‹ Cours de littérature, conforme au plan d'études des LycéesChapitre 19 sur 109 · POBS · texte numérisé non relu

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On entend par fable le développement de Taction \ les parties essentielles de l'action sont l'exposition, le nœud et le dénoûment. L'exposition fait connaître le sujet et pressentir les obstacles; le nœud se forme des incidents qui s'opposent k Taccompli»sement de l'action ; le dénoûment lève ou consomme les diCBcultés de l'intrigue par une issue favorable ou par une catastrophe. Les révolutions opérées dans la situation du principal personnage prennent le nom de péripéties.

Ce que nous avons dit des mœurs de l'épopée s'applique également aux mœurs de la tragédie.

La tragédie lyrique, originaire d'Italie, acclimatée en France sous le règne de Louis XIV, a beaucoup plus de liberté que la tragédie proprement dite ; dans ce genre, destiné surtout k charmer les yeux e( les oreilles, la poésie est subordonnée à la musique et Faction k la décoration. Le besoin d'une harmonie continue condamne la langue k de nombreux sacrifices sous le rapport de Ténergie, de la variété, et même de la propriété de l'expression. L'action, qui doit amener sous les yeux du spectateur toutes les magnificences de l'art et de la nature, est forcée de prendre du temps et de l'espace et de se jouer des unités secondaires de lieu et de temps. On conçoit la sévérité de Boileau contre un spectacle qui se donne de pareilles licences, et qui, n'ayant d'autre règle que le plaisir, risque de corrompre en.méme temps la pureté de l'art et de la morale.

Comédie. — La comédie a pour but d'amuser et d'instruire par le tableau des travers et des vices

chants du chœnr lyrique, par Tintroduction d'un acteur unique qai interrompait les strophes chantées en racontant quelque aventure héroïque. Eschyle fit paraître un second acteur, et créa le dialogue. Ces progrès successifs de Taciion et du dialogue dramatique réduisirent le rdle du chœur, qui finit par urètre plus que le témoin et le juge moral de l'action.

ridiculisés * . La comédie n'est pas directement morale comme la chaire ou les traités didactiques; elle instruit comme l'expérience. Nous avons vu ailleurs, en traitant du goût, quelle est la valeur morale du sens comique développé par la représentation des ridicules de l'humanité.

L'action du drame comique est soumise, comme celle de la tragédie , k la loi de l'unité ; mais son étendue, qui ne va pas au delà des limites de cinq actes, peut s'arrêter à un seul, selon l'importance du sujet et la complication ou la simplicité de la fable.

Les mœurs comiques sont plus variées que celles de la tragédie, car elles peuvent s'élever jusqu'à la noblesse et descendre a la vulgarité. L'art du poète comique brille surtout dans la composition des caractères. En effet, le personnage qu il met en scène n'est pas la copie d'un modèle donné -, il n'est fourni ni par l'histoire ni par l'observation immédiate ; il se forme de la réunion des traits épars que l'auteur comique rassemble sur une seule figure qui doit représenter, non pas un individu, mais une classe entière . Le succès d ans ce genre est le privilège du génie. Molière, en France, et Cervantes, en Espagne, dans un genre différent, ont surtout atteint la perfection ; ils ont été véritablement créateurs; ils ont formé des types ^ qui ne périront pas, et qui, semblables aux idées de Platon, contiennent, dans une image individuelle, la représentation de toute une famille morale : c'est ici le lieu d'employer l'expression d'Horace : res prodigialiter una.

1. Le Yîce est naturellement o<1ieu\; il ne devient ridicule que lorsqu'il cesse de réussir et qu'on le place dans une situation plaisante.

2. Un type est une création véritable qui a son point de départ dans Tobservation , son origine dans Tabstraction et son achèvement dans ri magi nation ; en effet, les traits dont il se compose, donnés par Tobservation , dégagés par l'abstraction , sont mis en œuvre et vivifiés par Timagination.

Les sources du comique * sont nombreuses. Le rire naît a l'aspect de certaines difformités physiques et morales qui n'ont rien de repoussant. Le défaut de proportion dans les traits, les travers du caractère , les manies de Tesprit , quand elles ne nous blessent pas directement, provoquent le rire. On rit d'une chute , d'une dissonance, d'un manque de grâce mêlé à la prétention de plaire -, de Tavortement d'un bon mot^ d'une raillerie piquante , surtout quand celui qu'elle atteint ne s'en doute pas. Le comique se rencontre dans les formes , dans les situations, dans les idées, dans les mots mêmes façonnés ou placés d'une certaine manière. Les contrastes, les surprises, les méprises, les mécomptes, engendrent le rire : on peut rire de tout , de rien même, par voie de contagion, lorsqu'on rit. La balourdise comme la mahce, la gravité comme la folie, fournissent des matériaux au comique. Cest dans ce Taste champ que la comédie moissonne pour plaire et pour instruire.

La comédie , considérée dans son objet , est ou personnelle ou générale : dans le premier cas , elle attaque les personnes , comme dans Aristophane ; dans le second , elle représente les mœurs de la société , comme dans Ménandre , Térence et Molière.

Sous le rapport des ressorts qu'elle emploie , la comédie se divise en comédie de mœurs et en comédie d'intrigue. La comédie de mœurs se propose, ou de mettre en relief un caractère unique^ ou de peindre un côté spécial des mœurs générales®. Elle est ou noble , ou bourgeoise , ou populaire , selon les personnages qu'elle met en scène. La comédie

1. Comique est un terme générique qui embrasse le ridicule, le gai, le plaisant» le bouffon, le grotesque, le burlesque, etc.

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