Ascreeumque cano romana per oppida carmen. Vmuiijs
Le poëme de Virgile ne se rattache à celui d'Hésiode que pRr de rares imitations et raiialogie du sujet.
12 LITTÉBATORE GRECQUE.
nom. Les magistrats de Lacédémone punirent sa lâcheté et sa licence en l'expulsant de leur ville et en proscrivant ses poèmes. On dit qu'il fut tué dans une bataille par Caliondas de Naxos. Les anciens admiraient surtout son hymne en l'honneur d'Hercule , qu'il chanta lui-même aux jeux Olympiques. Il n'est pas probable qu'il ait inventé le vers iambique , mais il se l'appropria par droit de conquête : Archilochnm proprio rabies armavit iambo. Il m nous reste de ses poésies que de courts fragments, et la perte en est d'autant plus regrettable, que les témoignages de l'antiquité sont unanimes pour le placer au premier rang a côté d'Homère.
Après Archiloque on voit briller successivement: Alcman {V siècle av. J. C), né h Sparte , père de la poésie erotique. Ses chansons d'amour, écrites en dialecte dorien , faisaient les délices des anciens. On acoflservéquelquesfragmentsdesespoésies.Alcman
eut pour disciple Arion de Méthymne, célèbre par l'aventure du dauphin.
Alcée de Mitylène (7® siècle av. J. C.) eut de commun avec Archiloque le génie lyrique, l'humeur satirique* et l'abandon de son bouclier sur le champ de bataille. Ami du sage Pittacus, ilse déclara contre lui lorsque celui-ci eut sacrifié la liberté de Mitylène au désir de régner. Alcée obtint grâce après la défaîte de son parti. Il avait composé des odes et des hymnes pleins de sentiments guerriers et de haine contre la tyrannie 5 il chanta aussi le vin et la volupté, sans doute pour se consoler de ses disgrâces. Horace, qui a souvent traduit Alcée, rend hommage au génie de ce poète :
t. « Dîogène Laêrce et Suidas nous ont conservé des fragments des satires d'Alcée , dans lesquelles il traitait Pittacus de pied plat, de traîne-savate, pied crevassé, bouffi d'orgueil, ventru et gros crevé. » Durozoir. Biographie universelle , art. Alcée.
Et te soDantem plenios aureo , Alcaee, plectro^
La strophe alcaïque est de son invention. Athénée et Suidas nous ont conservé quelques fragments de SCS poésies.
La célèbre Sappho de Lesbos, la première des dixièmes Muses, fut contemporaine d'Alcée, dont elle dédaigna les hommages. La vie de cette femme est un roman d* amour terminé par une catastrophe tragique. On sait que, ne pouvant vaincre l'indifférence du jeune Phaon, elle se précipita du promontoire de Leucade dans la mer. Quelques critiques pensent que les désordres qu'on lui attribue doivent être mis sur le compte d'une autre Sappho, courtisane née k Crésos, autre ville de l'île de Lesbos. Quoi qu'il en soit, Sappho excita par son génie une admiration universelle. Elle enseignait aux jeunes filles de Lesbos la poésie et la musique; elle avait composé neuf livres de poésies lyriques , des élégies et des hymnes. Les deux morceaux lyriques qui nous sont parvenus, l'ode k Vénus et les strophes citées par Longin, traduites par Boileau^, justifient l'admiration des anciens. Le mètre auquel elle a donné son nom est plein de grâce et d'élégance 5 les lyriques latins l'ont souvent reproduit.
Cette époque est encore illustrée par les chants de Callincs d'Éphèse, inventeur du mètre élégiaque^, c'est-k-dire du distique composé d'un hexa-
1. L. II , ode 13. — « Et toi , Alcée, dont Parchet d'or rend des sons plus m&Ies. »