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Le petit poëme d'Héro et Léandre, qui nous est parvenu

8 LITTÉRATGRE GRECQUE.

cite : 1*» un recueil d'oracles-, 2* des hymnes d'initiation-, 3"" des Charmes contre les maladies; ^''nne Sphère , poëme astrologique -, 5** une Théogonie -, 6" une Guerre des Titans; T des préceptes de morale adressés à son fils Eumolpe ; 8*^ un poëme intitulé Crater, titre qui n'en indique pas même le sujet; 9* deux hymnes, Tun k Cérès, l'autre en l'honneur de Bacchus , etc.

Le titre des ouvrages et les fragments qui nous sont parvenus de cette époque attestent le caractère religieux de toutes ces compositions, dont l'inspiration est lyrique, le fond moral , historique ou didactique.' 11 est facile d'entrevoir, k cet état d'enveloppement , le germe des différents genres qui se développeront plus tard isolément.

Deuxième époqne. — Époque hérofqae on homérique.

(1270-594 av. J. C]

La seconde époque ou l'époque héroïque de la poésie grecque s'étend depuis le siège de Troie jusqu'à Solon , et présente différents genres cultivés par des poètes éminents. L'épopée et le genre didactique y atteignent la perfection ; le genre lyrique produit aussi des chefs-d'œuvre.

Genre épique. Le prince des poètes , Homère , a été le sujet de bien des controverses. Sa vie, telle qu'on la raconte , est une légende fabuleuse. Sept villes se disputaient l'honneur de lui avoir donné le jour. A-t-il composé seul les poèmes qui portent son nom? Ces poèmes ont-ils été écrits primitivement ou transmis par la mémoire de génération en génération ? Homère a-t-il existé , ou n'est-il que

est Touvrage d^m autre Musée , grammairien , qui Tivait yers le quatorzième siècle de notre ère.

LirrÉRATURE GRECQUE. 9

Ja personnification d'une nombreuse famille de poètes? Le dernier critique qui s'est occupé d'Homère donne un peu raison k toutes ces opinions, en déclarant qu'Homère est tout ensemble une personne et un symbole, un individu et un être collectif.

L'unité de Y Iliade et de Y Odyssée atteste au moins, pour chacun de ces poèmes, l'unité de conception. La différence des mœurs décrites dans ces deux poèmes induit k les rapporter k deux auteurs. Les remaniements nombreux constatés par l'histoire, et l'état même du texte, prouvent que la forme primitive de ces épopées a été modifiée.

Il est constant que les poèmes homériques , apportés en Grèce par Lycurgue , étaient chantés par des rhapsodes qui récitaient isolément des portions détachées de ces vastes compositions , et que ce démembrement forma une série de chants épiques distingués par des noms difKu*ents, tels que la Peste, la Doloaéide, l'Ambassaae, la Fabrication des armes d'Achille, etc. Comme cette habitude de considérer isolément les parties d'un tout mettait en péril l'ensemble du poëme, Pisistrate fit réunir ces fragments épars et rétablir l'unité primitive , qui depuis n'a pas été altérée. Mais si Tordre des parties a subsisté , le texte a été remanié par des arrangeurs ou diascévastes qui ont laissé des traces de leur travail.

La division en vingt-quatre chants, pour l'Iliade et l'Odyssée , n'a été établie que par les soins d'Aristarque , critique de l'école d'Alexandrie.

Outre l'Iliade, cet immortel épisode de la guerre de Troie, et l'Odyssée, qui retrace les longues

1. M. Guigniaut, membre de rrnstitut. Encyclopédie des gens du monde, art. Homère, Ce morceau remarquable peut être considéré comme le dernier mot de la critique historique et philologique dans la question d'Homère.

10 UTTÉRATORE GBECQUE.

épreuves du retour d'Ulysse , on met sous le nom d Homère plusieurs hymnes historiques et le petit poème badin de la BtUrachomyomachie , épopée héroï-comique dont les héros sont les rats et les grenouilles. Les anciens lui attribuaient le Margitès, poëme satirique qui contenait , suivant Aristote, le germe de la comédie, comme Tlliade avait enfanté la tragédie.

L'admiration qui s'attache aux œuvres d'Homère n'a guère trouvé de contradicteurs. Le nom da seul détracteur qu'Homère ait rencontré, Zoile, est couvert d'opprobre. Lamotte n'a pas échappé au ridicule pour avoir été insensible k la beauté de ces poèmes. On peut donc dire avec M. J. Chénier :

Trois mille ans ont passé sur la cendre d^Homère, Et depuis trois mille ans Homère respecté Est jeune eucor de gloire et d'immortalité ;

et répéter après J. B.^usseau :

A la source d'Hippocrène Homère , ouvrant ses rameaux , S'élève comme un vieux chêne Entre de jeunes ormeaux.

A côté d'Homère, il faut citer les poètes cycliques, qui chantaient en vers le récit complet d une expédition ou toute la vie d'un héros. Ces vastes compositions , dont les unes sont contemporaines d'Homère et les autres postérieures à l'Odyssée et k l'Iliade, ne nous sont pas parvenues.

Genre didactique. Hésiode, que l'on croit originaire de Cumes en Éolie, et qui fut certainemeot élevé à Ascra, bourg de la Béotie, balança dans l'antiquité la renommée d'Homère. On n'est pas

urréRATURE grecque. U

d'accord sur l'époque de sa vie : les ans le font contemporain d'Homère, d'autres le placent ou avant ou après* On s'arrête plus généralement k cette dernière opinion, qui s'appuie sur le caractère même des ouvrages de ce poète. Nous avons sous son nom le poème didactique des Travaux et des Jours, qui renferme des préceptes sur l'agriculture mêlés k des leçons morales. Ce poème a inspiré les Géorgiques de Virgile * . La Théogonie du même poète raconte l'origine du monde sous le nom de divinités qui ne sont que des symboles des forces de la nature , et contient par conséquent une véritable cosmogonie. C'est le monument le plus instructif et le plus original de la philosophie religieuse de l'antiquité. Dans ces deux ouvrages, Hésiode est le continuateur direct de l'école sacerdotale qui a précédé. Le Bouclier d'Hercule, si ce fragment lui appartient réellement , le rattacherait encore à l'école épique dont Homère est le chef.

fienre lyriqie. La poésie lyrique, qui comprend, avec l'ode , l'élégie guerrière et erotique , se développa pendant le huitième et le septième siècle avant J. C.

Archiloque de Paros , né dans la seconde moitié du huitième siècle avant J. C, est l'Homère de la poésie lyrique. Son génie le plaçait au premier rang ; mais la méchanceté de son caractère et la licence de ses écrits le rendirent odieux et méprisable. Il porta le cynisme de la lâcheté jusqu'à se vanter d'avoir jeté son bouclier pour fuir plus à son aise. La violence de ses attaques satiriques poussa au désespoir Lycambe et sa fille Néobule, qui se pendirent, ne pouvant survivre k la flétrissure de leur

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