‹ Cours de littérature celtique (volume 2)Chapitre 11 sur 108 · ODYSSÉE · texte numérisé non relu

ODYSSÉE

On peut donc conclure que, dés l'époque homérique, vers le neuvième siècle avant J.-C, un groupe celtique, les Goidels, était déjà établi dans les Iles Britanniques. Toutefois les Goidels, c'està-dire les Irlandais et leurs frères des Highlands en Ecosse et de l'ile de Man, forment un groupe celtique qu'il faut distinguer des Gaulois, c'est-àdire des Celtes, KeXtoi, de l'antiquité grecque.

Le fait que les Phéniciens allaient en Grande- Bretagne au neuvième siècle avant noire ère, et en ont apporté aux Grecs un nom d'origine [)robablement celtique, est fort curieux. Or dans \'0dyssée (1), un passage paraît attester la connaissance d'un des phénomènes les [dus intéressants qu'on puisse observer dans les lies Britanniques. Ce n'était pas en hiver, c'était en été que les Anciens, arrivant du bassin de la Méditerranée, ou d'un port de l'Espagne méridionale sur les bords de l'Océan, se risquaient à un long voyage, comme

p. 145-I'iG. Publias Crassus, consul en l'au C57 tie Rome, avant J.-C. 97, eut, comme proconsul, le gouvernement de l'Espagne méridionale, pendant les années de Rome G58-CG1 , 9G-93 avant J.-C; il est le premier Romain qui ait pénétré dans les îles Cassitérides, lisez Britanniques; cf. Mommsen, Rômische Geschichie, 6" édition, t. II, p. 208; Pauly, Realencyclopaedie, t. IV, p. 10G3.

(1) Sur l'Odyssée, voyez Christ, g 30, p. 44-4G; Croiset, t. I, p. 318-327.

ÎO § 3. ODYSSÉE.

celui des Iles Britanniques; or, ce qui les frappait surtout était la longueur des jours d'été dans cette région septentrionale. Pline l'Ancien (1. II, § 186) fait observer qu'en Grande-Bretagne il y a en éié des journées de dix-sept heures, et môme des nuits lumineuses, lucidx nodes, tandis qu'en Italie quinze heures est le maximum de la durée du jour. Tacite {Agricola, 12) dit que, dans le nord de la Grande-Bretagne, il y a des jours où la nuit est claire, nox clara, et qu'alors, entre la fin d'une journée et le commencement de la suivante, il y a un intervalle très court : ut finem atque initium lucis eœiguo discrimine internoscas.

Ces textes sont le commentaire d'un passage de VOdijssée, chant X, vers 81-86. Il s'agit du pays des Lestrygons, « où le berger rentrant avec son troupeau, appelle un autre berger qui fait sortir le sien. En ces lieux, un pâtre qui ne dormirait point gagnerait deux salaires, l'un à garder les bœufs, 'l'autre à faire paître les moutons blancs, tant les chemins du jour sont proches des chemins de la nuit. »

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Ce pays des Lestrygons aux longues journées et

(1) Odyssée, chant X, vers 86, 9° édition Ameis, donnée chez Teubner en 1893 par C. Hentze, t. 1, 2» partie, p. 100, 101, note. La doctrine exposée dans cette note est celle de Karl Mûllenhoff, Deulsche Alterlumsiiunde, t. I, 2° édition, donnée par Max Roediger en 1890, p. 5-8,

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