‹ Cours de littérature à l'usage des divers examensChapitre 82 sur 94 · C. de Litt. — c.ORyvM.w. Ilodoijuiw · texte numérisé non relu

C. de Litt. — c.ORyvM.w. Ilodoijuiw

LETTRES

Réponse de Condé à l'Épître dédicatoire de Rodogune.

Segrais voyait en Rodogune le chef-d'œuvre de Corneille. Boileau lui écrit pour le reprendre de celte exagération.

Il admire comme lui les belles fureurs de Cléopâlre.

Mais les beautés superbement tragiques du cinquième acte ne lui cachent pas les faiblesses qui déparent çà et là les premiers.

Il est inexact de dire que Rodogune est le chef-d'œuvre de Corneille; mais on n'aurait pas tort de croire qu'elle est une œuvre unique dans son théâtre et dans le théâtre français.

En 1760, une représentation extraordinaire de Rodogune fut donnée par les comédiens du roi au profit d"un neveu du grand Corneille , Jean-François Corneille, celui-là même dont la fille devait peu après être recueillie par Voltaire. La proposition était venue, parait-il, de Tilon du Tillet ; une délibération tumultueuse des comédiens s'engagea aussitôt et menaça de ne jamais aboutir, car chacun tenait à jouer son rôle dans celte solennité littéraire. C'est Rodogune qui fut enfin choisie, et les comédiens en avertirent le public par l'annonce suivante :

« Les comédiens ordinaires du roi, pénétrés de respect pour la mémoire du grand Corneille, ont cru ne pouvoir en donner une preuve plus sensible qu'en accordant à son neveu, seul rejeton de la famille de ce grand homme, une représentation. Ils donneront lundi prochain, 10 mars 1760, à son profit, Rodogune, tragédie de Pierre Corneille. »

On suppose que le doyen des comédiens écrit à Jean-François Corneille pour lui annoncer la résolution prise par la société de venir en aide à un homme qui porte le nom du grand tragique, et lui dire pourquoi, entre toutes les pièces cornéliennes, on a choisi Rodogune.

DISSERTATIONS ET LEÇONS

Kxaminer les raisons que peut avoir eu Corneille de préférer hodogime à ses tragédies, et en particulier à Cinnu.

(Agrégation des lettres. — Composition, 1879.)

Comparer la Clytemnestre de Racine et la Cléopàtre de Corneille. (Leçon d'agrégation, 1879.)

Étudier au point de vue dramatique l'acte V de Rodvgune.

(Leçon d'agrégation, 1889.)

Appliquer au théâtre de Corneille cette pensée de la Rochefoucauld : « Il y a des héros en mal comme en bien. »

(Besançon. — Devoir de licence, mars 1881.)

Doit-on approuver pleinement ce jugement de Voltaire : N'est-il pas vrai que le grand tragique ne se rencontre que ilans la dernière scène de Rodofjune ? Mais ce sublime, sur quoi est-il fondé? Sur quatre actes bien défectueux. »

La Rodogune de Corneille et celle de Gilbert. Prouver, contre Voltaire, l'évidente ori;.'inalité de la Rodnijinu' ooriiélienne. (On trouvera les éléments de ce débat dans l'Introduction de noire édition de Rodogiine.)

VU

Comparaison de Cléopàtre et d'A::iippine.

VilIefranche-ile-Houergue. — J. iJ.iiiloiii, iiupr.

Quelle est la part des cvéneinents eoiiteuiporains daus « \ieoiuède » '*

yicomède est un drame historique, antique par le fond, nio- «liine par l'accent. Pour en bien pénétrer le double caractère, il ne faut oublier ni que Corneille devenait par la pensée le contemporain des Romains qu'il fait parler et a^ir, ni qu'il riait par le fait le spectateur de la Fronde.

On y peut donc faire deux parts : celle de la tragédie, qui •^■st touie romaine; celle de la tragédie-comédie, ou de la co-

lédie même, qui est toute française.

Est-ce à dire qu'en cette œuvre, si curieuse par la fusion do tant d'éléments divers, il faille voir, avec quelques-uns, une allusion directe aux événements de la Fronde? Non, sans doute; mais les événements ont fait valoir l'œuvre, parce que l'esprit •lu temps y vivait.

En peignant Micoméde, Corneille n'a-t-il pas songé à ce jirince de Condé, prisonnier alors, mais qui devait bientôt sortir de sa prison « comme un homme tjui élait plus en état de î. ire glace que de la demander' »? Tous deux ne sont-ils pas d glorieux soldats qui font sonner bien haut leurs exploits et ru dent la reconnaissance pesante à ceux qu'ils ont trop bien se. vis? N'ont-ils pas le même mépris du danger, la même ironie hautaine, volontiers agressive, qui brave en face l'adversaire, le même penchant à la raillerie cruelle? Ne tombent-ilspas daus les mêmes pièges, par trop de conliance en euxmêmes?Nensoitent-ils pas victorieusement, à l'égale confusion de leurs ennemis? Mais là s'arrêterait la ressemblance. Quaml

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