‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 97 sur 153 · Lettre au prince royal, 5 août · texte numérisé non relu

Lettre au prince royal, 5 août

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qu'il demandait. L'imprimeur, » ua de ces imprimeurs qui font tout sans permission », était ce libraire Jore, qui devait causer à Voltaire de leriibles embarras par la publication des Lettres philosophiques. Le logement, près de Rouen, fut agréable plus encore que secret, car c'est pendant ce séjour à Rouen que Voltaire se lia d'amitié avec un autre magistrat. Forment, et qu'il acheva deux tragédies, ÉnjphUe et la Mort de César. A la fin de 1731, le livre parut; il fut saisi chez le libraire, qui fut même emprisonné. Les éditions et les contrefaçons ne s'en répandirent pas moins en France et à l'étranger; par une lettre de Voltaire à Brossette (14 avril 1732) on voit que, dès l'année suivante, une édition a paru à Lyon Cet ancien correspondant de Boileau lui proposait quelques corrections, et il les acceptait, car ce souci du mieux est un des traits de la physionomie de Voltaire écrivain et surtout historien. Il accueillait avec plaisir les éloges et profilait des critiques : disgracié et retiré à Rome, le cardinal Alberoni lisait, dans une traduction italienne publiée à Venise, un jugement flatleur sur sa politique; il en l'emerciait chaleureusement Voltaire, et Voltaire n'était pas fâché de faire savoir à ses persécuteurs en place qu'il jouissait de quelque considération dans les pays étrangers'. Mais il lisait aussi les Remarques historiqurs et critiques sur l'Histoire de Charles XII que publiait à Londres, en 1732, le voyageur français la Motraye, et il devait « s'abaisser » à y répondre dans une édition de Hollande qui parut l'année suivante. « L'homme ne méritait pas de réponse; mais, toutes les fois qu'il s'agit de la vérité, et de ne pas tromper le public, les plus misérables adversaires ne doivent pas être négligés 2. »

La vérité, il a prouvé dès lors qu'il en avait le culte scrupuleux. Sur le détail, il a pu se tromper. Il n'était pas soldat, et les grands capitaines qui ont étudié de près sa « topographie », parfois en repassant sur les traces de son héros, l'ont traité de haut; Frédéric 11, qui tint une trop grande place dans sa vie, affecte de dédaigner « un auteur qui n'a fait son cours militaire que dans Homère et Virgile »; dans Napoléon, après Giimm, ne voit dans cette histoire qu'un roman. Mais il ne mentait pas, il n'exagérait pas même son mérite consciencieux, lorsf[u"il écrivait dans les Préfaces des éditions de 1731 et de 1748 : « On n'a pas avancé un seul fait sur lequel on n'ait con-

^. Lettre ù Thiériot, 15 juillet 1735.

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