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Aoi^oC, chantres

avecSolon et qui se termine au règne d'Alexandre, le génie grec atteint sa perfection. C'est une de ces rares époques d'éclat et de maturité tout ensemble qui impriment aux œuvres qu'elles produisent le caractère de cette beauté durable a laquelle on rend toujours hommage, lors même qu'on est devenu inhabile a l'imiter. C'est alors que brillent dans la poésie lyrique Simonide, Anacréon, Pindare. La principale gloire de la poésie de ce temps, ce sont les chefs-d'œuvre du genre dramatique, porté a sa perfection dans la tragédie par Sophocle, que devance Eschyle et que suit Euripide, et par Aristophane dans la comédie politique. Périclès a donné son nom a la période la plus brillante de ce mouvement poétique, dont Athènes fut le principal foyer.

Dans la quatrième époque, lorsque la Grèce, soumise par Alexandre, opprimée par ses successeurs, eut perdu son indépendance, la poésie se déplaça et vint fleurir à Alexandrie, k la cour des Ptolémées. Cette poésie artificielle, qui a gardé le nom A'alexandrine, ne manqua pas de grâce, mais elle ne conserva ni la force ni la vérité qu'elle avait reçues du siècle de Périclès (335-146 av. J. C). Toutefois elle produisit Théocrite, que ses idylles placent au rang des maîtres. Elle s'honore aussi des noms de Callimaque, d'Aratus, d'Apollonius. Il est vrai qu'il faut y ajouter celui de Lycophron, tristement célèbre comme svmbole d'obscurité. Ainsi la poésie brilla successivement dans la Thrace, dans l'Asie Mineure, à Athènes, à Alexandrie. L'Europe, l'Asie et l'Afrique virent le génie grec se naturaliser et s'épanouir dans des conditions différentes et sous des climats divers.

Dans la cinquième époque (146 av. J. C. — 306 dé J. C), la littérature se dissémine -, la Grèce vaincue porte partout, sous les auspices de Rome, les moniunents de son génie et ses arts dégénérés. Sa

poésie, encore^ active , manque d'inspiration. Cette période, a laquelle on donne le nom de gréco-romaine, ne produit que des compositions frivoles et de courte haleine, ou bien elle versifie la science dans de longs traités didactiques où l'on ne reconnaît plus que l'appareil extérieur de la poésie 5 elle se termine a l'avènement de Constantin le Grand , et ne peut guère citer avec honneur que les noms d'Oppien et de Babrius : encore ce dernier lui est-il disputé.

La sixième époque ou époque byzantine (306- 1453 de J. C), est moins stérile que la précédente. Byzauce ou Conslantinople étant devenue, au préjudice de Rome, la capitale du monde, le fantôme qui survivait k la poésie s'y transporta. Le Bas-Empire n'avait, pour inspirer ce qu'il appelait encore les muses par tradition, ni la liberté qui ennoblit les âmes , ni la gloire qui ne compense pas la liberté et qui la fait oublier. Les versificateurs de ce temps se contentèrent, en général, de flatter les grands par de petites pièces qui ne demandaient pas la gloire pour salaire. Toutefois, sous l'influence de la religion cbrétienne et de la philosophie platonicienne , la poésie produisit alors quelques chants inspirés. Il y eut, en outre, d'estimables tentatives pour remettre en honneur, par de nouvelles épopées, les traditions des temps héroïques. Saint Grégoire de Nazianze inaugure avec éclat la poésie chrétienne , pendant que Musée, Quintus de Smyrne et Coluthus réveillent la muse affaiblie du vieil Homère. La prise de Constaotinople par Mahomet II, en détruisant l'empire d'Orient, termine cette sixième et dernière période.

Dans les deux premières de ces époques , l'inspiration naturelle du génie caractérise la poésie; la troisième marque l'alliance intime et harmonieuse de l'art et de la nature ; l'art domine dans la quatrième, et fait place au métier dans les époques sui-

vantes. La poésie, exclusivement lyrique et religieuse dans le premier âge, devient ensuite épique et héroïque-, elle est surtout dramatique dans la période suivante ^ elle a brillé dans la pastorale k la cour des Ptolémées -, et pendant la décadence de l'empire et du Bas-Empire, elle serait presque exclusivement adulatrice et didactique, si, k l'époque byzantine, l'imitation des poèmes d'Homère et l'influence du christianisme ne lui avaient rendu quelque dignité * .

Première époque. — Époque mythique.

Les premiers poètes de la Grèce réunissent le triple caractère de chantres, de prêtres et de prophètes. La religion est leur muse, et c'est par elle qu'ils triomphent de la barbarie. La lyre et la harpe accompagnaient leurs chants, et avec eux la musique ne se sépare pas de la poésie.

Cette poésie primitive se développe au nord de la Grèce, habitée par les Pélasges, race antique que quelques historiens considèrent comme autochthone dans la Thrace, la Thessalie et la Béotie, dont tous les lieux sont consacrés par des souvenirs religieux.

Les plus célèbres de ces poètes législateurs, musiciens et prophètes sont Linus , Olen , Orphée et Musée. Leur histoire est mythologique, et les vers qu'on leur attribue sont apocryphes. Nous n'essayerons pas de dissiper les ténèbres artificielles que l'érudition a ajoutées a l'obscurité qui enveloppe naturellement les traditions des temps éloignés. Tout ceci est matière à discussion 5 car, après avoir tenté de déterminer, par exemple, combien il a existé de Linus et d'Orphées, la science demande

1 . Notre savant collègue, M. Alexis Pierron, a composé sur Tensemble de la littérature grecque un livre plein dMntérét.

encore s'il y a eu un Linu» et un Orphée. Ceci posé , on voit qu'il faut désespérer, au moins pour cette époque , de fixer la date de la naissance et de la mort des poètes etd'arrêterla liste de leursouvrages. On devra donc se contenter des détails suivants.

Un des Limus mentionnés par l'antiquité était fils d'Apollon et de Calliope : on raconte qu'il fut lue par Hercule , auquel il enseignait sans fruit la musique, et sa mort tragique était l'objet d'une fête qui se célébrait k Thèbes. Stobée cite sous son nom douze vers qui développent la maxime des panthéistes .: <i Tontes choses viennent du Tout , le Tout se forme de toutes choses ^ » Le même auteur rapporte encore à ce poète deux vers sur la toutepuissance divine.

Olen est un poète du Nord qui transporta d'abord en Lycie, puis à Délos, une colonie sacerdotale, et qui institua le culte d'Apollon et de Diane, nés selon lui dans les contrées hyperboréennes. Ses odes étaient non-seulement chantées, mais représentées, c'est- k- dire accompagnées d'une liturgie dramatique. Olen est connu par le témoignage de l'hislorien Pausanias,

La naissance d'ORPHÉE remonte au quatorzième siècle avant notre ère. On connaît la catastrophe qui termina sa vie. L'existence d'Orphée est attestée par les institutions qui lui survécurent, par ces mystères et ces initiations qui , destinés k garantir la pureté de ses doctrines, dégénérèrent plus tard en superstitions et en jongleries. Orphée abolit les sacrifices humains et institua une expiation pour mettre fin k ces vengeances de famille qui se perpétuaient de génération en génération^. Il fit partie de l'expédition des Argonautes.

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