Athalie, acte III
de r^araération des parties ta conclusion du tout . Ici, je ne puis m'empécher de citer un passage qui s'est depuis longtemps grayé dans ma mémoire , et qui, bien que tiré d'un ouvrage didactique, porte le cachet de l'éloquence : u Si je voulais, dit M. Le Qef c * , prouver que les méchants ne peuvent être heureux, j'examinerais la destinée de tous ceux qui se sont signalés par des crimes ; je prendrais surtout mes preuves dans les conditions tes plus fortunées en apparence : je montrerais Tibère, ce tyran cruel et subtil, avouant lui-même que ses forfaits sont devenus pour lui un supplice, faisant retentir de ses cris les antres de Caprée , et cherchant en vain, dans son infâme solitude, un remède a ses tourments ; je citerais Néron, le meurtrier de son frère, de sa mère, de ses femnotes, de ses maîtres, l'auteur de tant de crimes, livré à d'éternelles horreurs, dans des transes qui vont jusqu'à l'aliénation d'esprit, croyant apercevoir les enfers entr'ouverts sous ses pas et les Furies qui le poursuivent, ne sachant comment échapper à leurs flambeaux vengeurs , et cherchant moins dos amusements que des distractions 4ans ses fêtes somptueuses et insensées ; je parcourrais l'histoire de cette foule de scélérats qjui , au comble de la grandeur et de la puissance, n'ont pu trouver le bonheur; et, de tous ces exemples, je conclurais que le bonheur n'est point fait pour les méchants. » On comprend quelle sei*ait la force d'mn argument ainsi présenté 5 mais on voit aussi qu'il suffirait d*unê exception constalé^^ ou d'un doute sur l'universalité de ce rapport etilre le crime et le malheur, pour ruiner la base du raisonnement.
Vargument persmmel tire sa principale force des passions qu'il excite. Cicéron obtenant la grâce de