‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 84 sur 153 · NARD.VS · texte numérisé non relu

NARD.VS

Vous alliez l'immoler.

Cela, c'est la scène obligée et banale de la reconnaissance. Mais le coup de théâtre du quatrième acte, mieux préparé, est plus saisissant, et ce coup de théâtre, il est de Voltaire seuP. Les emportements passionnés de Mérope, qui a retrouvé son fils et craint de le perdre, n'ont rien de commun avec les angoisses d'Andromaque, comme les emportements et les con- Iradictions si humaines de Pyrrhus n'ont rien de commun avec la froide cruauté du soupçonneux Polyphonie. Celui-ci ne comprend rien d'abord à « ce mélange inouï d'horreur et de tendresse; >) mais sa défiance s'éveille quand, bravé par Égislhe, il voit Mérope plaider la cause de celui qu'elle devrait faire périr.

POIATIIONTE.

Malheureux! oses-tu, dans tarage insolente. „

MÉROPE

Eh! seigneur, excusez sa jeunesse imprudente. Elevé loin des cours, et noun-i dans les I)ois, Il ne sait pas encor ce qu'on doit à des rois-.

\. « Le marquis IVlafTei a poussé l'art jusqu'à ne jamais produire sur la scène la mère avec le fils que quand elle le veut tuer, ou pour le reconnaître à la dernière scène du cinquième acte; et je l'aurais imité, si je n'avais trouvé la ressource de l'aire reconnaître le fils par la mère en présence du tyran même, ressource qui ne serait qu'un défaut si elle ne produisait un nouveau danger, vi (Lettre au P. Porée, i'o janv. 17:^9.)

2. « Ce mouvement de Mérope, qui trahit le secret qu'elle voulait garder, celte mère empressée à justifier son fils et qui le dénonce en le justifiant, ces explosions

POLYPHO:sTE.

Qu'cntends-je? quel discours! quelle surprise extrême! Vous, le justifier !

MÉnOPE.

Qui? moi, seigneur?

POLYPHONTE

Vous-même.

De cet égarement sortirez-vous enfin?

De votre fils, Madame, est-ce ici l'assassin?

MER OPE

Mon fils, de tant de rois le déplorable reste. Mon fils, enveloppé dans un piège funeste, Sous les coups d'un barbare...

ISMKNIE.

O Ciel ! que failes-vous ?

POI.YPnONTE.

Quoi ! vos regards sur lui se tournent sans courroux? Vous tremldez h sa vue, et vos yeux s'attendrissent? Vous voulez me cacher les pleurs qui les remplissent?

MÉROPE

Je ne les cache ]ioint, ils paraissent assez;

La cause en est trop juste, et vous la connaissez.

POLVPHONTE.

Pour en tnrir la source, il est temps qu'il expire. Qu'on rimuiole, soldats!

MÉROPE, s'avançanl.

Cruel ! qu'osez-vous dire?

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