‹ Cours de littérature, conforme au plan d'études des LycéesChapitre 55 sur 109 · M. ÉTiKNNE, dans les Deux Gendres · texte numérisé non relu

M. ÉTiKNNE, dans les Deux Gendres

Grâce aux dieux , mon malheur passe mon espérance ; Oui , je te loue , ô del ! de ta persévérance ' .

Ragiiib.

L'Hyperbole va au delà de la vérité ; elle est bien employée si elle nous y amène. Lorsque Juvénal dit, en parlant de Grispinus :

Monstrum nuUa virtute redemptum A vitiis *,

il exagère peut-être -, mais il excite contre la scélératesse une horreur salutaire. Quand Voltaire nous dit qu'après la Saint-Barthélémy

Les eaux ensanglantées Ne portaient que des morts aux mers épouvantées ^,

l'exagération flétrit justement cette abominable tuerie. Il est difficile de trouver la vraie limite dans cet excès. « Les esprits vifs, pleins de feu, et qu'une vaste imagination emporte hors des règles de la justesse , ne peuvent , dit La Bruyère , s'assouvir de l'hyperbole. » Les larmes de saint Pierre, que Malherbe , dans sa jeunesse , a imitées du Tansille, soot les saturnales de l'hyperbole*. Sans trop chercher, on trouverait dans la poésie contemporaine des exagérations qui approchent de celles que nous venons de rappeler.

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