‹ Cours de littérature, conforme au plan d'études des LycéesChapitre 50 sur 109 · B01LEA.U · texte numérisé non relu

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et la lenteur dans ceux-ci :

Quatre bœufs attelés, d'un pas tranquille et lent , Promenaient dans Paris le monarque indolent.

BOILBAU.

C'est encore la marche du rhythme qui exprime l'effort dans la période qu'on va lire :

Sur un chemin montant , sablonneux , malaisé , Et de tous les côtés au soleil exposé ,

Six forts chevaux tiraient un coche :

L'attelage suait, soufflait, était rendu.

La Fontaine.

Ce vers de Saint-r.ambert, dans la description d'un orage ,

Et la foudre en grondant roule dans l'étendue ,

présente la réunion de Tharmonie imitative par le rbythme et l'onomatopée.

L'harmonie imitative par onomatopée n'est souvent qu'un jeu puéril. Le chevalier Piîs, homme d'esprit, mais poète médiocre, a fait sur ce sujet et dans ce genre un poème assez long dont les nombreuses onomatopées prouvent combien est facile cette sorte d'imitation matérielle ^ Celle qui

1. Da Bartas en présente quelques exemples baroques, et alors ce n^est plus de l'harmonie , mais de la cacophonie imitative. Ainsi, il tombe dans ce défaut, par exemple, lorsqu'il dit que le cheval

Le champ plat bat , abat, détrappe, grappe, attrape, Le Tent qui va devant ;

ou lorsqu'il imite le chant de l'alouette :

La gentille aloaelte avec son tire-lire Tire l'iro aux fàcbés, et d'one tire, tire .Yen le pOle brillant.

procède par remploi des nombres est le secret des mai très.

Les grands écrivains ont souvent employé, outre Tharmonie mécanique, qui ne leur fait jamais défaut, cette sorte d'harmonie imitative qui consiste dans le rapport des nombres avec la pensée. L'art de Fléchier l'a trouvée en la cherchant*, le génie de Bossuet l'a souvent rencontrée sans la chercher jamais. Écoutons sur ce sujet Marmontel * , qui a traité avec supériorité toutes les questions relatives à la prosodie et k Tharmonie :

« On va voir quel effet produisent, dans le style, des nombres placés k propos : « Cet homme, dit (^ Fléchier dans Toraison funèbre de Turenne : cet c( homme que Dieu avait mis autour d'Israël comme « un mur d'airain ou se brisèrent tant de fois toutes (' les forces de F Asie..., venait tous les ans, comme « les moindres Israélites, réparer, avec ses mains « triomphantes, les ruines du sanctuaire. » Il est aisé de voir avec quel soin l'analogie des nombres, relativement aux images, est observée dans tous les repos; pour fonder un mur d'airain, il a choisi le grave spondée-, et pour réparer les ruines du sanctuaire , quels nombres majestueux il a pris ! Si vous voulez en mieux sentir Pefiet , substituez k ces mots des synonymes qui n'aient pas la même cadence : supposez victorieuses k la place de triomphantes; temple au lieu de sanctuaire : « Il venait tt tous les ans, comme les moindres Israélites, réc( parer, avec ses mains victorieuses, les ruines du « temple, » vous ne retrouverez plus cette harmonie qui vous a frappé, u Ce vaillant homme, repous- « sant enGn avec un courage invincible les ennemis « qu'il avait réduits k une fuite honteuse, reçut le « coup mortel, et demeura comme enseveli dans

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