‹ Cours de littérature, conforme au plan d'études des LycéesChapitre 43 sur 109 · BOFFOR · texte numérisé non relu

BOFFOR

144 KHÉTOKIOUB.

<( Le style est Vhomme même , » veut dire qu'il manifeste la nature propre de rintelligence qui le produit. La pensée est, pour ainsi dire, générale et impersonnelle, elle relevé de l'humanité -, le style relève de Thomme seul et l'exprime.

La physionomie de la pensée est le signe et la mesure de Tintelligence : ta même idée est vulgaire ou noble , selon la vulgarité ou la noblesse de l'esrit qui la met en œuvre. L'intelligence est comme e moule de la pensée , elle est l'ouvrière qui rehausse ou qui déprécie la matière qu'elle a reçue.

La beauté du style est le privilège des grands esprits; mais les intelligences supérieures ellesmêmes ne jouissent pas de ce privilège k titre gratuit. L'exercice du travail et l'application du goût en sont la condition et la garantie. On peut corrompre les plus beaux dons de la nature par la négligence et par les caprices déréglés. Les titres du style sont la convenance et la pureté du langage : or on ne peut arriver à la convenance qu'en méditant profondément son sujets et en attendant, avantde produire, que le fond de la pensée en ait déterminé la former on n atteint la pureté que si on respecte les traditions dans l'emploi des mots consacrés^, et les procédés légitimes dans le remaniement et le rajeunissement des parties du langage qui ont faibli ou qui se sont flétries.

Les langues sont dans un perpétuel travail d'enr fantement pour répondre aux besoins de la pensée : elles ne se fixent définitivement que dans leurs caractères généraux, et non dans leur vocabulaire, qui s'épuise s'il ne s'alimente.

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BOILF.AU.

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