C. de Litt. — Voi.TAiHf:. 'à
Voltaire, vers 1750, écrivait que la corruption du goût lui semblait proche, depuis que le bizarre succédait au naturel.
La prédiction de l'un s'est-elle plus vérifiée que celle de l'autre ?
(Paris, Licence es lettres, avril 1844.)
Discuter cette assertion de Voltaire : « En fait de goût, comme de gouvernement, chacun doit être le maître chez soi. » (Paris. — Devoir de licence, 1887-1888.)
VU
Apprécier les jugements portés par Voltaire sur les principaux écrivains du xvii* siècle.
(Paris. — Licence es lettres, 1895.)
La biographie de Voltaire justiQe-t-elle cette boutade sur luimême : (' 11 est plaisant que les mômes gens de lettres de Paris qui auraient voulu m'exterminer, il y a un an, crient actuellement contre mon départ et l'appellent une désertion. Il semble qu'on soit fâché d'avoir perdu sa victime. »
(Paris. — Devoir de licence, 1897.)
Discuter la justesse du mot que Voltaire emprunte à la Fontaine : « Variété, c'est ma devise, « et rechercher quelle est dans cette variété l'unité de sa vie.
(Paris. — Dkvoiu de licence, 1897.)
Développer le précepte de composition renfermé dans ce
vers :
Le secret d'ennuyer est celui de tout dire.
(Voi.TAiRK, Discours sur l'homme.) (Besancon. — nKvnui dk, i.icknci.:, mars 1879.)
Voltaire critique de la langue et du style de Corneille. (Besançon et Caen. — Devoir d'agrégation DE GRAMMAIRE, mai 1880, avril 1892.)
Expliquer ces vers de Voltaire:
La rime est nécessaire à nos jargons nouveaux, Enfants demi-formés des Normands et des Goths.
■ (Besançon. — Devoir de licence, déc. 1883.)
« A l'égard de la poésie, je ne crois pas qu'elle soit fort distincte de l'éloquence. Un grand poète (Voltaire) la nomme l'éloquence harmonieuse: je me fais honneur de penser comme lui, » (Vauvenargues.)
(Bordeaux. — Devoir de licence.)
Expliquer comment Voltaire a toujours été hostile à Boileau. (Clermont. — Composition de licence, 1897.)
Discuter cette pensée de Voltaire : « La langue paraît s'altérer tous les jours; mais le style se corrompt bien davantage. » (Dijon. — Licence es lettres.)
Expliquez et appréciez ce jugement de M. Faguet : « Volta/re est un bourgeois gentilhomme français du temps de la régence : seulement c'est un bourgeois gentilhomme très spirituel et. très intelligent. »
(Grenoble. — Composition de licence, juillet 1898.)
Î8 COURS DE LITTÉRATURE
Expliquer pourquoi en général le style périodique a dominé au XVII* siècle, et le style vif et coupé au xviii<' et de nos jours.
(Lyon. — Licence es lettres, i886.)
Étudier et discuter cette opinion de Voltaire : « Voulez-vous une petite règle infaillible pour juger les vers? La voici. Quand une pensée est juste et noble, il n'y a encore rien de fait: il faut voir si la manière dont vous l'exprimez en vers serait belle en prose; et si votre vers, dépouillé de la rime et de la césure, vous paraît alors chargé d'un mot superflu, s'il y a dans la construction le moindre défaut; si une conjonction est oubliée; enfin, si le mot le plus propre n'est pas employé ou s'il n'est pas à sa place, concluez que l'or de cette pensée n'est pas bien enchâssé. » {Lettre à Helvétim, 25 avril 1739.) « Que le lecteur applique cette remarque à tous les vers qui lui feront de la peine. Qu'il tourne les vers en prose, qu'il voie si les paroles de celle prose sont précises, si le sens est clair, s'il est vrai, s'il n'y a rien de trop ni de trop peu, et qu'il soit sûr que tout vers qui n'a pas la netteté el la précision de la prose la plus exacte ne vaut rien. » {Remarques sur Sertorius.)
(Certificat d'aptitude a l'enseignement secondairb DES jeunes filles, 1885.)
« Nous nous applaudissons de voir notre langue presque aussi universelle que le furent autrefois le grec et le latin. » (Voltaire, Discours aux Welches.)
« Notre langue est devenue les délices des étrangers et l'objet constant de leurs études. » (Le même, Avertissement de l'édi tion de son Théâtre de 1768.)
(I La langue française n'est ni si abondante et si maniable que l'italien, ni si majestueuse que l'espagnol, ni si énergique que l'anglais; et cependant elle a fait plus de fortune que ces trois langues. » (Le même, Dictionnaire philosophique.)
Voltaire aujourd'hui n'aurait rien à rabattre de ces paroles.
— Vous direz à quelles qualités notre langue est redevable de cette heureuse fortune, à laquelle, d'ailleurs, des causes diverses de succès ont contribué.
Certificat d'aptitude a l'enseignement secondaire des jeunes filles, 1891.)
« Caractériser, dans leurs traits essentiels, la prose de Pas cal (Provinciales), celle de la Bruyère, celle de Voltaire, celjp de J.-J, Rousseau. »
(Certificat d'aptitude a l'enseignement secondaire des jeunes filles, 1898.)
Comparer l'état de la littérature française à la paix de Nimègue (1678) et à la mort de Voltaire (1778). Où y avait-il progrès, et où y avait-il décadence?
(Paris. — Baccalauréat, novembre 1882.)
Des événements accomplis récemment dans un pays civilisé sont-ils propres à faire la matière d'un poème épique? HenrilV a-t-il les qualités qui doivent distinguer le héros d'une épopée?
(Toulouse. — Baccalauréat, 1881.)
Montrer quelle influence Voltaire exerça sur son siècle e comment son esprit fut accessible à toutes les connaissances En même temps qu'il écrivait des tragédies et des ouvrages philosophiques, il préparait des chefs-d'œuvre de narration historique et il faisait connaître les découvertes de Newton. Précurseur de la Révolution de 1780, il défend la cause de la liberté de conscience, de la liberté individuelle; il réclame la liberté de la presse autant que l'adoucissement de la législation criminelle.
(Rennes. — Baccalauréat de l'enseignement spécial, 1886.)
Expliquez ces lignes de Voltaire : « La fierté de l'âme sans 3 aauteur est un mérite compatible avec la modestie. Il n'y a que ! la fierté dans l'air et dans les manières qui choque : c'est l'expression de l'orgueil. Elle déplaît dans les rois mêmes. » {Diction'^'ire philosoi^hique.)
(Montauban. — Lycée de jeunes filles. — Diplôme I DE FIN d'Études.)
« La vraie richesse d'un pays, a dit Voltaire, n'est pas dans l'or et l'argent : elle est dans l'induslrie et le travail. » Développer cette idée à l'aide de raisons iiisloriques, économiques et morales.
(Besançon. — Baccalauréat de l'enseignement spécial. Sciences, 1891.)
Expliquer cette pensée de Voltaire : « La tragédie est une école de bienséance, de raison et d'héroïsme. »
(Professorat des écoles normales. — Leçon.)
Appliquer à l'enseignement des écoles normales le mot de
Voltaire :
Le secret d'ennuyer est celui de tout dire.
Comment peut-on éviter cet écueil sans tomber dans celui de l'enseignement incomplet ou superficiel ? Exemples pratiques.
(Professorat des écoles normales, 1891.)
Voltaire est fort attaqué de notre temps. Il était considéré autrefois comme le représentant par excellence de l'esprit
français. D'où vient son discrédit, et dans quelle mesure ce discrédit est- il justifié? Dites sincèrement votre opinion, en prenant comme point de départ, pour l'approuver ou le combattre, un des jugements suivants à votre choix : «Il est impossible que Voltaire contente, et impossible qu'il ne plaise pas. >> (JouBERT.) — « Il n'est pas donné à tous de faire rire l'esprit. » (Frédéric II.) — « Voltaire était un poète. » (Lamartine.) — « Voltaire met de l'action à tout. >■> (Sainte-Beuve.) — « Voltaire est le démon du xviii« siècle. » (Doudan.)
(Fontenay-aux-Roses. — DEVoia de seconde année.)
« Se croire supérieur à sa profession est le plus sûr moyen d'être au-dessous. « (Voltaire, préface d'Œdipe.)
(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde année.)
Expliquer et discuter cette opinion de Voltaire : « La géométrie laisse l'esprit comme elle le trouve. »
(Fontenay-aux-Roses. — Sciences.)
« Images et précision, ces deux mots sont toute une rhétorique. » (Voltaire.) — Apprécier cette pensée.
(Professorat des écoles normales. — Aspirantes, 1889.)
Voltaire homme, critique et écrivain.
(Professorat des écoles normales d'instituteurs. Leçon.)
Qu'est-ce que le voltairianisme? Y a-t-il un bon, y a-t-il un mauvais esprit voltairien? Essayez de les distinguer et de dire
d'une part, en fait, ce que vous croyez qu'il en reste, de l'autre, en consultant votre propre sentiment, ce que vous souhaitez qu'il en reste.
(Fontenay-aux Roses. — Devoir de seconde année.)
Dans l'œuvre totale de Voltaire distinguer les genres où il a surtout réussi et devait réussir, ceux où il n'a réussi qu'à moitié, ceux où il a échoué, et parla définir ses aptitudes intellectuelles et morales.
(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)
On a dit souvent que Voltaire avait été, moralement, le roi du xviii* siècle. Est-ce tout à fait exact? En jetant un rapide coup d'œil sur sa vie, marquer le moment où il devient, en effet, dans une certaine mesure, « le roi Voltaire »; mariner le moment aussi où d'autres influences s'élèvent en face de la sienne, et dire par quel art il a réussi à garder jusqu'au bout, du moins en apparence, la domination intellectuelle du siècle. (Fontenay-aux-Roses. — Leçon'.)
Développer ce mot de Voltaire sur lui-même :
J'ai fait un peu de bien, c'est mon meilleur ouvrage.
Rechercher dans sa Correspondance quelques faits qui expliquent et justifient cette pensée.
(Professorat des écoles normales. Aspirantes. Leçon, 1895. — Seine. Brevet supérieur. Aspirantes, 1890.)
L'œuvre de Voltaire considérée au double point de vue de l'âpe (]ui précède et de l'âge qui suit; sa situation intermédiaire. Voltaire conservateur et réformateur.
(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)
Que manque-t-il à Voltaire pour être un bon critique, au sens où on l'entend aujourd'hui?
(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)
Que pensez-vous de ce jugement de Diderot sur Voltaire : « Cet homme n'est que le second dans tous les genres? w
Commentez ces vers de Voltaire :
La politesse est à l'esprit Ce que la grâce est au visage ; De la bonté du cceur elle est la douce image, Et c'est la bonté qu'on chérit.
(Drôme. — Écoles normales primaires. — Aspirantes.)
Il n'est point de moisson' ici-bas sans culture.
Expliquer cette pensée de Voltaire. Quelles sont ses diverses applications dans la vie ?
(Vosges. — Écoles normales primaires. — Aspirantes.)
Expliquez et commentez cette phrase de Voltaire : « Les bons auteurs n'ont de l'esprit qu'autant qu'il en faut, ne le recherchent jamais, pensent avec bon sens, et s'expriment avec clarté. » {Lettre à i>/"« ***, 20 juin 17o6.)
(Pas-de-Calais. — Brevet supérieur, — Aspirants,
Développer cette pensée de Voltaire : « Le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin. » (Lozère. — Brevet ELÉUENTAiaK. — Aspirantes, 1887.)
Montrez, par ce que vous avez lu de Voltaire, que le style de cet écrivain peut être considéré comme le parfait modèle de l'esprit français.
(Isère. — Brevet supérieur. — Aspirants, 189î.^
l XLV
' De l'émulation distinguez bien l'envie.
Expliquez cette pensée. Appliquez-la à la direction d'une classe.
(Paris. — Brevet supérieur.)
Développer cette pensée de Voltaire :
Le temps est assez long pour quiconque en profite ; Qui travaille et qui pense en étend la limite.
(Paris. — Brevet élémentaire. — Aspirants, 1894.)
Développez cette pensée de Voltaire :
c'est n'être bon à rien que n'être bon qu'à soi. (Paris. — Brevet élémentaire. — Aspirantes, 1894.)
Appliquer à Voltaire et à J.-J. Rousseau la méthode de critique qui consiste à expliquer en grande partie l'œuvre par l'homme.
(Mézières. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1894.)
Voltaire a-t-il manqué de cœur ? Définir sa sensibilité particulière.
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Ce que Yolâaire pense du théâtre aneieu et du théâtre cîi'aiigero
Il aura suffi d'embrasser d'un coup d'œil d'ensemble cette vie à la fois si agitée et si remplie, pour voir quelle place y liennenl, pendant soixante ans, les œuvres dramatiques, d'Œdipe à Irène, mais aussi pour deviner par où devaient pécher des œuvres conçues et poursuivies à travers tant de préoccupations étrangères. Quand on en vient à parcourir ce théâtre, et surtout les écrits théoriques où Voltaire expose sa conception de la tragédie, on comprend mieux deux choses : combien ce théâtre est intéressant pour qui veut pénétrer et l'esprit de Voltaire et le mouvement des idées au xviu'^ siècle, mais combien il était inévitable, d'autre part, qu'il vieillit bientôt, et ne nous offrît plus, sauf en trois ou quatre pièces peut-être, que cet intérêt de curiosité. Voltaire n'a élé franchement ni un disciple des anciens, bien qu'il ait cru souvent ressaisir leur forte simplicité; nLun imitateur original des étrangers, bien qu'il ait contribué à faire connaître Shakespeare en France; ni un héritier indépendant des grands tragiques du xvii<= siècle, bien qu'il ait commenté Corneille et adoré Racine. Il s'est déclaré le rival, presque l'ennemi de Crébillon, et a tenté de refaire plusieurs de ses pièces ; mais il ne l'a pas fait en vertu d'un principe désintéressé et pi'écis. Novateur, il l'a été, mais plutôt dans le détail et dans l'extérieur que dans le fond, et plus encore par besoin de succès que par besoin de réforme; il ne l'a pas été toujours dans le même sens, et plus d'une fois il s'est contredit, parce qu'avant tout, et toute question de propagande philosophique mise à part, il voulait plaire, satisfait d'atteindre le même but par des chemins différents.
On peut être un novateur au théâtre avec la superbe inconscieuce (ou demi-inconscience) du génie; on peut l'être aussi