Piotrou, C/é'if/énor et Doristéi', IV, m
doute. Corneille semble avoir compris que sa comédie ne renvoyait personne pleinement satisfait ; il a donc voulu la compléter, et, autant peut-être pour nous rassurer sur l'avenir de Dorante que pour exploiter un succès lucratif, il a écrit lu Suite du Menteur.
La « Suite du lleuteur »•
Si l'on s'en rapportait au titre et aux apparences, la Suite du Menteur, représentée vers la fin de 1643, serait la continuation logique de la pièce qu'elle suppose et dont elle renouvelle eu vingt endroits les souvenirs encore présents. Corneille prend visiblement plaisir à nous renvoyer au chef-d'œuvre dont le succès incontesté lui semble garant d'un succès nouveau. Luimême il nous apporte le témoignage de son triomphe, qu'il met dans la bouche de Cliton ^I, i, :
Mon nom? — Oui, dans Paris, en langage commun. Dorante et le M'^nteur à jin-scnt ne font qu'un. Et vous y possédez ce haut degré de gloire Qu'en une comédie on a mis votre histoire...
— Cette pièce doit être et plaisante et fantasque. Mais son nom? — Votre nom de guerre, le Meilleur.
— Les vers en sont-ils bons? Kait-on cas de l'auleur?
— La pièce a réussi, quoique faible de style.
Un remarquera l'étrange critique que Corneille fait de sa propre pièce. C'est par le style surtout que le Menteur nous parait un chef-d'œuvre ; c'est par le style qu'il pèche aux yeux de son auteur. Faut-il suspecter la sincérité de cet aveu ? Mais Corneille le reproduit dans VExamcn placé en tèle de la Suite du Menteur, mieux écrile, à l'en croire, que la comédie qu'elle continue. On ne saurait admettre sans réserve un tel paralb-le. D'autre part, si le poète, avec un naïf orgueil, reconnaît que. cette pièce, « faible de style », a réussi pourtant, il exagère vraiment la modestie quand il attribue la meilleure part de son succès au talent des acteurs qui ont interprété sa pièce, quand il fait de l'un d'entre eux, Jodelet, un éloge capable de décourager à jamais les Clitons modernes. 11 parait bien (|ue le rCilo de Cliton, tenu par Jodelet, fut un des grands atlraits de cv
spectacle, si digne d'ailleurs de plaire par d'autres côtés aux délicats. Pour faire rire, Jodelet n'avait qu'à paraître; tout eu lui divertissait la foule :