‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 71 sur 153 · TITUS · texte numérisé non relu

TITUS

Adieu : je vais périr digne encor de mon père.

(On t'cmmcne.) (V, vu.)

Mais c'est une grandeur faussement romaine, sèche et tendue; le dernier vers est d'un stoïcisme trop peu paternel pour nous émouvoir :

Rome est libre, il niif/il ; rendons grâces aux dieux. 'V, ix.)

Il y avait au fond plus de Corneille (de Corneille outré et gâté) que de Shakespeare dans Brutus. Comme l'auteur d'Horace n'avait voulu présenter au puidic qu'un Horace et qu'un Curiace, l'auteur de Brutus ne voulut donner à Brutus qu'un

seul fils. Au contraire, dans Êri/phile (7 mars 1732i, il y a un souvenir évident de Vllamlct de Shalcespeare, puisqu'on y voit paraître l'ombre d'Ampliiaraûs, qui, trahi par sa femme Éryphile, fut vengé par son fils AIcméon. Sopliocle avait traité ce sujet, mais nous n'avons pas sa tragédie. On peut glisser ici sur Éruphik, qui tient pourtant une si grande place dans la Correspondance de Voltaire, mais dont le succès fut médiocre, malgré ses douze représentations : Voltaire ne la fit jamais imprimer parmi ses œuvres, et plus lard il en fera Sémiramis, où nous retrouverons le même spectre sous un autre nom. 11 suffit de rappeler que le spectre d'Amphiaraiis apparaît à son fils en plein jour, devant tout un peuple assemblé, sur une scène qu'encombraient les jeunes élégants.

KRYPIIII.H.

Ami) Jd (ira lis lui-inciiie ! Où suis-je?

ALCMÉOX.

Oml)re fatale, Quel dieu te fait sortir de la nuit infernale? Quel est ce sang qui coule, et quel es-tu?...

l'ombre.

Ton roi ; Si tu prétends régner, arrête, obéis-moi.

AI.CMlioN.

Eh bien! mon bras est prêt; [larle : que faut-il faire?

LOMBRE.

Me venger sur ma tombe.

ALCIiMON,

Et de qui?

l'ombre.

De ta mère.

Page 1