Racine, Phèdre, acte III , se
RHÉTOBIQUE. 181
VHypotypose met la chose elie-mème soos les yeax du lecteur. Les tableaux bien tracés sont des hypotyposes; les descriptions, les écrits, les portraits dont la vérité saisit l'imagination , rentrent dans cette figure, qui anime surtout la poésie et Féloquence. Lorsque Démosthène raconte l'effet produit dans Athènes par la nouvelle de la prise d'Ëlatée , il en renouvelle le spectacle et les émotions; lorsque Voltaire décrit, dans Jlf érope, la mort de Polyphonte, on croit voir l'événement qu'il raconte. Le récit de la mort d'Hippolyle * est tout entier une admirable hypotypose. André Ghénier a tracé en quatre vers, où chaque mot fait image , toutes les circonstances d'une douloureuse catastrophe :
Mais seule , sur la proue , invoquant les étoiles , Le vent impétueux qui soufflait dans ses voiles L'enveloppe : étonnée et loin des matelots.
Elle tomoe, elle crie, elle est au sein des flots ^.
Fénelon excelle dans l'hypotypose. Les tableaux qu'il trace à Taide de quelques traits sont frappants de vérité, et font une profonde impression sur l'imagination. Il y a dans sa manière autant de sobriété que de grandeur. Citons pour exemple la