‹ Cours de littérature, conforme au plan d'études des LycéesChapitre 53 sur 109 · IVul · texte numérisé non relu

IVul

tours soudains , des changements inouïs *, la rébellion longtemps retenue, k la fin tout a fait maitresse^ nul frein k la licence^ les lois abolies^ la majesté violée par des attentats jusqu'alors inconnus; l'usurpation et la tyrannie sous le nom de liberté; une reine fugitive, qui ne trouve aucune retraite dans trois royaumes, et k qui sa propre patrie n'est plus qu'un triste lieu d'exil ; neuf voyages sur mer, entrepris par une princesse malgré les tempêtes; TOcéan étonné de se voir traversé tant de fois en des appareils si divers et pour des causes si différentes; un trône indignement renversé, et miraculeusement rétabli. » Ici, tout se tient et marche avec discipline, mais sans entraves, vers un même but : nous avons enfin la période, qui se caractérise par un enchaînement, un concours d'idées et de propositions distinctes. Dans la phrase, les idées forment un tout indissoluble; dans le style coupé, les idées se suivent et ne s'enchaînent pas; dans la période, la chaîne est flexible, et le lien qui unit les membres ne les asservit pas.

Dans un discours de quelques pages, Buffon, répondant k M. de La Condamine, k TÀcadémie, a placé une des plus belles périodes qu'on puisse citer : a Avoir parcouru l'un et F autre hémisphère, traversé les continents et les mers, surmonté les sommets de ces montagnes embrasées où des glaces éternelles bravent également les feux souterrains et les ardeurs du midi; s'être livré k la pente précipitée de ces cataractes écumantes dont les eaux suspendues semblent moins rouler sur la terre que descendre des nues ; avoir pénétré danfir ces vastes déserts, dans ces solitudes immenses, où la nature accoutumée au plus profond silence dut être étonnée de s'entendre interroger pour la première fois; avoir plus fait , en un mot , par le seul motif de la gloire des lettres, que l'on ne fit jamais pour la soif

de Tor : voilk ce qfie connaît de vous TEurope et ce que dira la postérité. »

La période est une forme admirable du langage , parce qu'elle accumule les idées sans les confondre, parce qu'elle leur donne plus de clarté par Tordre, plus de force par le rapprochement.

On appelle membres de la période les parties dont elle se compose.

La disposition des membres de la période demande beaucoup d'art. La première règle est de les placer , sous le rapport des idées , dans un ordre progressif, et, sous le rapport des mots, de leur donner une proportion qui plaise k l'oreille. Pour satisfaire l'esprit, la période doit présenter les idées dans une série ascendance ^ et pour satisfaire l'oreille elle établira entre les phrases un rapport qui, sans amener la symétrie, produira un rhythme harmonieux. Sur ce dernier point, les règles demanderaient, pour être exactes, des détails infinis. Comme l'oreille est le juge suprême en cette matière, le meilleur des conseils k donner, c'est d'étudier les bons écrivains, pour se familiariser avec les formes du style harmonieux et pour y surprendre les secrets du rhythme périodique. La lecture de Massillon, de Fléchier, de Buffon, en apprendra plus aux hommes de goût que tous les préceptes des rhéteurs sur l'étendue des phrases et la quantité des syllabes finales. On verra , dans ces écrivains , que le rapport naturel des propositions et la variété des coopes sont les seules lois qu'ils s'imposent, et que le goût leur indique, selon l'occasion, la place des mots et le rapport des membres de la période.

Quelles sont^ parmi les qualités du style, celles

Jui caractérisent plus particulièrement les chefs- 'œuvre de la prose française?

On ne nous demande pas de faire ici l'histoire de la prose française * : on veut seulement que nous cherchions dans les œuvres capitales de nos meilleurs écrivains, aux dififérentes époques, les qualités spéciales des maîtres du langage qui ont produit des modèles durables. L'énumération de ces monuments littéraires qui font époque dans l'histoire de la prose ne saurait être longue-, mais il importe d'en marquer la place et d'en signaler l'importance.

Dans cet ordre il ne faut pas dédaigner les essais , et dès le moyen âge nous trouvons quelques œuvres qui ne doivent pas être oubliées. Dans les premières années du treizième siècle, Yillehardouin raconte avec une simplicité héroïque les grands événements de la quatrième croisade; son langage, toujours précis et quelquefois coloré, unit la noblesse au naturel. Cent ans plus tard, le sire d^ Joinville donne dans ses Mémoires un modèle de naïveté qui n'a pas été surpassé; il abonde plus encore que son devancier en mots de bonne race et en tours naturels, qu'il convient de connaître et de retenir parce qu'ils nous montrent dans ses origines mêmes le génie de notre idiome. Un siècle après Joinville , le chroniqueur Froissart , sans cesser d'être naïf, atteint la variété et l'éclat par la vérité du coloris et la vivacité de l'imagination. Gomines, qui parmi nous a mérité le premier le nom d'historien, donne vers la fin du quinzième siècle de la gravité à la prose sans lui ôter le naturel ; chez lui

1. On trouvera l'esquisse de cette histoire tracée en traits pro» fonds et lumineux dans la préface écrite par M. Villemain pour la dernière édition du dictionnaire de rAcadémie.

la pensée forte et lumineuse communique du relief et de la solidité au langage. *

Le seizième siècle compte quatre écrivains supérieurs dans la prose : Rabelais, Calvin, Amyot et Montaigne. Rabelais dit tout ce qu'il veut dire et trop souvent il ose dire ce qu'il aurait dû taire ; mais il connaît la propriété de tous les mots qu'il emploie, il trouve des figures et des tours de phrase pour représenter tous les caprices de son imagination , il sait peindre, il sait dialoguer, il a du tr^it, de l'abondance, de la vigueur et une merveilleuse souplesse. Le sombre éclat du style de Calvin dans ses principaux ouvrages tient surtout à la vigueur de l'argumentation , a la véhémence contenue de \a passion , à la majesté des mots , à l'ampleur de la phrase qui reproduit le mouvement de la période latine. Après lui, l'heureux génie d'Amyot retrouve en traduisant Plutarque la naïveté qu'il prête a son modèle; il ravit ses contemporains, et il charme encore la postérité en déployant avec aisance toutes les richesses du vocabulaire national et toutes les ressources d'une syntaxe que la grammaire n'a encore ni appauvrie ni intimidée. Montaigne domine tous ses devanciers par l'originalité de son style. Personne n'a mieux que lui connu la valeur des mots, personne n'a su mieux les placer pour en montrer toute la force, personne n'a mieux connu l'art, pour nous servir d'une de ses expressions , d'en enfoncer la signification. Son humeur leur donne de la saillie , et son imagination , de la couleur*, aucun autre écrivain ne les a choisis'et disposés de manière k les imprimer plus avant dans la mémoire. Ces grands écrivains, qui ne sont pas des modèles irréprochables, ayant puissamment contribué k former la langue, veulent être étudiés avec soin , parce qu'ils offrent aux modernes, dans la richesse originale de leur vocabulaire , des res-

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sources inépuisables contre ce grand corrupteur du langage qu'on appelle le néologisme.

Le dix-septième siècle apporta à la prose française les qualités qui lui manquaient encore. Balzac fit pour elle ce que Malherbe avait fait pour la poésie : il sut tirer de la foule les mots nobles et sonores , il trouva le rhythme de la phrase et de la période, en un mot, il fut le père de Tharmonie. S*il eût mis entre les mots et la pensée le rapport et la proportion qui sont le secret des grands écrivains, il aurait sa place parmi les modèles au lieu de n'être que le plus habile des rhéteurs. Avec lui , comme l'a dit M. Sainte-Beuve, la France flt sa rhétorique-, ajoutons qu'elle la fit avec éclat. Heureusement Descartes vint, bientôt après, nous apprendre a penser : ce qui était la route la plus sûre pour arriver k bien écrire. En donnant l'évidence comme le signalement de la vérité, il fit de la clarté la maîtresse loi du langage. Par le Discours sur la Méthode et par ses Méditations, Descartes n'a pas seulement montré comment les matières philosophiques doivent être traitées; il afaitnaitre dans tous les esprits qu'il a dirigés le besoin de ToTàteel de la lumière; il a formé l'école sévère de Port- Royal, qu'il a armée de toutes pièces contre les sophistes et les incrédules. C'est aussi par l'ordre et par la lumière des idées que Pascal s'est élevé , dans les Provinciales , à la perfection du langage : nulle part la prose française n'a en plus de force et de netteté. Toutefois elle a pris wn essor plus élevé , plus de hardiesse et de magnificence avec Bossuet dans les Oraisons funèbres et ilans le IHicours sur l'Histoire universelle; mais Bossuet, c'est l'éloquence même et la plus haute expression en génie de rhcmme. O n'est pas qu'k c^të ûe Bossuet et après lui ia prose ne nous offne encore des 4;he&-d'œuvre : Bossuet domine, nais il ne rejette

pas dans Tombre tout ce qui Tentoure. Ainsi ni Bourdaloue, ni Fénelon , ni Massillon, ne sont éclipsés dans la lumière que répand Bossuet : sa foudre ne couvre point leurs voix. On admire toujours le ferme tissu, la belle ordonnance, la dialectique invincible des sermons de Bourdaloue. Fénelon nous enchante par la douceur, l'abondance et la grâce tout ensemble noble et familière de son éloquence. Massillon va plus loin que ses devanciers dans Tart de peindre et d'émouvoir la passion-, il n'a pas de supérieur pour la pureté et l'harmonie du langage. Le même siècle a produit encore un grand prosateur : c'est La Bruyère, qui connaît tons les secrets de son art , mais k qui manque cet art suprême qui efface les traces de Tart; il n'a pas le naturel qui est le trait commun des grandes figures littéraires de son temps, auprès desquelles s'est placée, sans y prétendre et parce qu'elle n'y prétendait pas, madame de Sévigné , qui a eu naturellement, et dans la mesure et le ton qui conviennent au genre épistolaire dont elle est restée le modèle, toutes les qualités des écrivains supérieurs.

Dans le siècle suivant, Saint-Simon est un prosateui' éminent qui se passe de correction et de pureté; mais il a la hardiesse , l'énergie, la couleur; jI peint à grands traits, et ses peintures négligées et fougueuses représentent au vif les hommes et les événements. On l'a comparé à Tacite, dont il a Ténergie et non la précision. Il est utile de le lire, il serait dangereux de l'imiter. Quoi qu'il en soit, ses Mémoires sont un inonument impérissable. Montesquieu est un grand esprit et un bel esprit. Il se joue dans les Lettres permnss, où il a de la verve et même du naturel ; mais ce naturel n'est pas sans coquetterie. Dans les Considérations sur la grandeur et la décadence des Romains, comme dans Y Esprit des lois, ce qui domine c'est l'énergie et la pro-

fondeur : on y chercherail vainement le naturel. Chez lui la pensée s'aiguise en traits, la lumière jaillit en étincelles, la profondeur prend une forme énigmatique , mais ses traits ont de la portée, ses étincelles de la clarté , ses énigmes des mots de grand sens qui satisfont les esprits distingués : k tout prendre, c'est un maître. Voltaire, après Fontenelle et Montesquieu, retrouve le naturel;* il y joint la vivacité, la clarté qui va jusqu'à la transparence, la précision lumineuse et une incomparable aisance. L'Histoire de Charles XII et \e Siècle de Louis XIV sont des modèles du style tempéré. Buffon, dans son Histoire naturelle, élève son style jusqu'à la majesté de son sujet; ses descriptions , précises par les détails, sont magnifiques dans leur ensemble. Partout Buffon a la noblesse du langage \ mais cette noblesse n'est pas uniforme et on a tort d'accuser Buffon de monotonie, parce que, s'il est constamment noble , il l'est toujours avec convenance : disons seulement qu'il n'est jamais ni familier ni simple . et qu'on se prend quelquefois à Je regretter. J. J. Rousseau est le dernier en date des grands prosateurs du dix-huitième siècle. On ne saurait lui refuser le titre d'écrivain supérieur, mais il a moins de sensibilité qu'il n'en montre et moins de profondeur qu'il n'en affecte : il aime la vérité , et trop souvent il devient sophiste pour paraître neuf-, il est réellement éloquent, et il n'échappe pas toujours à la déclamation ; toutefois , jusque dans lé paradoxe systématique et dans Témotion exagérée, il a des éclairs de raison et des accents qui partent du cœur. Son style a du nerf et de l'éclat , de la véhémence et de la pureté, et on peut dire qu'il a manié notre langue avec une puissance qu'on n'a point surpassée et qu'il lui a donné une physionomie nouvelle sans la dénaturer*.

1 . On trouyera dans la seconde partie de cet ouvrage, qui traite

Des figures.

On a restreint la signification du mot figures, qui comprend toutes les formes de l'élocution , k certains procédés de langage et k des mouvements de pensée qui ont attiré rattention des grammairiens et des rhéteurs.

Les figures ne sortent pas des habitudes du langage ; elles naissent naturellement des besoins de la pensée et de la vivacité de l'imagination. Le style familier les admet aussi bien que les compositions les mieux élaborées : c'est seulement de la recherche artificielle des figures que Molière a pu dire :

Ce style figuré dont on fiait vanité

Sort du bon caractère et de la vérité :

Ce n'est que jeux de mots , qu'affectation pure ,

Et ce n*est pas ainsi que parle la nature^.

Lorsque l'âme est vivement émue, elle s'écrie, elle interroge , elle apostrophe , elle fait parler les vivants et les morts, et jusqu'aux êtres inanimés : si l'esprit veut rendre certaines images ou exprimer des rapports frappants , il s'aide de comparaisons, îl transporte le sens des mots , il en modifie la signification, qu'il resserre ou qu'il étend-, il exprime le contraire de ce qu'il fait enlendi^e -, il exagère, il atténue, il fait jaillir de rapides étincelles du choc des mots et des idées , et , pour procéder ainsi , il n'a pas

8<HiHnairement de rhîstoire littéraire , et surtout dans notre Histaire de la littératwe française , des détails sur les écrlyains que nous venons de caractériser dans cette rapide revue. i . Le Misanthrope, acte I, se. 2.

besoin d'avoir étudié les leçons des rhéteurs. « Je suis persuadé, dit Du Marsais, qu'il se fait plus de figures dans un jour de marché à la halle , qu'il ne s'en fait en plusieurs jours d'assemblées académiques *. » M. de Bretteville va plus loin : a J'ai pris souvent plaisir à entendre des paysans s'entretenir avec des figures de discours si variées, si vives, si éloignées du vulgaire , que j'avais honte d'avoir si longtemps étudié l'éloquence, voyant en eux une certaine rhétorique de nature beaucoup plus persua* sive et plus éloquente que toutes nos rhétoriques artificielles. »

On entend, en général, par figures certaines formes du langage qui traduisent d'une manière frappante le mouvement de la pensée et les vues de l'esprit. Ce sont des tours particuliers conformes à la nature de T intelligence, mais qui se font remarquer parce qu'ils ajoutent quelque chose k la {>ensée, qui subsisterait néanmoins sous d'autres ormes.

Les principales figures relèvent de la passion et de l'imagination. Par exemple, lorsque l'idée prend la forme d'exclamation ou d'apostrophe, cette forme est déterminée par le mouvement de l'âme ; lorsqu'au lieu de désigner un objet par son propre nom, on substitue a ce nom celui d'une des parties de l'objet , c'est que cette partie a surtout frappé l'esprit : ainsi , si on dit cent voiles au lieu de cent vaisseaux, c'est que les voiles représentent plus vivement l'objet qu'on veut peindre, et que l'imagination du poète en a été plus fortement frappée.

On divise les figures en figures de mois et figures de pensée : les figures de mots sont telles que , si vous changez les mots , la figure s'évanouit; les figures de pensée dépendent uniquement , dit Du Mar-

1. « Métaphore, aUégorie, métonymie, ce sont , dit Montaigne, titres qui touchent le babil de Totre chambrière. »

sais, du tour d'imagination, et subsistent, quels que soient les mots dont on se sert.

Des figures de pensée.

Les figures dépensée sont des formes particulières que la pensée revêt dans l'expression ; elles tiennent surtout au sentiment qui anime l'écrivain ou l'orateur, et k l'effet qu'il veut produire. Toutes sont destinées k attirer l'attention, les unes pour émouvoir le cœur, les autres pour éveiller l'imagination ou pour arriver du même coup a ce double résultat.

I. Nous traiterons d'abord de celles qui expriment et qui excitent l'émotion et la passion. Dans cette classe, il faut citer, avant tout, Y Interrogation, V Apostrophe et V Exclamation.

L'Interrogation est de toutes les figures la plus propre k fixer l'attention de l'auditeur, qu'elle prend k partie : si elle ne le force pas de répondre, elle le contraint k écouter. Quelquefois elle lui arrache une réponse foudroyante, comme lorsque Démosthène fit proclamer par le peuple d'Athènes la vénalité d'Eschine , en posant cette question : « Eschine est-il l'ami ou le mercenaire de Philippe? >> Lorsque rinterrogation est suivie de la réponse faite par Torateur lui-même, elle prend le nom ie Subjectien.

h' Apostrophe détourne brusquement la parole de son cours; elle interpelle les présents et les absents, et produit une vive secousse par la soudaineté imprévue de ses mouvements.

L'Exclamation est un cri de l'âme qui , ne pouvant se contenir, fait explosion. Cette figure prend le nom i' Obsécration lorsqu'elle appelle la vengeance sur la tête du coupable; d'Opïaiion, lorsqu'elle exprime un vœu.

Ces trois figures, interrogation, exclamation, apostrophe , se trouvent réunies dans le passage suivant, tiré de l'Odyssée et traduit par Boileau * ^ c'est Pénélope qui parle :

De mes fâcheux amants ministre injurieux , Héraut, que cherches-tu? qui t'amène eu ces lieux? Y viens-tu, de la part de c^tte troupe avare. Ordonner qu'à l'instant le festin se prépare?

{[nterrogation.)

Fasse le juste ciel, avançant leur trépas, Que ce repas pour eux soit le dernier repas !

{Exclamation.)

Lâches ! qui , pleins d'orgueil et faibles de courage ,

Consumez de son fils le fertile héritage ,

Vos pères autrefois ne vous ont-ils pas dit

Quel homme était Ulysse? (Apostrophe.)

Les apostrophes qui suivent , empruntées à Bossuet , contiennent une belle leçon de morale unie k des images frappantes : <( Maudits esprits, haïs de Dieu et le haïssant , comment étes-vous tombés si bas? vous l'avez voulu , vous le voulez encore, puisque vous voulez toujours être superbes, et que, par votre orgueil indompté , vous vous obstinez k votre malheur. Créature quelle que tu sois, et si parfaite que tu te croies, songe que tu as été tirée du néant, que de toi-même tu n'es rien. C'est du côté de cette basse origine que tu peux toujours devenir pécheresse, et dès la éternellement et infiniment malheureuse! Superbes et rebelles, prenez exemple sur le prince de la rébellion et de Torgueil ; et voyez , et considérez , et entendez ce qu'un seul sentiment d'orgueil a fait en lui et dans tous ses sectateurs^. »

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