Racine, Iphigénie, acte IV, se
180 RHÉTOmOUS.
C'est dans les transports de son inaltéraMe confiance en Dieu que Joad s'écrie :
£h ! comptez-vous pour rien Dieu qui combat pour uous ?
Dieu, qui de Torphelin protège l'innocence
Et fait dans la faiblesse éclater sa puissance;
Dieu, qui hait les tyrans et qui , dans Jezraël ,
Jura d'exterminer Achab et Jézabel ;
Dieu, qui frappant Joram , le mari de leur fille ,
A jusque sur son fils poursuivi leur famille ;
Dieu, dont le bras vengeur, pour un temps suspenda.
Sur cette race impie est toujours étendu ^ ?
II. Plusieurs figures peuvent se rapporter à l'imagination : ce sont la Prosopopée, ÏHypolypose et la Comparaison,
La Prosopopée fait parler les absents ^ elle évoque les morts et prête un langage aux choses inanimées. C'est ainsi que J. J. Rousseau a évoqué l'ombre de Fabricius pour opposer la pureté des mœurs antiques à la corruption des temps modernes, et que Platon , par la bouche de Socrate , fait parler les Lois , qui commandent au condamné de ne pas se soustraire au supplice. Racine indique une prosopopée dans ces beaux vers :
Il me semble déjà que ces murs, que ces voûtes Vont prendre la parole, et, prêts àm'accuser. Attendent mon époux pour le désabuser ^.
Ce chef de sauvages qu'on veut arracher k sa ^^ terre natale et qui s'écrie : « Cette terre nous a nourris, et on veut que nous l'abandonnions! Qu'on la fasse creuser, on y trouvera les ossements de nos pères. Faut -il donc que les ossements de nos pères se lèvent pour nous suivre dans une terre étrangère?... )> ce barbare trouvait dans son imagination et dans son cœur une admirable prosopopée.