‹ Cours de littérature à l'usage des divers examensChapitre 79 sur 94 · LETTRES ET DIALOGUES · texte numérisé non relu

LETTRES ET DIALOGUES

Un contemporain écrit à Corneille : 1° pour le féliciter (lavoir donné aux comédies de sa jeunesse une sœur charmante qui les fera oublier; 2° pour critiquer le dénouement du Menteur et regretter qu'il n'en sorte pas une leçon morale plus claire ni plus complète.

Corneille répond à ceux qui l'accusaient d'avoir donné dans le Menku)' un tour séduisant au vice.

« Oui, mon cher Despréaux, disait Molière à Boileau, je dois beaucoup au Menteur. Lorsqu'il parut, j'avais bien envie d'écrire, mais j'étais incertain de ce que j'écrirais : mes idées étaient confuses ; cet ouvrage vint les fixer. Le dialogue me lit voir comment causaient les honnêtes gens... Enfin, sans le Menteur, j'aurais sans doute fait quelques pièces d'intrigue, mais peut-être n'aurais-je jamais fait le Misanthrope. — Lnihrassez-moi, dit Despréaux, voiUi un aveu qui vaut la meilleure comédie. »

Fr. de Nelfchateai-, l'Esprit iln ijrand Corneille^

DISSERTATIONS ET LEÇONS

Le caractère de Géronle dans \e Menteur.

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1878.)

Expliquer !e jugement de Corneille sur sa pièce du Menteur. (Paris. — Leçon d'agrégation, 1878.)

Etablir une comparaison entre le soldat fanfaron de Plante et le Dorante du Menteur.

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1885.)

Le style comique de Corneille d'après les deux comédies du Menteur. (Paris. — Leçon d'agrégation, 1885.)

Apprécier et développer ces paroles de Voltaire, qui, parlant du Menteur, dit : « Ne rougissons point d'être venus tard dans tous les genres. C'est beaucoup que, dans un temps oCi l'on ne connaissait que des aventures romanesques et des turpitudes, Corneille mit la inorale sur le théâtre. »

(Aix. — Devoir d'agrégation, février 1885.)

Corneille, appréciant sa pièce du Menteur, y trouve deux défauts principaux : le manque d'unité dans l'action [Examen] et la faiblesse des vers [Ëpilre). Discuter ce double jugement.

(Clermont. — Devoir d'agrégation.)

« Rodoguiie » et Corneille. — Les unités.

On sait quelle était la prédilection de Corneille pour celtetragédie, qu'il sentait toute à lui. «Il a écrit quelque pari, dit Voltaire, que pour trouver la plus belle de ses pièces il fallait choisir entre liodogune et Cinna; et ceux à qui il en a parlé ont tlémèlé sans beaucoup de peine qu'il était pour Rodogune. Il ne m'appartient nullement de prononcer sur cela; mais peut-être piéférait-il Rodogune parce qu'elle lui avait extrêmement coûté : il fut plus d'un an à en disposer le sujet. Peut-être voulait-il, en mettant sonaiïeclion de ce cùté-là, balancer celle du public, qui parait être de l'autre. » Avec quelle tendresse paternelle, avec quel orgueil naïf, Corneille revient à cette même Rodogune, dans son Examen, et lui découvre sans cesse de nouvelles beautés! Il n'avait pas eu besoin ici de dénaturer l'histoire pour s'y tailler un drame. II ne voulait être ni servile imitateur ni inventeur romanesque. Seulement il se sentait plus à l'aise dans une fable dramatique comme celle de Rodogune, et il l'avouait avec une sincérité parfaite'. « II m'était beaucoup moins permis dans Horace et dans Pompée, dont les histoires ne sont ignorées de personne, que dans Rodogune et dans jSicomèdc, dont peu de gens savaient les noms avant que je les eusse mis sur le théâtre. » Si donc il s'est permis de modifier le dénouement que l'histoiresemblait im[)Oscr à la tragédie, c'est qu'usant d'une liberté légitime, il a cherché et trouvé un dénouement plus propre, seloiv lui, à produire un eflét dramatique. Mais c'est la règle des trois unités, tout récemment découverte, qui fut le principal souci de Corneille. Rodogune se conformait-elle à celte règle, que son auteur n'avait pas toujouis connue? Crave sujet d'embarras. Corneille parle piui de l'unité d'action; sur ce point, il croit sans doute qu'une lecture de sa pièce suflit à la justifier; lors-

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