‹ Cours de littérature, conforme au plan d'études des LycéesChapitre 37 sur 109 · M. Le Clerc, Bhétorifjiue · texte numérisé non relu

M. Le Clerc, Bhétorifjiue

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ne peut fsâve un pas saos attaquer et repousser en même temps, et alors la réfutation se mêle à la confirmation : ou bien , les moyens de Tadversaire n'étant que des objections de peu de valeur, on peut, en montrant combien elles sont faibles , faire de la réfutation un dernier coup qui complète une victoire déjà assurée. Ainsi la réfutation est ou prélude, ou partie , ou complément de la confirmation.

Quelle que soit sa place , son rôle est toujours le même : elle doit frapper d'impuissance les moyens de la partie adverse.

Pour réfuter, il faut montrer ou que l'adversaire s'est trompé sur les faits, ou qu'il a posé de faux principes , oii que de principes vrais il a tiré de fausses conséquences.

On prouve la fausseté des faits, ou du moins on ébranle la certitude de leur existence, en attaquant soit le témoignage , si celui qui affirme est suspect de mauvaise foi ou d'incapacité, soit le fait lui^ même, s il présente des circonstances contradictoires. Le fait étant détruit, les conséquences tombent d'elles-mêmes.

On détruit l'autorité des principes si on peut en opposer d'autres qu'une raison droite avouera de préférence , ou si on montre leur fausseté par l'absurdité des conséquences qui en découlent. La ruine du principe entraine celle des arguments qu'on m a tirés.

Si les conséquences sont mal déduites , il faudra montrer qu'elles ne sont pas contenues dans le prii^ èipe^ mais, pour le reconnaître plus facilemeal, il est utile d'avoir étudié les sources habituelles des faux raisonnements et de s'être familiarisé avec les catégories du sophisme. La présomption de l'espiît nous pof te volontiers k croire que les lumières dé la raison démêlent sans difficulté les erreurs du raisonnement-, mais, dans la pratique, le jugettiant

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ne saurait s'entourer de trop de précwitions pour ne pas tomber dans les pièges que lui tendent la mauvaise foi, l'ignorance, les obscurités du langage, les passions, et ses propres instincts.

La plaisanterie est, dans l'occasion, un puissant mojea de réfutation. Un sarcasme piquant, lancé à propos, fera plus que les meilleures raisons ; il déconcerte T adversaire et le Couvre de confusion :

Ridiculum acri Fortius et melias magnas plerumque secat res^

Mais l'emploi de ce moyen est périlleux. Cicéron, qui maniait si volontiers et si habilement la plaisanterie, en éprouva les inconvénients lorsqu'il entendit, de la bouche sévère de Caton , cette réplique laconique : Lepidum habemm con$ulem * . On rit mal , si on ne rit pas le dernier.

Des sophismes, — Il n'y a qu'une seule voie pour arriver k la vérité par le raisonnement ; il y en a une infinité pour arriver à Terreur. Pour que la conclusion d'un raisonnement soit vraie , il fout que le point de départ ou le principe soit vrai et que la conséquence soit contenue dans le principe. Mais il arme souvent qu'on admet comme vrais des prin^ cipes faux, et souvent aussi qu'on en tire ce qu'ils ne renferment pas. Les raisonnements qui ont pour base un principe faux , et dans lesquels la conclu-* sien est tirée régulièrement , ne sont pas des sophismes en tant qu'arguments; réguliers dans la forme, ils sont faux comme preuves. On peut les considérer comme des sophismes de raisonnement. Le raisonnement est encore soptiistique s'il tend à prouver ce qui n'est pas en question.

1. Horace, liv. I, sat. x. « Le ridicule tranche souvent mieux etplas énergiquement ({ue la véhémence les grandes difficultés. »

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