I. LUtéraiure. O
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tatioû puremeut scientifique , dont les habitudes sévères n'admettent aucun ornement.
Développer ou amplifier une preuve, c'est donner au raisonnement la meilleure forme possible ; c'est mettre en relief toute sa force, et non la délayer par l'abondance des mots. Voici la définition qu'en donne Cicéron : Est amplificatio gravior quœdata affirmatio quœ motu animorum conciliet in dicendo fidem * . Ainsi, elle a pour but et elle doit avoir pour effet de faire pénétrer plus avant la vérité par l'attention qu'elle excite et le mouvement qu'elle cause.
Elle réussit surtout par la progression dans l'accumulation \ ainsi l'orateur romain ^ rend sensible Ténormité du crime de Verres, dans le supplice de Gavius, par l'amplification suivante : Facimts est vinciri civem romanum; scelus verberari; prope parricidium necari ; quid dicam in crucem tollere ? « Mettre aux fers un citoyen romain , c'est un attentat; le frapper, un crime-, le tuer, c'est presque un parricide : quel nom donner au supplice de la croix? » Dans la Ménippée, l'orateur du tiers état: d'Aubray , amplifie les méfaits du peuple de Paris contre Henri III avec non moins d'éloquence : (du n'as pu supporter ton roi débonnaire , si facile , sî familier , qui s'était rendu comme concitoyen et bourgeois de ta ville, qu'il a enrichie, qu'il a embellie de somptueux bâtiments, accrue de forts et de superbes remparts, ornée de privilèges et exemptions honorables : que dis-je, pu supporter? c'est bien pis, tu l'as chassé de sa ville, de sa maison, de son lit ! Quoi chassé ? tu l'as poursuivi ! Qui» poursuivi ? tu l'as assassiné , canonisé Tassassina^ teur , et fait des feux de sa mort ! » Ces deux passages tirent leur effet du contraste de la condition
1. « L'amplification est qne sorte d'affirmation plus puissante qui amène la persuasion par l'émotion des âmes. »