I. JÀttératurê. a
36 POÉSIB.
Les pieds ne se suivent pas arbitrairement; pour que le rbythme se soutienne, il faut qu un ou plusieurs pieds soient formés de la dernière syllabe d'un mot , unie a la première ou aux deux premières du mot suivant. La syllabe qui finit un mot et qui commence un pied s'appelle césure. Le vers peut en avoir trois placées après les trois premiers pieds; mais il est nécessaire qu'il en ait une après le second , ou deux , Tune après le premier , l'autre après le troisième. La césure ne sufiSt pas à l'harmonie mécanique du vers -, il faut la compléter par la variété des coupes et par des rejets habilement ménagés. Il faudrait aussi et surtout tenir compte de l'accent tonique qui élève la voix sur certaines syllabes. Ainsi , la première syllabe de chacun des deux derniers pieds doit être accentuée. En outre , il y a toujours un accent sur une des syllabes du premier pied , et enfin toute césure doit être précédée d'un accent qui frappe la syllabe voisine, si elle est longue, ou la première des deux brèves qui achèvent le pied qui suit la césure * .
Le nom de mètre s'emploie en plusieurs sens : ou il se dit en général de la mesure des vers, ou il s'applique k la réunion de deux pieds , qu'on appelle aussi dipodie; de sorte qu'un vers de quatre pieds est dimètre, et le vers de six pieds trimètre. S'il manque soit un pied , soit une ou deux syllabes pour compléter la mesure, le vers est catalectique ; s'il est complet , on le dit acalalectique.
Le vers hexamètre est affecté k la poésie héroïque et didactique. Homère, Virgile et Lucrèce l'ont marqué du sceau de leur génie :
1. De ces observations si délicates, la première appartient à M. Qaicberat {Traité de Versification latine, page 232, l'* édlikm) ; les autres sont de M. B. Jullien {De qttelques points des Sciences dans Vantiquité, page 281).
poÉsu. 27
Res gestœ regumque ducumque, et tristia bella, Quo scribi possent numéro monstravit Homerus^
HOBAGE.
Le vers élégiaque ou pentamètre, qui se compose aussi de dactyles et de spondées, est divisé en deux hémistiches égaux formés de deux pieds suivis d'une syllabe longue-, les deux pieds du dernier hémistiche sont nécessairement des dactyles. Ce vers se rencontre rarement seul ; il suit l'hexamètre, et forme avec lui ce qu'on appelle un distique^. Le distique est le mètre ordinaire de l'élégie et de l'héroïde ou épître d'amour ^ . Il y a un ou deux exemples de petites pièces uniquement composées de pentamètres.
Levers mmbique'', c'est-à-dire exclusivement composé d'ïambes, tel qu'on le rencontre dans quelques pièces fugitives de Catulle et d'Horace *, a une mesure constante comme l'hexamètre et le penta*
1 . a Quel Ters doit célébrer les exploits des rois , des chefs et les tristes guerres? Homère Ta montré. »