pièce ils choisiront pour cette représentation à liénéfice, et ils donneront les raisons de leur choix. Ils ne désigneront pas un petit jour, mais un de leurs jours à grande Tecelle, le lundi. •■

Enfin, puisque le neveu de Corneille a une fille sur l'avenii de laquelle il se montre inquiet, les comédiens lui conseillcnl

de s'adresser à Voltaire : ils sont convaincus que M"" Corneille trouvera un second père dans Fauteur de Brutus, dans l'héritier des plus grands tragiques du xvii» siècle.

(Poitiers. — Baccalauréat, juillet 1884.)

Un ami écrit à Voltaire pour lui reprocher son injuste sévé rite à l'égard de Boileau, dont il a dit :

Boileau, correct auteur de quelques bons écrits, Zoïle de Quinault et flatteur de Louis.

(Rennes. — Baccalauréat moderne, nov. 1898.)

Un ami de Voltaire lui écrit pour le dissuader d'écrire la Henriade.

(Toulouse. — Baccalauréat.)

Lettre de Vauvenargues à Voltaire. — On supposera que Vauvenargues, en envoyant son manuscrit des Réflexions et Maximes à Voltaire, y joint une lettre ; tout en admirant ses illustres devanciers, il critiquera leurs jugements sur l'homme. Il montrera l'influence que ces passions si décriées peuvent avoir sur la vie morale. Il ajoutera que lui-même jusqu'ici n'a vécu que d'une seule passion, l'amour de la gloire. Il n'a pas trouvé la. gloire dans les combats, peut-être les lettres la lui donneront-elles. C'est avec cet espoir au cœur qu'il attend le jugement de Voltaire.

(Tarbes. — Collège de filles. — Devoir de 5" année.)

Une journée de Voltaire à Ferney.

(Vitry-le-François. — Collège de jeunes filles. Devoir, 1891.)

Voltaire écrit à un jeune homme qui lui a demandé des conseils littéraires. 11 lui dit quelles sont les principales qualités qui caractérisent les bons ouvrages, et il fortifie son opinion de l'autorité de Boileau et d'exemples tirés des meilleurs écrivains.

(Nord. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1887.)

Voltaire répondit à un jeune homme qui lui demandait quel était le meilleur style en vers : « Il n'y a de bon que la simplicité et le naturel. » Vous supposez qu'un de vos amis vous adresse par lettre la même question, et vous lui répondez en développant la pensée de Voltaire.

(Basses-Alpes. — Brevet supérieur, juillet 1889. Aspirants.)

En 1770, Voltaire, ayant appris qu'une petite-nièce de Corneille était réduite au dénuement, et que Fontenelle, son parent, ne faisait rien pour elle', la fît venir au château de Ferney. Vous supposerez que, quelques années après, cette jeune fille écrit à une de ses amies d'enfance, pour la mettre au courant de sa vie.

Elle rappelle l'accueil bienveillant qu'elle a reçu de Vollaire, la peine qu'il prend pour combler les lacunes de son instruction, la sollicitude avec laquelle il veille sur sa santé et sur son bienétrè.

Ce n'est pas tout: il prépare en ce moment une édition des œuvres de Corneille, dont le produit doit servir à la doter.

Elle s'applique de son mieux, par son alfection et sa docilité, à reconnaître les bienfaits de son père adoptif.

(Seine. — Brevet supérieur, octobre 1889. Aspirantes.)

1. Distraction ('trange : Fontonello i't:iit mort en 1757. D'ailleurs, la date de 1770 est inexacte aussi : c'fst l'tiO qu'il faut lire.

Turgot, dans une lettre, fait part à Voltaire: 1° de ses projets; 2" de ses espérances; 3° de ses craintes.

(Poitiers. — Baccalauréat de l'enseignement spécial, juillet 1887.)

Vollaire répond à Lebrun, qui avait salué son retour de Ferney à Paris par des vers dont voici la fin:

Mais ne va point troubler ta joie et nos hommages, Ni de tes ennemis éveiller les fureurs. Va, ce n'est qu'aux bienfaits à venger les grands cœurs. Dans la coupe des dieux bois l'oubli des outrages. De ton midi les brûlantes ardeurs

N'ont que trop élevé d'orages ; D'un paisible couchant goûte enfin les douceurs ; Que ton astre à nos yeux y brille sans nuages ! Que tes derniers rayons, plus chers à nos rivages,

N'y fassent naître que des fleurs !

Le goût délicat du jeune marquis de Vauvenargues ne pouvait comprendre tout à fait ni la hauteur tragique de Corneille ni la large simplicité de Molière. Il avait envoyé à Vollaire quelques essais de critique où il se montrait sévère jusqu'à l'injustice pour ces deux grands hommes. Voltaire lui répond par une lettre qui est une leçon amicale.

Il est heureux et fier de voir s'affirmer de jour en jour le talent de celui cjui veut bien voir en lui son maître; mais, par cela même que Vauvenargues se proclame son disciple, il lui impose le devoir de rectifier une opinion qu'il croit au moins exagérée.

Voltaire n'est pas suspect d'indulgence excessive envers Corneille, dont il a plus d'une fois censuré les défauts. Mais Corneille s'est formé tout seul. 11 ne faut pas trop lui opposer Racine, qu'il a contribué à former à son tour, et qui, d'ailleurs, a su rendre un éclatant hommage à son devancier. La différence de leurs génies tient beaucoup à la diû'érence des temps où ils ont vécu. Le héros de la retraite de Prague ne s'est-il jamais souvenu, aux heures de péril, des héros de Corneille?

Moraliste comme la Bruyère, Vauvenargues a perdu de vue, comme lui, les exigences de la scène. Voltaire les lui rappellera, et opposera aux peintures du moraliste celles de l'auteur dramatique. A un autre point de vue, il montrera en Molière « le législateur des bienséances » au xvii« siècle, le poète qui a fondé « l'école de la vie civile », après que le vieux Corneille avait ouvert une école de grandeur d'àme.

Il finira en priant Vauvenargues de moins oublier son propre mot: « Jamais il ne faut juger des bommes parleurs défauts. » Capable de pénétrer les défauts de ces grands bommes, Vauvenargues est digne aussi de comprendre leur rare mérite.

Voltaire écrit à son ami Tbiériot, le 2 janvier 1722, à propos d'une lecture de Ja Henriade, faite au château de la Source, près d'Orléans, où lord Bolingbroke disgracié vivait près d'une nièce de M^^^ de Maintenon, M'"'' de Villette, qu'il avait épousée :

« Après le portrait que je vous fais de milord Bolingbroke, il me siéra peut-être mal de vous dire que M"^" de Villette et lui ont été très satisfaits de mon poème. Dans l'entbousiasme de l'approbation, ils le mettaient au-dessus de tous les ouvrages de poésie qui ont paru en France; mais je sais ce que je dois rabattre de ces louanges outrées. Je vais passer trois mois à en mériter une partie. Il me paraît qu'à force de corriger, l'ouvrage prend enfin une forme raisonnable. Je vous le montrerai à mon retour, et nous l'examinerons à loisir. A l'heure qu'il est, M. de Canillac le lit et méjuge. Je vous écris en attendant e jugement. »

Ce M. de Canillac était un homme d'esprit, ami du régent, mais tenu à l'écart par le cardinal Dubois. On écrira la lettre que Voltaire attendait de lui.

Buffon, longtemps brouillé avec Voltaire, lui avait écrit, en 1774, une lettre adressée à u Voltaire V" », et qu'avait portée à Ferney le jeune Buffon. Dans cette lettre, il comparait à cet « esprit créateur, qui tire tout de sa propre substance », son esprit à lui, Butfon, et son talent, qui n'est que « par imitation et d'après la matière ».

Voltaire répond à BuiTon.

DISSERTATIONS ET LEÇONS

Quel caractère les grands écrivains français du xviii^ siècle ont-ils donné à l'imitation de l'antiquité?

(Paris. — iVÇRÉGATlON DES LETTRES.

Composition, 1832.)

Quelles sont les causes de l'infériorité de la France dans l'épopée?

(Paris. — Agrégation des lettres.

Composition, 1843.)

On recherchera si pour la conduite de la vie c'est une yègle suftîsante que ce mot de Voltaire :

Soyez juste, il suMt : le reste est superflu.

(Paris. — Agrégation des lettres. — Composition latine, 1843.)

Rechercher et exposer les causes de la décadence de la poésie au xviii« siècle.

(Paris. — Agrégatiox des lettres.

Composition, 1845.)

Le cardinal du Perron disait de la langue française, au xvi« siècle : « Les langues commencent par la naïveté et finissent par l'atiectation. »

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