V. Fabre, Éloge de Corneille
La tragédie d'Horace, entre toutes les œuvres de Corneille, est peut-être celle qui exhale le plus d'héroïsme, celle qui fait verser le plus abondamment ces larmes viriles, présage des résolutions magnanimes. Jamais, dans l'antiquité elle-même, le patriotisme n'a parlé si éloquemment que par la bouche du vieil Horace. Chacun des vers de Corneille dépose dans l'àme un ferment de vertu. C'est là sa grandeur; elle supplée largement le peu d'adresse dans la conduite des scènes et la monotonie dans la peinture des sentiments et des caractères.