Je mangeais de la cendre en guise de pain
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(1408) pour l'apologie du duc de Bourgogne, meur^ trier du duc d'Orléans * . La majeure vraimenl monstrueuse de ce discours , divisée d'abord en quatre parties, se subdivise presque \k l'infini; et pour en donner une idée , il suffira de dire que la troisième des huit vérités destinées k éclairer la quatrième partie de la majeure s'appuie sur douze autorités tirées en T honneur des douze apôtres (trois par trots pour plus de symétrie) , de la philosophie , de la théologie, des lois civiles et de l'Écriture sainte. Quel moyen de ne pas s'égarer dans un pareil labyrinthe ?
De la nanation.
On donne le nom de narration soit au récit -rapide, soit au tableau détaillé des circonstances d'un fait. La narration doit être assortie au but qu'on se propose d'atteindre. Le poëte qui veut plaire, l'historien qui veut* instruire, l'orateur qui veut convaincre, ne raconteront point de la même manière.
La narration poétique admet tous les ornements propres k charmer l'imagination -, la narration historique, dans sa noble simplicité, se contente àe présenter avec exactitude l'enchaînement réel des faits 5 la narration oratoire , tout en respectant la vérité, les dispose dans un jour favorable a l'intérêt de la cause que l'orateur défend.
Les qualités communes a tous les genres de narration sont la clarté et l'intérêt : la clarté naîtra de l'ordre et de l'enchaînement naturel des circonstances ^ l'intérêt tient a l'art d'éveiller la curiosité et de ne la satisfaire qu'au terme du récit.
Cicéron veut que la narration oratoire soit courte, claire et vraisemblable. La brièveté est une qualité
1. Chronique de Mon^^treTet; BisioiredBS dues de Bourgogne, par M. de Baraate.
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relative , elle est subordonnée h l'importance et au nombre des circonstances; on ne Tatteint pas en employant peu de mots , mais en exposant les parties essentielles du fait avec précision. Tous les détails inutiles sont des longueurs , quelle que soit la précision du langage. Rien n'est plus fastidieux que ces conteurs qui ne vous font grâce d'aucun détail de lieu , de temps et de costume , et qui s'arrêtent k chaque instant quand l'auditeur est impatient d'arriver au but. Ce n'est pas toujours qu'ils prodiguent les mots , car ils peuvent être précis dans leurs paroles, quoique prolixes dans leurs récits. (( Soyez vif et pressé dans vos narrations , » a dit Boileau : et, s'il eût entendu par la pressé d'arriver, il aurait donné comme conseil l'éloge d'Horace sur Homère : Semper ad eventum festinat * . Le modèle de la brièveté dans la narration sera toujours l'héroïque bulletin de César : Veni^ vidi, vici *.
c( La narration sera claire, dit Marmontel d'après Cicéron , si les faits y sont à leur place et dans leur ordre naturel; s'il n y a rien de louche, rien de détourné, point de digression , rien d'oublié que Ton désire, rien au delà de ce qu'on veut savoir : car les mêmes conditions qu exige la brièveté, la clarté les demande ; et si une chose n'est pas bien entendue , souvent c'est moins par l'obscurité que par la longueur de la narration. Il ne faut pas non plus y négliger la clarté des mots en eux-mêmes et la lucidité de l'expression en général ; mais c'est une règle commune à tous les genres de discours. Quant k la vraisemblance, elle consiste a présenter les choses comme on les voit dans la nature ; a observer les convenances relatives au caractère , aux mœurs , k la qualité des personnes ; k faire accorder le récit
1. « Il se liÂte toujours yers le dénoûment, » t, « Je suis tenu, j'ai vn^j^ai tbiaou. k
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avec les circonstances du lien , de Theure où Taclion s'est passée , et l'espace de temps qu'il a fallu pour Texécuter *, k s'appuyer de la rumeur publique et de l'opinion même des auditeurs. »
Toutes ces règles sont fondées en raison , et Cieéron les a observées dans la narration du meurtre de Clodius^ qu'on citera éternellement comme on modèle : elle a cette brièveté qui n'exclut ni les développements ni les ornements, mais qui rejette tout ce qui serait superflu ; elle est claire, parce que les faits s'y enchaînent naturellement : elle est vraisemblable, parce qu'elle n'offre rien de contradictoire-, elle est intéressante, parce qu'elle peint fidèlement, et qu'elle soutient l'attention jusqu'au récit de la catastrophe qui la termine. Mais son principal mérite comme moyen judiciaire, c'est de préparer la démonstration de l'innocence de Milon en établissant le cas de légitime défense.
Dans le genre judiciaire , la narration est habituellement le prélude et le germe de la preuve; quelquefois elle forme la preuve elle-même, comme dans les discours contre Verres, dont la culpabitité est démontrée par le récit successif des faits; dans le genre délibératif , elle se lie k la discussion dont elle prépare les conclusions ; dans le genre démonstratif , elle est le fonds même du discours; elle a rarement place dans le sermon , qui n'est souvent que le développement d'une yérilé morale ou relî** gieuse.
9e la confirmaMon.
La confirtnalion est la partie du discours qui cokê* tient k développement du sujret ; dans le gonm judi^ ciairQ, elle est le lien de l'argumentation. L'^e&ordeÇ la proposition et la division n'étaient qu'un prélude avant d'entrer en matière v la , confirmation #st le corps même et la substance diu^ discours. Dans le
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genre délibératif, elle se compose de l'eiïseinble des motifs qui doivent amener la décision *, dans le genre démonstratif, elle comprend le récit des faits qui justifient le blâme ou l'éloge, et elle se fond avec la narration -, dans le genre religieux , elle contient le développement des différents points que renferme la division du discours.
Les conseils que nous allons exposer se rapportent plus spécialement h la confirmation judiciaire, dans laquelle il faut surtout considérer le choix el Tarrangement des preuves, la manière de les traiter et de les lier.
Le premier soin de l'orateur doit être de choisir, entre les preuves qui se présentent k son esprit, celles qui laissent le moins de prise au doute et a la réfutation; il faut qu'il les pèse, et non qu'il les compte iponderantur, non numeranturWJne multitude de preuves peu concluantes nuit plus qu'elle w sert ; car, lorsqu'on voit Torateur insister sur un argoment de médiocre valeur, on suppose qu'il a' peu de ressources, et on va jusqu'à suspecter les raisons solides qui se trouvent en pareil voisinage: la faiblesse des unes fait tort a la force des autres, et on peut dire contre le proverbe : « Ce qui abonde jficie. » Il faut écarter, autant que possible, \es raisons qui contiennent un mélange de bien el de mal :^ car le mal frappe plus que le bien. Qu'on se garde surtout d'employer les arguments qui peuvent 6«s rétorquer ; car rien ne blesse plus sûrement que le^ traits qui re^ieonent sur ceux qui les ont lancés.
L'ordre des preuves n'est ni absolu ni arbitraire^ mais r^aitif a \^ eai^s^ qn'im tf aite el aux disposi^n tionade l'auditoire. La spéculation pure admet deux <»p4re3 d6 bn^HIe, qu paraissent ^alenumt favo-