C. de Litt. — con.NF.n.LE (Le Cid
de-Gompostelle. Il a entenda les appels plaintifs d'un lépreux qui gît enfoncé dans un marécage. Tous s'écartent avec horreur; seul, Rodrigue s'approche, relève le lépreux, le fait monter en croupe derrière lui, partage avec lui son repas et son lit; car il aime à servir les pauvres, et il ne les oublie pas dans son testament. La récompense ne se fait pas longtemps attendre ; pendant son sommeil, ce mendiant lui apparaît sous les traits du bienheureux Lazare, et prophétise sa gloire future.
Saint Pierre vient annoncer sa mort prochaine à Rodrigue endormi. Réveillé, le héros se résigne, et facilement se console en songeant qu'il aura encore de beaux coups à frapper.
Au siège de Sébastopol, pendant une nuit du terrible] hiver de iSoo, un jeune officier d'artillerie, chargé du commandement d'une batterie, avec ordre exprès de rester sur la défensive, ne savait comment préserver ses hommes des dangers du froid, de l'engourdissement, de l'obscurité; près de succomber lui-même à la torpeur, il se mit soudain à réciter à haute voix les belles scènes du Cid; un offlcier d'artillerie lui répond de la tranchée voisine; les soldats écoutent et s'exaltent. Au beau cri: « Paraissez, Navarrais! » un grand bruit se fait entendre; les Russes croient surprendre la petite troupe endormie ; mais ils sont repoussés, et les vainqueurs achèvent la scène de Corneille.
LETTRES
Lettre de Balzac à un ami après la première représevtation du Cid.
Ce grand événement littéraire y sera raconté; l'œuvre par laquelle s'ouvre une nouvelle ère dramatique y sera appréciée avec la vivacité rapide d'une première impression, sans que doivent s"y montrer en rien la solennité et l'emphase recherchées plus à loisir par Balzac. Certains détails, certaines circonstances que Balzac ne pouvait ignorer, devront y trouver place; par exemple, la simplicité de mœurs qui s'alliait chez Corneille à tant de génie; la mauvaise humeur de ses rivaux, désormais si loin de lui; celle de son omhrageus et jaloux protecteur, le cardinal de Richelieu.
(Paris. — Licence, avril 18G9'.)
Lettre de hotron à Corneille.
Le Cid avait, à son apparition, excité un enthousiasme universel. Cependant les poêles rivaux de Corneille, Scudéry, Mairet, Boisroberl, encouragés par Richelieu, résistaient à ce sentiment commun d'admiration. Seul parmi eux, Rotrou avait le cd'ur assez généreux et l'esprit assez élevé pour rester l'ami de Corneille même après son triomphe. On suppose qu'il adresse à l'auteur du Cid une Icllre chaleuieuse, en témoignage de sa profonde admiration et de sa fidéh! amitié.
Il est encore tout ému des beaux vers qu'il a entendus, et il
I. Co sujet n'a qu'un iléfaul ; c'pft quo Balzac n'a pu assister à la preniièip re ini'sentation du (.'iil. — Aux c.\aiiieiis du lirevct supérieur (Puy-de-llônie. aspiianli'S, 1887) on a donné un sujet an;ilnpiie : Lettre de Rotrou à iin de ses amis pour lai raconter la première represcidation du Cid.
lient à le dire à Tauteur du Cid, surtout en un moment où des gens difficiles affectent de juger autrement que tout Paris.
Le Cïd est un chef-d'œuvre; son auteur est aujourd"inii le roi du théâtre. Corneille a jusqu'ici modestement appelé Rotrou <i son père »; maintenant le père est devenu l'écolier.
Les critiques plus ou moins fondées dont le Cid est l'objet ne prouvent rien contre le mérite de l'œuvre; et, quel que soit le jugement que doive porter l'Académie, Corneilie n'a pas à craindre celui de la postérité.
(Concours de l'École normale, 1866.)
Lettre de Corneille à M. de Chdlon.
Un vieux courtisan retiré à Rouen, M. de Châlon, avait conseillé à Corneille d'emprunter des sujets aux auteurs espagnols. « Apprenez leur langue, lui disait-il, je m'offre de vous en montrer ce que j'en sais, et, jusqu'à ce que vous soyez en état de lire par vous-même, de vous traduire quelques endroils de (juilliem de Castro. »
Vous supposerez une letlre de Corneille, écrite de Paris à M. de Cbàlon, après la représentation du Cid. 11 le remercie, lui raconte l'effet produit par les premières représentations; mais son œuvre a déjà des ennemis et des jaloux.
(Douai. — Baccalauréat.)
M. de Chàlon, ancien secrétaire des commandements de la reine mère, s'était retiré à Rouen. Là le vieux gentilhomme connut le jeune poète Pierre Corneille, lui conseilla d'étudier les Espagnols, et en particulier Guilhem de Castro. Après le succès éclatant du Cid, Georges de Scudéry publia « que le sujet ne vaut rien du tout; qu'il manque de jugement en sa conduite; qu'il a beaucoup de méchants vers; que presque tout ce qu'il a de beautés sont dérobées; et qu'ainsi l'estime qu'on en fait est injuste. » Vous supposerez une lettre de M. de Chàlon à Scudéry.
(Douai. — Baccalauréat, novembre 1884.)
Le père de Corneille, malgré les succès déjà obtenus par son fils Pierre, ne le voyait pas sans inquiétude quitter le barreau pour le théâtre : la famille était nombreuse et pauvre; la profession de bel esprit rappoi'tait peu. Vous supposerez la lettre écrite par Pierre Corneille à son père, le lendemain du jour où le Cul avait été joué au théâtre du Marais (fin de décembre 1636) : émotions de l'auteur avant la représentation; récit de celte représentation; résolution que prend le jeune homme; ses projets.
(Douai. — Baccalauréat, juillet I880.)
Lettre de Corneille à M. de Chàlon, secrétaire des commandements de la reine, qui lavait-engagé à étudier la langue et la littérature espagnoles, pour lui annoncer qu'il vient de trouver le sujet du Cid, et qu'il se dispose à le porter sur la scène françai.se.
(Douai. — Baccalauréat, juillet I880.)
Lettre de Rotrou, rival et ami de Corneille, à un de ses amis de Rouen pour lui raconter la première représentation du Cid. (Douai. — Baccalauréat, novembre 1886.)
Lctlrr de Corneille ù Richelieu.
Corneille écrit à Richt-lieu pour lui dire qu'il attend avec confiance le jugement do l'Académie française sur le Cil.
Il se disculpera dans cette lettre d'avoir voulu réhabiliter le duel et glorifier l'Espagne, ennemie de la France.
Il espère que le cardinal ne lui retirera ni sa bienveillance ni sa protection.
(Lyon. — Baccalauréat.)