Voici Texemple d'un hexamètre uni à un pentamètre
Titynu et segetes iBneiaqae arma legentar,
Roma triamphati dam caput orbis erit. Otide.
« Tityre et les moissons et les exploits d'Énée yivront dans les vers de Virgile aussi longtemps que Rome dominera sur le monde vaincu. »
S. Ventbns impariter JoncUs qaerimotiia primum , Poat etiam fnelasa est voti sentenlia compos.
« La plainte d'abord, puis les désirs satisfaits, s'exprimèrent en vers d'inégale mesure. »
4« Arcbiloebnm proprio rabies annaTlt lambo. BoftAcs. ArcbUoqoe s'arma éo llambe caasUque. BoojiiMi.
5* Le Ters qui commence Vépode ii d'Horace :
Béâtûs nié quî pr5cûl nëgôtlis, ce compose exdusiTeoMsikt dland^.
mètre ; mais cette rigueur se rencontre rarement. Il suffit , pour que le vers iambique soit régulier , que rïambe se trouve h tous les pieds pairs ; les autres admettent le spondée , le dactyle , fanapeste et le tribraque. C'est sous cette forme que Sénèque l'a employé dans la tragédie. Mais Phèdre et les comiques se sont donné plus de liberté : dans cette manière , l'ïambe n'est obligatoire qu'à la fin du vers * . Lorsque le vers iambique est terminé par un spondée ou par un trochée, on le qualifie par le mot scazon, qui signifie boiteux. Le vers alors prend le nom de choliambe^. C'est dans ce mètre que sont composées les fables de Babrius. Le mètre des vers d'Anacréon est iambique dimètre : on lui donne le nom d'anacréontique.
La poésie lyrique admet une grande variété de mètres, qu'elle combine pour en former des strophes régulières. Les rhythmes d'Horace , dans ses odes, sont empruntés k la poésie grecque, dont la prosodie a servi en tout de modèle aux Latins. Il est inutile d'énumérer ici toutes les formes et les combinaisons du vers lyrique ^ *, mais il faut au moins citer le vers asclépiade, composé d'un spondée suivi d'un choliambe — uu— et de deux dactyles, formant douze syllabes divisées en deux parties égales*, mesure identique à celle de notre vers alexandrin ,
1 . La mesure des autres pieds est si arbitraire, qu^elle a mis en défaut d'habiles critiques, et qu'il a fallu toute la sagacité et l'expérience de M. Qnicherat pour démêler les règles de cette métrique licencieuse.
2. XcoXoc, boiteux; ta{A6oc, ïambe, M. Rossignol signale la différence entre le mot axà^cov, qui indique l'action de boiter^ et le mot x<*>^oc, qui exprime la difformité qui rend boiteux.
3. si Ton yeut étudier les diverses formes des vers lyriques, on peut consulter pour la versification grecque le Traité deProsO" die et de Versification grecque de M. C. J. Hubert, et pour la Tersification latine, le Traité de Versification latine de M. L. Quicherat.