Sant la langue , en an mot , l'aateor le plas dirin
Est toujoars , quoi qa'il fasse , ua méchaiit écrlraln.
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Les moyens de recrutement pour le langage sont d'abord la reprise des mots et des tournures délaissés par caprice et par oubli. L'étude des vieux auteurs, qui sont de grands écrivains, révélera des richesses enfouies. Lisez Amyot, Montaigne, Rabelais , Villon , Marot, et vous retrouverez des mots et des tournures antiques qui exprimeront merveilleusement des pensers nouveaux. Prenez ces vieux auteurs non pas comme modèles, mais comme mines et carrières ^ vous retrefbperez ainsi la langue sans faire de pastiches : le pastiche est l'écueil de l'archaïsme.
Les langues étrangères peuvent aussi , mais avec mesure, nous faire quelques restitutions, et les ^cîennes des prêts nouveaux.
Mais le recrutement de la langue littéraire se fera surtout par la langue populaire et par les langues spéciales des arts et de la science * : car dans la langue vulgaire , comme dans ces idiomes spéciaux des artistes et des savants, les mots naissent des besoins de la pensée active en plein exercice , et reçoivent une empreinte vivante de la vie même de Vintelligence.
Il y a encore un art dont l'emploi n'est pas la moindre ressource du langage : c'est de rajeunir les mots, et de les renouveler, pour ainsi dire , par des alliances imprévues ^ .
C'est faute de connaître ces inépuisables res^ sources , c'est par ignorance et paresse que certains
1. Voici ce que dit Montaigne à ce sujet : « En nostre langage je trouTe assez d^estoife, mais un peu de faulte de façon : car il n'est rien qu'on ne feist du jargon de nos chasses et de nostre guerre, qui est un généreux terrein à emprunter; et les formes de parler, comme les herbes, s'amendent et se fortifient en les transplantant. « Essais, liT. ill, ch. y.
2. Nolum si calltda Tcrbam Keddiderit janctara noram. Hokagb.
« Si ane aUianr^ adroite donne de la nouveauté à un mot connu. »