‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 72 sur 153 · ALCMÉON · texte numérisé non relu

ALCMÉON

jNIa mère!... Que dis-tu? Quel oracle confus... Mais l'enfer le dérobe à mes yeux éperdus '.

I. Cl 0 Voltaire! brillant giMiie. [n-odisiiMix esprit, quelle leron de goût n'auriez- \oiis pas du recevoir ici de l'inculte SliaUcspoarc ? list-il rien de plus froidemejit irivraiseinldiible que ce merveilleux de\:int tout un piHi|ilo et en i)lein midi? i'!st-il rien de ]ilus Hiiblo que les paroles d'Alemcon'.' Oii est la terreur, la solitude, l'cgarcnient d'Ilamlet? » (Villemain.)

LE ÏIICATUE DE VOLTAIRE 2o

« Zaïi'C ))o — Voltaire, Shakespeare et Racine.

■\Iais l'année d'Éryphile est aussi celle de Zaire (13 août 1732) :^ plus qu.'Hainlet, Othello porta bonheur à Voltaire. Voici de quel Ion il présente à ses amis cette nouvelle tragédie, écrite de verve en moins d'un mois :

Tout le monde me reproche ici que je ne mets point d'amour dans mes liièccs. Ils en aur(3nt, cette fois-ci, je vous jure, et ce ne sera pas de la galaniLiie. Je veux qu'il n'y ait rien de si turc, de si chrétien, de si amoureux, de si tendre, de si furieux... Ou je suis fort trompé, ou ce sera la pièce la plus singulière que nous ayons au théâtre. Les noms de Montmorency, de saint Louis, de Saladin, de Jésus et de Mahomet s'y trouveront; on y parlera de kl Seine et du Jourdain, de Paris et de Jérusalem; on aimera, on baptisera, on tuera...

Grand merci, mon cher ami, des bons conseils que vous me donnez sur le plan d'une tragédie; mais ils sont venus trop tard. La tragédie était faite. Elle ne m'a coûté que vingt-deux jours. Jamais je n'ai travaillé avec tant de vitesse. Le sujet m'entraînait, et la pièce se faisait toute seule. J'ai enfin osé traiter l'amour; mais ce n'est pas l'amour galant et français. Mon amoureux ■ ■>t le plus passionné, le plus fier, le plus tendre, le plus généreux, le plus justement jaloux, le plus cruel, et le plus malheureux de tous les hommes. J"ai enfin tâché de peindre ce que j"avais depuis si longtemps dans la tète, les uiueurs turques opposées aux mœurs chrétiennes, et de joindre, dans un même l;ilileau, ce que notre religion peut avoir de plus imposant et même de plus l'ndre, avec ce que l'amour a de plus touchant et de plus furieux '...

L'action se passera entre des Turcs et des chrétiens : je peindrai leurs mœurs autant qu'il me sera possible; et je tâcherai de jeter dans cet ouvrage tout ce que la religion chrétienne semble avoir de plus pathétique et de plus intéressant, et tout ce que l'amour a de plus tendre et de plus cruel-.

C'est seulement à la quatrième représentation que le succès, jusqu'alors indécis, de la pièce fut éclatant : elle eut cinq représentations encore, puis vingt, à une reprise, en novembre. La joie de Voltaire s'épanche dans une lettre à Gideville ' (2o août) :

Mes chers et aimables critiques, je voudrais que vous puissiez être témoins du succès de Zaïre : vous verriez que vos avis ne m'ont pas été inutiles, et qu'il y en a peu dont je n'aie profité. Souffrez, mon cher Gideville, que je me livre îivec vous en liberté au plaisir de voir réussir ce que vous avez approuvé.

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