Boileau n'a recommandé que Teuphonie dans les Ters soi
Tants :
Il est un heureux choix de mots hannonienx :
Fuyes des mauvais sons le concours odieux.
Art poétiqnê.
RBSTORIQUÏ. 159
L'harmonie des mots dépend surtout du nombre , de la quantité des voyelles et de la souplesse des articulations. Les sons durs sont produits par le rapprochement et la nature des consonnes ; les consonnes gutturales et les nasales sont les plus rebelles k l'harmonie. Le rhylhme résulte de la proportion des membres de la phrase et de la place des accents.
Les langues dans lesquelles dominent les voyelles^ l'italien, par exemple, et l'espagnol, sont particulièrement euphoniques. Dans les langues chargées de consonnes on ne pourra atteindre Tharmonie qu'à l'aide du rhythme.
Le français , sous ce double rapport , tient le milieu entre les langues du Nord et celles du Midi. Il n'a pas en même quantité les voyelles pleines et sonores des unes, ni les rudes articulations des autres.
"^Différentes espèces d'harmonie. — On distingue deux sortes d'harmonie, V une mécanique et l'autre imitative. L'harmonie mécanique ne s'adresse qu'k Toreille; l'harmonie imitative peint l'idée ou l'objet par les sons qu'elle emploie.
L'harmonie imitative est de deux sortes : elle peint ou par la ressemblance des sons, et, dans ce cas , elle procède par onomatopée , ou par l'analogie des nomlires avec l'objet ou le sentiment qu'on veut exprimer. Le vers d'Ennius :
At tuba terribili sonitu taratantara dixit ,
est de la première espèce-, celui de Virgile :
At tuba terribilem sonitum proeul aère canoro Increpuit ,
appartient k la seconde. Voici d'autres exemples.
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes.'
Ragine.
IGO RBÉTORIQUE.
est un modèle de Tbarmonie imitative par onomatopée. L'imitation tient a la nature des sons plutôt qu'au mouvement du rbythme. C'est le rhytbme, au contraire, qui peint la rapidité dans le vers suivant :
Le chagrin monte en croupe et galope avec* lui ,